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Billet de blog 11 déc. 2017

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Italie: la vie de luxe des traducteurs et interprètes assermentés

Payés 3,50 Euro de l'heure, ils sont de plus en plus à demander que leur nom soit rayé des listes d'experts auprès des tribunaux, avec des conséquences néfastes pour la justice

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Après le poste de Traducteur à l'Ambassade d'Italie à Londres pour lequel aucune formation de traducteur ni autre licence universitaire n’était requise, voici une autre affaire qui touche les traducteurs transalpins et qui éclate au grand jour.

Le journal "La Nuova Venezia" témoigne de la situation scandaleuse qui est en train de dégénérer, avec un titre on ne peut plus éloquent "Traducteurs à 3,50 Euro, la protestation éclate". On y décrit les rémunérations honteuses réservés aux interprètes, professionnels souvent issus d'écoles d'interprétations reconnues par la Commission Européenne comme la SSLMIT de Trieste ou de Forlì, qui sont de plus en plus tentés de faire rayer leurs noms des listes d'experts des tribunaux. La police et les juges font ainsi appel à des personnes non formées dans le métier de la traduction ni dans le domaine de la justice, mais "sachant parler la langue". D'ailleurs en Italie tout le monde peut, prétextant connaitre une langue, et sans devoir en apporter la moindre preuve, demander (et obtenir) son insertion sur la liste des experts auprès des tribunaux.

Cela avec des conséquences néfastes pour les procès et l'activité de la police judiciaire, comme le manque d'interprètes ou les erreurs de traductions qui se transforment en erreurs judiciaires.

Comment peut on garantir les droits des personnes allophones et le fonctionnement sain de la justice si on méprise ainsi les interprètes et les traducteurs diplômés et expérimentés? 

En Italie les gouvernements sont toujours prêts à utiliser le refrain "C'est l'Europe qui nous le demande" pour justifier les lois d'austérités, absurdes et impopulaires. Mais quand l'Europe demande la création d'un registre d'interprètes et traducteurs qualifiés au service de la justice (c'est le cas de la Directive 2010/64/UE) on préfère faire comme si rien n'était, que ce soit à Rome ou à Bruxelles.

Une pétition demandant la juste reconnaissance professionnelle pour les interprètes et les traducteurs en Italie a recueilli plus de 5.000 signatures sur Change.org, et le Médiateur européen a ouvert une enquête il y a quelques mois, pour comprendre les raisons du retard de la Commission dans le contrôle du respect de la directive par l'Italie et les autres Etats membres.

Faudra-il attendre la grosse erreur judiciaire ou l'énième prescription en absence d'interprète afin que les choses évoluent? 

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