La nuit du 4 août - Suite

Le nombre et la qualité des réactions à mon texte sur la nuit du 4 août prouve à la fois l'importance et les difficultés du sujet. Je me permets donc d'y apporter ce complément.

Merci à tous ceux qui ont réagi au premier texte sur la nuit du 4 août 1789. Cela confirme que le sujet mérite détour.

Certes, la nuit du 4 août est ambiguë. Il reste qu’elle a le mérite de poser un problème fondamental, celui des privilèges, piliers de l’Ancien régime. La porte ainsi ouverte sera, sur le plan légal, officialisée en 1793. Est-ce qu’une lecture « bourgeoise » doit faire oublier les contradictions positives des événements que célébrait Jaurès pour soutenir le combat pour l’émancipation populaire ?

Le 20 juillet 2010, sur France Inter, Jean-François Copé, ancien ministre et alors Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale s’insurgeait contre 1789 et tout particulièrement contre l’abolition des privilèges. Il déclarait « il règne en cette année 2010, en France, une ambiance malsaine de nuit du 4 Août… on a alors fracturé notre pays et ça s’est terminé par une dictature, ne l'oublions pas. C'est bien de parler d'histoire ... ».

En oubliant la lecture longue de l’Histoire et la force des symboles, on risque d’apporter de l’eau au moulin de ce type de personnage.

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