Vie politique

Qu’est-ce que la politique ? Si on se réfère aux grands anciens, en particulier Aristote, « c’est la capacité collective dans la recherche d’un certain bien » et puis c’est l’idée que « l’homme est un animal politique ».

Il faut revenir à ces idées de base face à la crise d’aujourd’hui. Nous sommes dans une crise politique depuis des décennies, mais qui s’est accentuée récemment. Nous en voyons les symptômes : l’Assemblée nationale ne sert à rien ou presque et il y a une remise en cause progressive des libertés publiques. Face à cela inutile de chercher un parallèle dans les années passées. Nous sommes dans une situation totalement nouvelle qui est la disparition même du politique.

On a beaucoup parlé des années 1980 pendant lesquelles, sous l’impulsion de personnages comme Reagan, Madame Thatcher ou Mitterrand, s’est répandu le néolibéralisme sur le monde. Et on a beaucoup dit, non sans raison d’ailleurs, que le néolibéralisme était un stade nouveau du capitalisme et le marché total. C’est vrai. Mais est-ce la question principale ? La question principale, c’est que, en abstrayant l’économie des sciences sociales, il a fait du social un adversaire, un ennemi. On combat le social. Et c’est d’ailleurs pourquoi on l’a remplacé par le sociétal, c’est-à-dire des questions qui touchent à l’individu et qui, jusque-là, étaient des affaires privées.

Il n’y a plus de politique au sens du combat social, c’est-à-dire l’organisation de la société comme le prétendait Aristote. Et c’est cela qu’il faut dire parce que le dire c’est déjà le combattre. De plus c’est proclamer que la solution, c’est la recréation du citoyen et du peuple et des relations dans ce qu’on appelle la politique.

Simplement deux mots la dessus à propos de ceux qui, soit sincèrement pour certains, soit cyniquement pour d’autres, veulent régler la question, non pas en recréant le citoyen et le peuple, mais en remettant en cause l’instrument qui permettait d’exprimer le citoyen dans le cadre du peuple, c’est-à-dire le suffrage universel. Cette histoire du tirage au sort est, quelque part, un allié de ceux qui détruisent la vie politique. On peut faire passer n’importe quoi en tirant des « gens » au sort. Ce ne sont pas des citoyens, ce sont des gens.

Je prends deux exemples très rapidement. Le député Pieyre-Alexandre Anglade a proposé, il y a quelques temps, de faire une « convention citoyenne » sur l’Europe. En gros, il cherche à nous refaire le coup de 2005 avec le Traité Constitutionnel Européen. Par ailleurs, des associations diverses proposent -rien que ça ! – de faire une convention citoyenne sur les institutions. Comme si les institutions n’étaient pas le problème de chaque citoyen.

Chaque citoyen doit y participer et c’est pour cela que nous avons fondé l’Association pour une Constituante. Non pas pour faire demain l’élection d’une Constituante, mais pour créer ce cheminement qui prend en compte la nécessité de recréer la politique.

Tel est l’enjeu du moment. Vive la République !

 

Voir https://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article1822

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