Le sens et la portée de la démocratie

Peut-être les habituels analystes vont-ils expliquer ces jours-ci le sens des shows d’Emmanuel Macron à l’occasion du « grand débat ». Pour ma part, j’ai du mal à y voir autre chose que des coups de com, comme on dit.

Que les Français aient besoin de débattre de leur avenir et de celui de la France est une évidence. Entre autres choses, la crise des gilets jaunes a révélé le besoin d’échange entre les citoyens. Ils n’ont pas pour autant besoin d’un maitre d’école qui parle à leur place, qui visite des communes dont les élus lui sont favorables et qui parle doctement à des publics soigneusement sélectionnés.

Ils ont encore moins besoin qu’on limite leurs choix à des questions secondaires ou, bien pis, que le locataire de l’Elysée en profite pour faire passer les réformes qui lui tiennent à cœur.

Si nous insistons sur la question démocratique, sur la crise de la représentation politique, ce n’est pas uniquement pour des raisons de principe. C’est que le lien social est nécessaire au pays face aux défis tant nationaux qu’internationaux.

Le Président consulte les partis : il y a quelque chose d’irréel dans le défilé des responsables politiques à l’Elysée comme si un monde en disparition rejouait une pièce éculée. Que doit-on voir émerger de ce ballet ? Un référendum sur des questions parcellaires ? Un appel global aux citoyens sans répondre aux difficultés essentielles ? Le problème est-il encore là ?

Le débat sur l’organisation de la vie publique et la refondation de la démocratie est aujourd’hui absolument indispensable. Mais il doit être mené partout, dans les communes et les quartiers, par l’ensemble des citoyens. Tel est le sens de l’élection d’une Constituante. Quel meilleur moyen de remettre en cause les petits jeux tactiques qui ont perdu tout lien avec la réalité ?!

 

 

 

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