Financiarisation, cela veut dire quoi?

La financiarisation constitue une formidable mutation du modèle économique mondial. Ses conséquences pour le bien-être général, pour l'harmonie sociale, pour l'environnement et particulièrement le bon renouvellement des écosystèmes et les mesures qui doivent être prises envers le changement climatique, sont redoutables. Mais le phénomène reste très mal connu.

La financiarisation a vraiment pris toute son ampleur en 1978-91 avec:

  1. L'abolition progressive du Glass Steagall Act de 1933, et la dérégulation générale de l'industrie bancaire avec fusion des métiers de banques de dépôts et de banques d'affaires qui en résulta,
  2. La fusion des gestions de la masse monétaire et de la dette publique, toute augmentation de masse monétaire devenant mécaniquement un accroissement de la dette,
  3. L'abolition de fait de la règle de la Stock & Exchange Commission (SEC) interdisant le rachat par une entreprise cotée de ses propres actions,
  4. La généralisation du stock-optionisme, ou rémunération des dirigeants par stock-options, qui en est la conséquence naturelle,
  5. L'abandon de toute stratégie d'entreprise fondée sur la recherche d'avantages concurrentiels durables (Michael Porter, Octave Gélinier et leurs élèves dont moi) pour imposer le Stockholders' Value Enhancement (SVE), fondé sur la réduction permanente et structurelle des coûts fixes à commencer par les coûts salariaux et par la délocalisation ; et sur les décisions par benchmarking qu'il permet en appliquant le SVE dans les décisions stratégiques prises au niveau financier et global et appliquées à des industries homogènes (voir François Morin, l’Hydre Globale), et non plus au niveau du corporate management appliqué à l’entreprises à stratégie originale.

Nous discutons sur le site du Comité Bastille de toutes ses conséquences en expliquant que la seule manière efficace de l’arrêter serait une abolition progressive de tout impôt sur le revenu, qui serait remplacé par une large taxe sur le patrimoine, voir .

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