Autorité – Légitimité

De plus en plus, un mot se répand dans le débat public : « Autorité ».

Il faut faire respecter l’autorité de l’État, il faut faire respecter les agents de l’autorité, à savoir les forces de police, etc. Qu’il y ait un besoin d’une autorité collective, cela va de soi, le problème étant : « Sur quoi se fonde-t-elle » ? Quelle est la légitimité de l’autorité ? Le problème clef de la période est que, moins le pouvoir est légitime, plus il parle d’autorité et, du coup, plus l’autorité qui pourrait être républicaine, dans les formes que nous connaissons plus ou moins, devient répressive.

L’autorité n’est pas la violence. L’autorité, quelque part, est reconnue. J’allais dire que l’autorité est un bien collectif d’une certaine façon puisque la souveraineté appartient au peuple. C’est lui qui définit l’autorité. Pourquoi ? Parce que c’est lui qui définit la légitimité lorsqu’on est en démocratie. « La souveraineté nationale appartient au peuple » (article 3 de la Constitution).

Depuis des années, la légitimité est affaiblie, ce qu’on voit bien au travers des élections successives, -la dernière présidentielle était une caricature et les législatives qui l’ont suivie encore pire-. C’est parce que cette légitimité est de plus en plus battue en brèche que, quelque part, il y a une recherche de l’autorité au sens de plus en plus coercitif et de moins en moins admis. L’autorité n’est pas et ne doit pas être la conséquence d’une illégitimité ou, du moins, d’une légitimité de plus en plus faible du pouvoir politique.

La reconstruction de la démocratie est ainsi la réponse naturelle à la montée des affrontements et des violences. C’est parce qu’il n’y a pas de contrat social que, quelque part, se développent les affrontements. Reconstruire le contrat social, reconstruire le citoyen, est donc l’objectif naturel si nous voulons dépasser cette ambiance de violence qui se répand jour après jour. Tel est l’enjeu du moment.

Voir https://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article1830

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