Les samedis du confinement N°2- Le crépuscule des mondialistes

Qu’est-ce que l’être humain ? Qu’est-ce que la liberté ?

Ces questions existent depuis que l’humanité existe. Elles sont traitées par les philosophes depuis une éternité. Mais, curieusement, elles ont plus ou moins disparu depuis quelques années au profit de pensées plus ou moins fumeuses, mais, en tout cas, largement imposées par la classe dirigeante.

En particulier, on a cherché à nous imposer l’idée que l’homme n’est qu’un pion dans un processus que l’on appelle la mondialisation. Et un certain nombre de penseurs, d’Alain Minc à Pascal Lamy en passant par Jacques Attali, nous expliquent la nécessité d’un gouvernement mondial, dont ils se voient sans doute des piliers, mais ceci est un autre débat. Face à cette pensée, qui n’est qu’une pensée de soumission à ce fameux gouvernement mondial, nous devons répondre et nous devons répondre d’autant plus que les penseurs en question nous expliquent que ce gouvernement  mondial, c’est notre intérêt, c’est notre bonheur, c’est notre joie. Notre soumission doit faire notre plaisir. Une nouvelle « servitude volontaire » en quelque sorte.

Nous devons donc y répondre au-delà de toutes les difficultés, de tous les drames de la période. C’est parfois justement dans les drames que les réflexions sont nécessaires.

Disons tout d’abord que ce n’est pas parce qu’un problème est mondial que la solution est mondialiste. Il y a des problèmes réels -le virus, la pandémie-. Il y a des problèmes idéologiques -la mondialisation-. Il y a des problèmes purement politiques -le gouvernement mondial-. Mais tout cela n’est pas de même nature. Il faut savoir bien séparer les choses.

La pandémie du coronavirus fait réapparaitre, d’une manière effectivement dramatique, une philosophie qu’on a cherché à gommer, du moins que les dirigeants ont cherché à gommer, depuis des années, depuis des décennies, et qui est l’Humanisme. L’humanisme, c’est-à-dire que l’être humain a la capacité de maitriser son destin, ce qui signifie qu’il n’y a pas de fatalité qui s’impose, c’est-à-dire aussi la capacité de l’homme à devenir un citoyen libre et responsable. Cette question est à l’ordre du jour.

La mondialisation, telle qu’on nous l’a imposée, a détruit cette idée de citoyen parce qu’en mettant le commerce au-dessus de toute activité humaine, elle a transformé le citoyen en consommateur, elle a transformé l’intérêt général en intérêt mercantile, elle a transformé la vie politique en une soumission à de prétendues lois économiques. Sortir de la soumission à l’idéologie de la mondialisation, c’est retrouver le sens de la citoyenneté. La citoyenneté est la clef de la nature humaine. C’est elle qui construit sa liberté.

La citoyenneté, ce n’est pas n’importe quoi. Être, comme on le dit de ci, de là, citoyen du monde, ce n’est pas être citoyen de nulle part. C’est être un être libre et responsable et donc c’est être citoyen de quelque chose. Ce quelque chose peut être la commune, la nation. Arrêtons de dire que, par nature, la nation est oppressive ou enferme. La nation, ce peut être la manière, comme le disait Jean Jaurès, de créer l’internationalisme, c’est-à-dire le lien entre tous les citoyens par l’intermédiaire des nations.

Recréer le citoyen est l’objectif clef de cette période. Et quelque part, le malheur qui nous frappe tous, en nous mettant tous devant le même danger, même si c‘est de façons différentes suivant les individus, nous oblige à repenser en termes d’humanité tout entière et donc nous oblige à repenser à notre responsabilité individuelle de citoyen par rapport au collectif, l’humanité.

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