Le colloque de l'Association pour une Constituante sur le tème "Nation, démocratie, droit" a eu lieu le samedi 22 novemebre au lycée Louis le Grand. Il a réuni plus de 100 personnes venat de toute la France. On peut retrouver sur http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article940 le compte-rendu ainsi que des videos des principaux intervenants et l'intervention de l'historienne Florence Gauthier.
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Ce fut d’abord le salut chaleureux de Michel Bouchaud, proviseur du Lycée Louis le Grand. Les travaux ont ensuite été ouverts par l’historienne Florence Gauthier qui a retracé les grandes étapes de l’émancipation du peuple français depuis le Moyen-Age. Ce fut l’occasion de préciser les notions de « peuple », de « nation » ainsi que le concept de « souveraineté populaire ».
La première table ronde a réuni la présidente du Syndicat de la Magistrature Françoise Martres, le président du Syndicat des Avocats de France Florian Borg, et l’avocat honoraire Etienne Tarride. Le débat, qui portait sur l’indépendance de la justice, était animé par Vincent Sizaire, juriste, membre de l’Association pour une Constituante. Il est apparu que les gouvernements de droite et de gauche développaient des visions similaires de la justice, marquées par l’emprise d’une idéologie sécuritaire et la méfiance vis-à-vis des catégories populaires. Les intervenants ont formulé des propositions pour refonder une justice humaniste.
L’après-midi a permis d’aborder des questions directement politiques avec deux tables rondes, la première consacrée à l’influence de la construction européenne sur l’exercice de la souveraineté populaire. La chercheuse belge Corinne Gobin a souligné la logique destructrice de l’Etat social à l’œuvre dans les traités européens. Représentant le mouvement Notsocrazy, Matthieu Lietart s’est quant à lui arrêté sur le rôle des lobbies et les moyens de les encadrer. Anne-Cécile Robert est revenue sur la notion de souveraineté perçue négativement dans la pensée européenne dominante. La table ronde était présidée par Bernard Reygrobellet, président du club Nouveau siècle qui rassemble des gaullistes de gauche.
La dernière table ronde, animée par Jérémy Mercier, doctorant en droit, secrétaire général de l’Association, a permis de mesurer les entraves mises par la Constitution de la Ve République à l’exercice des libertés politiques. La députée Fanélie Carrey-Conte a ainsi souligné les multiples moyens à la disposition du gouvernement pour corseter le Parlement. Pour sa part, l’ancienne députée européenne Françoise Castex a relaté la difficile émergence d’une vie parlementaire au niveau européen. Le politologue de l’université de Lille, Rémi Lefebvre s’est quant à lui interrogé sur les méfaits de la professionnalisation de la vie politique.
Toutes les tables rondes ont été marquées par l’abondance des questions de la salle et l’appétit de débat des participants. En concluant le colloque, le président de l’Association pour une constituante André Bellon a rappelé que cet appétit était aussi la conséquence de décennies de débats interdits, notamment sur les questions européennes. Il s’est félicité de la vivacité des échanges qui prouvent que la citoyenneté n’est pas un mot creux mais l’exercice d’un droit d’autant plus important qu’aujourd’hui les électeurs sont dépendants d’institutions autoritaires. Ce constat renforce selon lui la nécessité d’élire une Assemblée constituante en France afin que le peuple retrouve le plein exercice de sa souveraineté.