Liberalisme et systèmes de destruction de l'humain

Le capitalisme se nourrit d'une précarité cultivée sur la durée. La minceur des salaires ne suffit pas au bonheur du capital, la fragilité humaine maintenue par un environnement contrôlé et potentiellement destructeur est nécessaire. Crise des banlieues, crise de l'école publique, crise de l'hpoital public rien n'est le fruit du hasard mais celui d'un long processus voulu et orchestré

Hugo s’indignait déjà de l’insalubrité des logements dans le nord de la France ; Engels quant à lui décrivait les quartiers miséreux de l’Angleterre industrielle ! Le nord de la France de mon enfance gardait les traces de l’opposition de deux politiques de l’habitat social !

La finance catholique du textile prolongeait dans des courées de vingt trente maisons alignées et organisées en un U étroit laissant à peine la lumière du jour et le soleil pénétré des intérieurs étriqués toujours insalubres l’infame politique de l’habitat urbain du 17 ème siècle ! pour tout équipement sanitaire un WC fosse immonde surmonté de planches vermoulues et en vis-à-vis un point d’eau !

Avec les années leurs habitants avaient réussi à rendre à ces lieux volontairement mortifères quelques marques de dignité et de personnalisation ... un morceau de linoleum sur une caisse de charbon était une marque de fierté ... et c’est de haute lutte que ces locataires de la misère avaient obtenu l’autorisation de financer sur leurs deniers propres des écoulements d’eau à peu prés décents et bien plus tard à équiper leurs logements d’électricité, de gaz de ville et en fin de tout d’eau au sein de la maison !!!

Symboles ignominieux de la volonté implacable des capitaines d’industrie de la métropole Lille Roubaix Tourcoing de maintenir à l’état de sous humanité des hommes, des femmes et des enfants qui trimaient à longueur d’années pratiquement réduit en esclavage ... dans les années 50 , ces fringants capitaines d’industrie refusaient encore l’installation d’un point d’eau dans chaque maison ! l’eau symbole de pureté , de sante , de vie était refusée comme un luxe et un danger d’indépendance ... dans les années 60 on voyait encore des mères de famille nombreuse laissant le linge de la famille tremper dans d’immense bassines qui servaient aussi à la famille de baignoires, près de l’unique point d’eau de la courée attendant que la mère rentrée du travail ait fini de s’occuper de la famille ... une lessive qui parfois trempait là sous la pluie , la neige , le gel qu’enfin on puisse sortir le linge malodorant et le secouer à grands coups de battoirs ...  au milieu des petits qui jouaient à l’eau !!!! 

Les capitaines d’industrie, leurs cadres, leurs contremaitres se confortaient et en complément du système de contrôle au sein de l’entreprise, s’imposait  le système de contrôle ecclésial ;  l’église tenait lieu de cadre de gestion de l’ordre et de la paix sociale ! lieux d’acceptation de la souffrance et du mépris, lieu d’intériorisation du bien fondé de la dureté de la vie ....  en arrivant au travail on priait en quittant le travail on priait et les absence à la messe du dimanche étaient pointées ...  les prêtres visitaient les humbles demeurent et à l’heure des repas vérifiaient que les casseroles qui mijotaient sur le fourneau n’étaient pas trop garnies ... les dames patronnesses visitaient les humbles demeures veillant à l’éducation docile des enfants, ni révoltés, ni voyous, ni surtout trop ambitieux car si on peut acheter les voyous il est bien difficile d’acheter un jeune qui aspire à la liberté et au savoir !!!!

A ce modèle écrasant de gestion de la ville, repondit au 19 e siecle et début du 20 e , un modele d’organisation de la vie sociale autour de la fabrique, protestant et anglais ...  avec son temple, sa bibliothéque, ses dispensaires, ses maisons ouvrières grandes avec jardin et commodités individuelles  de quoi mettre la finances catholique en danger , sur le terrain de la concurrence industrielle et financière mais aussi sur le terrain de l’emprise sur les masses ... avec les anglais , les hommes retrouvaient le gout de l’entreprise , le gout de la dignité et de la liberté humaine ... les Holden, membre du cartel du textile, devenus trop dangereux furent interdits de séjour en France dans les années 20 ... et malgré l’air de liberté, répandu par le modèle alternatif, la puissante finance catholique put imposer son schéma d’organisation de la précarité jusque dans les années 70-80 ! et bien que HLM se multiplièrent après  guerre lors de la phase de reconstruction ... et plus difficile à maitriser, les HLM  devinrent des lieux d’ émancipation, d’apprentissage d’une sorte de « co-gestion » et d’organisation des luttes sociales qui accompagneront l’effondrement de l’industrie du textile et laisseront exsangue une agglomération dont l’habitat à majorité vieux de plusieurs centaines d’années devait être totalement détruit et reconstruit ... pour s’installer àl’autre bout du monde dans des lieux de pauvreté radicale, vierges de toute lutte sociale et de toute revendication où les salaires s’élèvent au dixième des couts français !!! où les normes d’équipement sont inexistantes comme l’effondrement des locaux de l’industrie textile du bout du monde le révéla tragiquement au cours de l’été il y a cinq ans .... l’exploitation sauvage et inhumaine des hommes et des femmes de ce monde est une constante des puissances financières de ce monde qui sans cesse ne songent qu’à accumuler davantage de richesse !

Aujourd’hui, avec la crise des banlieues, avec les villes nouvelles, une nouvelle vague de construction s’ouvre ... tentant d’apporter une réponse aux maux d’un capitalisme qui ne fait que chercher un profit maximal qui s’accompagne toujours d’un moindre investissement induisant systématiquement précarité, pauvreté, insalubrité mise sous contrôle social ! la jungle de Calais n’a rien de nouveau ! les terrains de Noisy le grand et de Nanterre leurs ressemblaient étrangement comme certains logements HLM en bout de course, transformé en terrain de jeu des mafias et des économies parallèles juteuses leur ressemblent également ... La destruction des hommes et leur soumission a des systèmes de contrôle fussent-ils mafieux va de paire avec les nécessités de l’exploitation capitalisme ... qui plus il est libéral plus il est  cynique, froid et destructeur, et il nécéssite la mise en coupe réglée des masses et des personnes prises individuellement.

Le capitalisme se soumet toute chose et tout être ! aucun lieu n’est sanctuarisé aucun lieu n’est sacré ! nous avons vu que le logement est structurellement le lieu de la mise en coupe réglée, on peut dire la même chose de l’école ... détruire l’école publique est une nécessité du capitalisme sauvage ... fournir une manœuvre déstructurée, désespérée, sans modèle, sans repère ni mémoire, c’est s’assurer des opportunités d’investissement rentable et durable ! fabriquer constamment un nouveau lumpen prolétariat c’est se doter d’une durabilité ... mais l’exercice se sophistique lorsque ces marginaux quasi analphabètes doivent être agiles selon le mot à la mode avec les nouvelles technologies ...

 Le système scolaire commençait à produire des analphabète dès les années 70 ! rien n’a été fait pour enrayer un phénomène que des responsables syndicaux nationaux considéraient comme un phénomène marginal dont la paresse humaine était l’élément explicatif ! sans comprendre ou sans vouloir comprendre et reconnaitre, que c’est le système de la laïcité, des hussard noirs de la République dont l’attachement aurait été capable de conduire au bac des générations entières de jeunes ! avec un niveau de culture et de formation qui aurait conduit à des exigences sociales et sociétales que les tenants des pouvoirs financiers, industriels et politiques ne pouvaient envisager ! une réussite dangereuse et luxueuse dont aucun responsable ne vouaient vraiment ! insupportable pour la nation !!! un lieu sacré piétiné systématiquement des les années 80 ... en confiant les rennes de l’école des élites au privé et en orchestrant le saccage systématique de l’école publique. L’ecole privée comme les nouveaux HLM de luxe deviennent des zones de filtre ! ceux qui pourront s’élevaient devront se détacher des plus pauvres, et trahir ... voire en devenir les nouveaux kapos car le système ultra libéral est bel et bien un système totalitaire et extrême ...

Aucun lieu n’est sanctuarisé et surtout pas la personne humaine et surtout pas le cerveau humain ... Naomie Klein nous a alerté sur les expérimentations psy qui ont accompagnaient la montée en puissance de Friedman, les exactions en forme d’expérimentation sordides des seuils d’effondrement et de résistances humaines sur la base de Guantanamo mais aussi les seuils et modalités d’instrumentalisation par soumission du cerveau à une autorité. Le cerveau humain doit être contrôlé par les systèmes totalitaires ! sans doute en avions nous l’intuition depuis que Mengele a trouvé le moyen d’être extradé et recyclé !!! et que ses complices universitaires ont poursuivi leurs œuvres ...

Les études, capacités interventionnelles des neurologues se sont décuplées dans les dernières années ... ont été expérimentées et diffusées dans la société tentant d’instiller de nouvelles formes de domination et d’exploitation de l’homme par l’homme avec le double objectif de développement et de rentabilisation d’une part , d’orchestration sociale et de soumission des masses d’autre part ....

Dans ces processus habitat, école , quartier , entreprises demeurent comme toujours les lieux de mise en œuvre privilégiée des nouvelles formes d’exploitation et de contrôle. Contrôle de conformité par le voisinage, des individus passerelles à l’aise avec les systèmes mafieux des banlieues mais aspirant à une intégration sociale dans le monde dit normal sont nécessaires ... ils assurent le respect de l’omerta et sont l’huile dans les rouages et l’assurance d’une continuité de la rentabilité, sans rupture entre deux mondes et la montée en puissance avec le moindre risque de la troisième génération dans le système dit normal (absence de revendication et maitrise du seuil d’acceptabilité des mouvement de révolte et de lutte ...) contrôle de conformité de la vie au quotidien par les ouvriers des nouveaux bailleurs sociaux qui comme par hasard sont au  nombre des groupes financiers les plus importants, par les techniques informatique et de communication, par les système domotiques .... mais aussi par les groupes de la grande distribution qui contrôle par leurs vendeurs et par les outils de suivi informatiques les consommations et les comportements des clients ... le scandale de Boulanger où les responsables demandaient aux salariés de notaient les clients n’ont été qu’un feu de paille ... les mêmes contrôles s’opèrent en permanence par les banques, par les assurances , par les systèmes de livraison à domicile ... souriez ! vous êtes filmé !

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