L'urgence pour la gauche est-elle de sauver le PS ? Gérard Filoche et ses amis ne nous aident guère !

Le 30 mars dernier, au soir du second tour des départementales, un message de la revue « Démocratie et Socialisme » tombe dans ma boîte à lettres électronique. L’objet de ce message concerne une contribution en vue du congrès du PS de Poitiers que Gérard Filoche m’invite à lire et signer. Le texte de cette contribution est intitulé « Sauver le Parti Socialiste ! Redistribuer les richesses d’abord ».

Le 30 mars dernier, au soir du second tour des départementales, un message de la revue « Démocratie et Socialisme » tombe dans ma boîte à lettres électronique. L’objet de ce message concerne une contribution en vue du congrès du PS de Poitiers que Gérard Filoche m’invite à lire et signer. Le texte de cette contribution est intitulé « Sauver le Parti Socialiste ! Redistribuer les richesses d’abord ».

 Adhérent du PG et donc destinataire de ce message sans doute par erreur, je profite néanmoins de l'occasion qui m'est ainsi offerte de poser quelques questions et d’ouvrir un débat qui m'apparaissent des plus urgents sur les intentions des contestataires du PS (frondeurs, affligés, aile gauche du PS…).

  1.  Pourquoi les contestataires du PS qui s’opposent ouvertement et, fort probablement, sincèrement au gouvernement socialiste, découvrent-ils seulement maintenant que la ligne politique du PS au pouvoir n’est pas de défendre les intérêts des classes populaires ?
  2. Peut-on raisonnablement penser que les différents Ministres (PS ou EELV) qui ont participé au gouvernement étaient, jusqu’à leur décision de démissionner, au degré zéro de la politique et qu’ils n’avaient pas compris que ce gouvernement n’avait jamais eu la moindre volonté d’appliquer un programme social et écologique ?
  3. Pourquoi les contestataires du PS qui s’opposent ouvertement à la politique du gouvernement socialiste, ne quittent-ils pas un parti dans lequel ils ne se retrouvent plus ?
  4. Pourquoi Gérard Filoche qui fait un travail d'analyse critique remarquable (sur la loi Macron, le code du travail...) et qui défend des positions très proches du Front de Gauche  et de son programme « l’Humain d’abord » appelle-t-il au rassemblement de la gauche autour du PS alors que ce rassemblement à gauche (le Front de Gauche justement) s’est constitué avant la dernière élection Présidentielle? Election, rappelons-le ici, à l’occasion de laquelle le candidat Hollande n'a défendu au cours de sa campagne aucune proposition ressemblant de près ou de loin à celles de « l’Humain d’abord ».
  5. Contester à l’intérieur du PS ne contribue-t-il pas à entretenir la confusion dans l’esprit des électeurs avec l’idée désabusée que « droite - gauche, c'est pareil » ou encore du « tous pourris » face à un parti qui prétend être « La Gauche » (avec le concours permanent de la majorité des grands média) tandis qu’il mène une politique ultra-libérale et contribue chaque jour à l’émiettement du tissu social et à la casse du service public ?
  6. Pourquoi les contestataires du PS, élus au parlement, qui s’opposent ouvertement et, fort probablement, sincèrement à la politique du gouvernement socialiste ne manifestent-ils leur opposition que par le biais de l’abstention ?
  7. Que signifie « sauver le PS » dans l’esprit de Gérard Filoche et de ses amis ?

Beaucoup de questions donc, pour lesquelles, sans prétendre détenir la vérité absolue, on peut formuler quelques éléments et hypothèses propres  à nous éclairer et à nourrir un débat permettant d'y apporter quelques réponses. Dans le contexte actuel de désinformation, de désarroi du peuple, de trahison du PS au pouvoir, qui laisse le champ libre à tous les discours de division du peuple, de stigmatisation de l'autre et de repli sur soi, la gauche divisée peine à faire entendre sa voix face aux discours simplistes et réactionnaires.

Une question fondamentale se pose alors :

L'unité de la gauche, tant réclamée par des personnalités comme Gérard Filoche ou Liêm Hoang-Ngoc,  peut-elle être réellement crédible auprès de citoyens désabusés, en prise à un doute qui les fait regarder vers l'extrême droite, si elle doit s'afficher avec l'étiquette du PS, pareille à ce papier collant parfois à nos semelles et qui nous fait aller de guingois ?

La suite de ce billet (texte complet) figure dans le fichier joint et aussi sur le blog du PG10. Elle détaille quelques arguments, questions complémentaires et hypothèses dont tous les partisans d'un grand rassemblement à gauche doivent s'emparer publiquement et de toute urgence.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.