Qui a le droit d’être élu ?

Que d’« experts » pour expliquer que les citoyens ne sont pas assez mûrs, sont irresponsables ou incompétents, bref ne votent pas bien !

La chose atteint son paroxysme dans le cadre de la présidentielle. Car, les journalistes des médias se permettent de plus en plus de sélectionner les citoyens qui ont le droit d’être candidats.

Alors que les barrages pour pouvoir se présenter sont déjà fort importants (moyens financiers, nombre de signatures, …), plusieurs de ces commentateurs publics, tel l’ineffable Jean-Michel Apathie, ont cru bon de dénoncer les « petits candidats » censés polluer le débat présidentiel et de demander que l’accès aux médias ne soit plus égal entre les postulants. Avec succès d’ailleurs puisque la loi Urvoas du 24 mars 2016 limitant le droit de passage dans les médias aux candidats les plus hauts dans les sondages -et officialisant de ce fait le rôle électoral des sondages- a été adoptée après ces campagnes (Voir http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article1198 ).

Dans ce cadre délétère, certains commentateurs ont même récemment inventé le concept de « coefficient de présidentiabilité ». Défini et mis en œuvre par les journalistes, il accorde, semble-t-il, un label de sérieux aux candidats. La chose ne manque d’ailleurs pas d’humour puisque ce sont souvent les mêmes qui appellent à un renouvellement de la vie politique.

Et si on limitait le droit de vote aux journalistes ? Voilà qui ferait plaisir aux Vincent Giret, David Pujadas ,… Et puis ça ferait des économies !

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