Les samedis du confinement N°3, 18 avril 2020.

Pour ceux qui voudront regarder les vidéos de ce samedi, ils pourront les trouver sur le site www.pouruneconstituante.fr

Nous avons rajouté un logo qui représente l’ilot forteresse du château d’If à Marseille où Alexandre Dumas a emprisonné Edmond Dantès, son héros, pendant 14 ans, et d’où Edmond Dantès s’est évadé, devenant alors le Comte de Monte Cristo.

Bien sûr, c’est un symbole. C’est le symbole de quoi ? C’est le symbole du fait que nous sommes tous confinés, oh de façons différentes, inégalitaires, mais d’une certaine manière tous confrontés au même problème. Ce problème est, en gros, le suivant : pour être confinés, nous n’en sommes pas moins humains ; pour être confinés, nous n’en sommes pas moins citoyens. Ca a des conséquences. En particulier, nous avons la possibilité d’exercer notre esprit critique au vu des circonstances et, tout particulièrement, contre ceux qui ont créé cette situation en nous expliquant pendant des décennies qu’ils savaient faire et que nous étions des imbéciles. Nous sommes donc maintenant confrontés à le possibilité d’exercer cet esprit critique pour préparer un demain différent.

Que sera demain ? D’abord que ne sera-t-il pas ?

Je suis abasourdi lorsque j’entends un certain nombre de personnalités qui ont été au pouvoir, ou qui ont souhaité y être, ou ont été à deux doigts d’y être, nous expliquer ce qu’il faut faire, nous expliquer la vie, nous expliquer les solutions. C’est pathétique. Nous devons sortir de là. Nous devons remettre en cause. Même le Président de la République, dans sa dernière intervention, a dit ceci : « sachons, en ce moment, sortir des sentiers battus, nous réinventer, et moi le premier ». Chiche ! Sortir des sentiers battus, se réinventer, je n’ai pas de raison de douter a priori de ce qu’il dit. Mais ça veut dire aussi remettre en cause le système de la société, le système politique. Or cette société, en créant aujourd’hui des solidarités tout à fait nouvelles, aujourd’hui par rapport aux hôpitaux, demain par rapport à l’école, enfin par rapport à la société tout entière, nous donne la possibilité de recréer autre chose, une autre société qui n’est plus soumise à des discours, à des injonctions qui se révèlent avec le temps, absurdes, catastrophiques. Non ! de recréer une véritable société, de recréer un véritable citoyen ; et c’est peut-être cela, l’aspect, si j’ose dire positif, de la situation. Nous devons dire que c’est à nous de la réinventer en créant ces solidarités dans les communes, dans les quartiers et, petit à petit, vers l’aspect national pour recréer le peuple souverain, pour recréer la République.

A samedi prochain !

 

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