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Billet de blog 11 août 2016

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L’inoxydable modèle fiscal des courses hippiques françaises.

Les jeux d’argent sont un fait social. Tenter la chance en échange de quelques euros est un plaisir banal, parfois heureux. Pourtant miser sur les courses de chevaux reste incongru puisqu’il n’y a rien à gagner..., sinon l’insigne honneur d’acquitter librement l’hippotaxe du PMU. La désaffection des turfistes s’accentue et le petit milieu des courses s’en alarme, médiocre, haineux, vindicatif...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les ‘Epiq3 Séries’..., l’incontestable témoin du déclin du turf...

Les cocoricos vantards se sont tus. L’hiver dernier, Monsieur Bertrand Bélinguier s’en est allé à la retraite après deux décennies d’extension continue du domaine des courses inspirée à l’origine par l’industriel M. Jean-Paul Lagardère. Un beau spécimen humain, propre à l’exercice du pouvoir technocratique, ce Monsieur Bélinguier. Son élégance est naturelle : le corps longiligne aux tailles bien proportionnées, parfait porte costume trois-pièces, sert l’expression froide d’un visage plaisant aux lèvres effilées ; le front est large au haut d’un crane dégarni à mi-tête, entre de grandes oreilles bien collées ; le regard bleu azur sous le rond du sourcil s’assorti à la peau toujours un peu pâle, malgré le hâle des bronzages en été..., le trait volontaire du nez, les narines aériennes, laissent pressentir une violence intérieure contenue qu’atténuent un sourire, souvent retenu, presque timide, on dirait, et le petit menton pointu à fossette. Un bel homme !

Méritait-il un départ aussi discret, à 72 ans, à l’issue d’une présidence périlleuse de France Galop ?... Sans grande reconnaissance, les esprits courts de l’intra muros le conspuent, l’accusent de tous leurs malheurs, le vouent aux gémonies alors qu’ils lui doivent tout... Pas plus de l’énarchie du PMU, qui s’est aussitôt installée aux commandes. Une même énarchie que celle des pantouflards qu’il avait croisé pendant ses premiers mandats au Comité d’administration de la Société d’encouragement du galop. En pleine furia d’étatisation socialiste qui venait de mettre au rencart les trois familles clefs des courses depuis la loi fondatrice de juin 1891 – Chauvet/Carrus ; Oller/Johanesson/Alexandre ; Romanet – et d’instituer le Pari Mutuel Urbain en Groupement d’Intérêt Economique, seul maître des jeux hippiques, des Sociétés mères réduites à l’apparat de Principautés, où la noblesse se coopte comme sous l’Ancien régime, où se perpétue la domination paternaliste de l’aristocratie de sang sur la paysannerie normande.

Les mandats de M. Bélinguier à la tête du PMU marquent une période de prospérité continue. Formé aux subtilités financières du monde des assurances, sa première élection à 52 ans lui laissait le temps d’user de cette expérience pour remettre à flot une institution des courses malmenée par les conflits d’intérêts personnels sous les présidences mitterrandiennes. Ses qualités de gestionnaire et de fin diplomate mobiliseront les structures hippiques sur le bon fonctionnement de la fameuse ‘machine à bâtir des enjeux’ de Monsieur de Bellaigue. Excessivement..., même si la nomination de M. Philippe Germond à la présidence du PMU, en 2009, afin d’assurer la transition d’une ouverture délicate des marchés en ligne, prouve une certaine lucidité face aux bouleversements sociétaux en cours. Comme de nombreux leaders charismatiques, le succès et l’ivresse du pouvoir, l’orgueil incitèrent M. Bélinguier, à 68 ans, au mandat de trop à la présidence de France Galop.

La petite histoire des courses retiendra l’excellence de sa vision stratégique à une époque déterminante de leur développement. D’abord veiller comme le lait sur le feu aux joueurs dans la tradition de l’engouement populaire des premières années du Tiercé, ces petits jeux de distraction le samedi, après le marché ou les courses en grandes surfaces, et le dimanche à la sortie des offices religieux..., l’heure des apéros dominicaux au bistrot du quartier ou du village qui se perpétuaient, bon an mal an, et se perpétuent peut-être encore ici ou là. L’aménagement en continu du Quinté éclaire tout ses mandats et toutes les parties prenantes aux paris hippiques devraient sans réjouir..., même les parieurs de Quinté+, les seuls joueurs à réaliser un gain net aux courses, lorsqu’ils touchent la tirelire, parfois de plusieurs millions d’euros. Le succès des mutations du Quinté+ est incontestable, notamment la réussite de son organisation quotidienne : 364 courses du Quinté+ abondent 20 % des enjeux annuels sur la formule de jeux idoine et tout autant sur les Jeux simples et des Jeux composés, qui bénéficient de l’attrait de cotes plus rémunératrices du fait du nombre important de joueurs sur cette course. Les contempteurs du Quinté, les prétendus défenseurs du beau jeu, les ‘vrais’ turfistes sont des imbéciles. Sans cette formule de jeu, les hippodromes qu’ils désertent, ces fous furieux en chambre du ‘course à course’ quotidien, seraient fermés depuis longtemps !...

Cette stratégie offensive supposait un renforcement des moyens financiers des écuries de course. M. Bertrand Bélinguier s’emploiera à desserrer les mors du centralisme jacobin des réunions sur les hippodromes parisiens des Sociétés mères tout au long de ses vingt ans de mandats. Avec succès, même si sa ‘provincialisation’ s’est concentrée sur les régions d’élevage et d’entrainement et n’a pas permis l’extension du domaine des courses et l'intérêt pour les paris hippiques à l’ensemble du territoire. Alors que le déclin du turf est en phase terminale, de très nombreuses sociétés provinciales sont structurellement déficitaires et maintenues en activité par des bénévoles, le plus souvent d’anciens professionnels des courses, eux aussi en forte diminution. Et l’intra muros se déchaîne et exige la mise en valeur des hippodromes parisiens et la fermeture pure et simple d’une centaine d’hippodromes ruraux sans réellement mesurer les conséquences de ce repli.

L’extension territoriale des réunions s’est accompagnée d’une croissance importante du nombre de courses PMU et d’une distribution d’allocations en conséquence. De 1999 à 2010, si l’effectif total des chevaux de courses est passé de 27 409 à 30 496 (+ 9 %) et le nombre de courses de 16 400 à 18 059 (+ 9 %), celui des réunions PMU a évolué de 4 878 à 7 714 (+ 63 %)... Sur la  période de gestion Bélinguier au PMU, de 1996 à 2009, les recettes fiscales de l’Etat augmentaient de 910 à 1 123 millions d’euros (+ 213 M€) et celles des sociétés ont plus que doublé de 349 à 731 millions (+ 382 M€) ; leurs parts respectives dans la répartition du résultat du PMU baissait de 56.4 à 47.5 % pour l’Etat et évoluait de 21.6 à 30.9 % pour les sociétés.

L’ouverture des marchés en ligne en 2010 a provoqué une fuite en avant de la stratégie menée progressivement pendant quinze ans : alors que le nombre de courses courues en France  – un peu plus de 18 000 par an – ne progressait pratiquement pas et que le cheptel perdait plus de 1000 chevaux, alors que les recettes de l’Etat chutaient de 245 millions d’euros (à 878 M€ soit 36.8 % du résultat PMU, en 2015), la gestion de M. Germond faisait progresser celles des sociétés de 60 millions en 2010, 145 en 2011, 134 en 2012, 123 en 2013 puis celles de M. Hürstel de 119 en 2014 et de 74 millions en 2015 (à 805 M€ soit 33.8 % du résultat PMU, en 2015)..., sur la période, les enjeux sur les paris hippiques chutaient de 9 342  à 8 977 millions d’euros ( - 365 M€) –  ceux des Bars-tabac-PMU s’effondraient de 8 324 à 7 284 (- 1 040 M€) –. A l’évidence, les sociétés et les propriétaires ne connaissent pas la crise : ces six dernières années, ils ont perçus 655 millions d’allocations cumulées en plus que sur la dernière année de gestion Bélinguier de 2009... Ces dotations ont été entièrement financées par les parieurs qui ont subit, malgré la chute de leurs enjeux, un total de 680 millions d’euros de prélèvements supplémentaires année après année depuis 2009 !... La faiblesse de l’énarchie et des dirigeants des Principautés explique à elle seule cette spoliation éhontée des parieurs au bénéfice des propriétaires. Ils invoquaient la crise, les maîtres-chanteurs des hippodromes, réclamaient et obtinrent largement une croissance de 5 % annuelle des allocations du seul fait de l’accroissement considérable du nombre de réunions PMU depuis 2009 (7 714) à plus de 12 000 en 2015..., pendant que l’effectif de leur cheptel était en décroissance continue !... La stratégie initiée dès 1997, par M. Bélinguier, a été dévoyée sous les gestions MM. Germond et Hürstel... Avec les conséquences que nous connaissons aujourd’hui.

Entretemps, en 2014, l’Etat avait subtilement récupéré la baisse de ses recettes fiscales, provoquant sournoisement une purge d’assainissement du cheptel. Le relèvement de 15 % du taux de la valeur ajoutée (TVA) frappait de plein fouet les trésoreries chancelantes des plus petites écuries..., celles déclarées en sociétés, les écuries les plus riches, les écuries princières du Golfe ou de la bourgeoisie..., non assujetties, s’en sortaient avec bonheur.

En plein désarroi, la stratégie du Pari Mutuel Urbain souffre d’un manque d’anticipation et de clairvoyance politique, économique, démographique et sociale. Les emballements irraisonnés des gestions successives depuis 2010 butent sur les effets de l’ouverture du marché en ligne des jeux. Si le monopole s’est maintenu vaille que vaille, en démultipliant ses recettes à leur maximum par le ‘recyclage’ des gains des parieurs, le système est aujourd’hui à bout de souffle, en impasse. En marché ouvert, il irait tout droit à la  faillite économique en quelques années : la chute continue de ses ressources aboutirait inévitablement à un effet de ciseau financier fatal, sous l’évolution des charges exponentielles incompressibles de la filière et des dépenses de structures et de fonctionnement dispendieuses des Principautés et du PMU. L’Etat ne laissera pas venir sans réagir.

Au lendemain de la loi de juin 2010, la rentabilité financière des marchés connexes à l’hippisme ne permet même pas l’amortissement des investissements réalisés : le poker amateur – démodé en France..., mais pas dans les pays étrangers –, ne compense plus l’affaissement du chiffre d’affaire de l’hippisme – qui s’affiche au grand jour, à l’issue de chaque exercice comptable du PMU,  pendant que celui de la Française des Jeux poursuit sa progression – : le sport, censé attirer la jeunesse pour l’orienter vers les paris hippiques n’atteint pas son objectif, les jeunes l’associant à la FdJ alors qu’ils cantonnent le PMU aux courses hippiques. Et si la politique d’internationalisation des courses enregistre des résultats présentés comme ‘exceptionnels’ – la manie cocardière –, elle affecte aussi la rentabilité globale du PMU, qui en a rétrocédé l’exploitation à un opérateur étranger. La poursuite de l’inscription au programme de nouvelles épreuves étrangères amplifie l’effet d’entonnoir d’une offre déjà boulimique de compétitions sur une plage horaire de midi à minuit, d’un bout à l’autre de l’année et à destination d’une clientèle déclinante. Cette politique suicidaire fait abstraction des règles habituellement retenues pour s’assurer la maîtrise des marchés : la concurrence internationale est ignorée, notamment celle des pays anglo-saxons et de l’île de Malte – qui dispose de formations et d’un cycle universitaire complet sur les métiers des jeux d’argent ! – ; la qualité de l’offre est négligée, non seulement par l’apport de courses étrangères de bas niveau, mais aussi par la conversion de réunions de kermesses du pari mutuel hippodrome (Pmh) en réunions du pari mutuel urbain ; l’état de la clientèle potentielle et existante..., cette dernière vieillissante, déjà sous accoutumance et sachant s’en accommoder, opte ou pour un strict contrôle de ses dépenses de jeu ou pour leur abandon définitif en réponse à l’augmentation constante de ses pertes financières..., la relève est quasi inexistante chez les jeunes actifs, leur potentiel ne pouvant pourvoir au renouvèlement de l’effectif exploité.

Les responsables des Principautés se voient contraints à rechercher dans l’urgence de nouvelles méthodes de conditionnement de masse qui pourraient au moins colmater la fuite des parieurs défaillants. Un temps, leurs espoirs se sont portés sur la promotion d’écuries de groupe où les plus anciens turfistes, en mal de reconnaissance après des années de pertes cumulées, peuvent accéder au prestige des propriétaires en acquittant une part modique des titres de propriétés saucissonnés d’un cheval. Des propriétaires dévalués..., vite décillés de leur engouement par les avantages au rabais d’une situation au rabais !... Cette approche commerciale a fait long feu, trop circonscrite à un segment de clientèle de joueurs usés et peu réceptifs.

Un temps encore, leurs efforts de promotion se sont concentrés sur la diffusion en temps réel du cumul du nombre de paris gagnants, payés le jour même par le PMU, sur des panneaux publicitaires à totalisateurs défilants installés sur des passages piétonniers de forte affluence – les quais et les couloirs du  métropolitain à Paris –. Les retombées en ont été décevantes. L’indifférence de ce public particulier de ‘passants’, peut-être interprété comme le reflet du rejet social actuel des paris hippiques, mais elle est aussi la conséquence d’une action de promotion publicitaire pour le moins téméraire : que pouvait bien signifier le nombre de paris payés par le PMU sur les hippodromes, aux usagers du métro qui se rendent ou qui rentrent de leur travail, ou aux touristes en transit ou en visite pour quelques jours, ou aux clients de Grands-magasins ?   

Les ‘Epiq3 Séries’ sont la dernière tentative de séduction en cours des services marketing et publicitaire du PMU. L’espoir d’une relance de l’intérêt du grand public pour le ‘course à course’ apparaît d’emblée comme une tentative désespérée. L’objectif visé, capter un à un des joueurs néophytes, les former en turfistes expérimentés avec le concours de parieurs aguerris, est à contre courant de la volatilité des comportements sur internet. Après quatre étapes, tout les efforts déployés vont à vau l’eau... Encore une fois les dirigeants du monopole ont cru que leurs rêves de réussite tordraient les réalités !...

Les ‘Epiq3 Séries’ [@] soit les sept réunions de prestige du galop, au printemps et à l’été, et les sept réunions équivalentes au trot à l’automne et en hiver. Un concours de pronostics validés par des jeux au réel sur PMU.fr, des classements tout à fait officiels sur la base des gains et des pertes ramenés à une mise d’un euro, et une pluie de lots en quasi-totalité ‘indisponibles’ sinon pour rejouer... Une école du shoot hippique du ‘course à course’ où l’on s’engage sur l’un ou l’autre des deux Défis proposés : le Défi 1, le plus incitateur au jeu, avec ses six paris au choix sur les huit ou neuf courses d’une réunion, récompensé de lots dix fois supérieurs à ceux du Défi 2, où sont requis trois paris par réunion. Au total, une dépense de plus de cinq cents mille euros de lots pour capter une nouvelle clientèle, si possible jeune. Au diable la prévention de l’addiction !... Urgence oblige !... L’époque des convenances hypocrites est révolue !... Direct la seringue sur les comptes PMU.fr des cents premiers classés... Quatre cents seringues à l’étape..., cinq mille six cents à la fin de l’année d’intoxication. Et que la potion opère sa magie !!

Quatrième étape terminée et sonne déjà le glas des espérances de l’intelligentsia des Principautés : les inscrits de la première étape se tarissent au fil de leurs pertes d’une échéance à l’autre ; 1015 joueurs s’étaient risqués sur les six jeux en six courses, lors de la réunion du Prix du Jockey Club, début juin, ils seront seulement 796 sur le même Défi 1 du Prix de Paris, le 14 juillet ; sur ces 796 inscrits, il n’y avait plus que 240 rescapés des 1015 joueurs de la première étape. Même constat pour ceux qui avaient choisi le Défi 2, trois jeux sur trois courses par réunion : sur les 1066 parieurs de la première étape, il n’en restait que 42 parmi les 721 de la quatrième étape. Rien ne va plus !

A tout malheur, voilà du bon !... Pour la première fois, les ‘analystes’ – hypothétiques, il est vrai – disposent d’une base incontestable de performances des parieurs en situation réelle. Et d’un premier constat qui pourrait s’avérer salutaire..., mais finira aux oubliettes, évidemment : l’abandon précipité du concours par la plupart des Perdants  – ceux qui ont perdu toutes leurs mises à la fin d’une réunion et qui ne chercheront pas à ‘se refaire’ –, prouve qu’il est absolument impossible de les faire adhérer à un jeu d’argent où l’on ne gagne jamais. Avec un distinguo entre les résultats des deux Défis (qui atteste de la pertinence du raisonnement...) : sur le Défi 1, à six jeux, deux Perdants sur trois joueurs de la première étape ne se représenteront pas à la seconde puis la fuite s’accélère encore à la seconde puis à la troisième étape avec quatre abandons sur cinq inscrits. Ci-après, le nombre de perdants par étape et ce qui en reste à l’étape suivante permettent de mesurer le nombre d’abandons :  Défi 1, étape 1, 141/50 et donc 91 abandons ; étape 2, 109/26 ; étape 3, 114/27 ; étape 4, 114/nc... ; sur le Défi 2, à trois jeux, les Perdants sont bien plus nombreux et les fuites sont aussi plus prononcées : Défi 2, étape 1, 319/42 soit 277 abandons ; étape 2, 406/64 ; étape 3, 479/79 ; étape 4, 580/nc... Les accoutumés du ‘course à course’ quotidien, les hussards noirs, les matamores, les fiers à parier, les ‘X’ diplômés d’années d’expérience à répétition se sont lancés de préférence sur le Défi 1 à six paris..., et laissent les trois coups du Défi 2 aux novices mal assurés, ces néophytes tant attendus du PMU..., qui s’enfuient d’autant plus vite que leur inexpérience favorise la perte de leurs mises.

Le ‘course à course’, l’essence même du turf, n’intéresse plus. L’évaluation réfléchie des chevaux engagés au départ, l’étude des performances, des ‘musiques’, des ‘repérés’, des temps et des poids, de leurs équipements pour la course..., bref, le ‘papier’ n’est plus dans l’air du temps. Tant de peine pour rien !... C’est non..., fini, révolu, basta !... Exit le ‘course à course’, le cœur du ‘recyclage’, la grosse ficelle de la ‘formidable machine à bâtir les enjeux’ du comte de Bellaigue, président de la Principauté du trot. Le ‘course à course’ du recyclage est passé de mode. Et c’est tant mieux !!

Les ‘cons’ préfèrent les loteries !...

Les cons choisissent les hasards du grattage de tickets, le tirage de boules numérotés, les surprises de programmes informatiques aléatoires..., les tribulations de vingt-deux footeux à s’acharner après un ballon : ces fâcheux paris sportifs ont explosé lors de l’Euro de football.., et pis encore, presque toutes les mises sont allées à la Française des Jeux, les miettes pour le PMU. Voilà la cause des malheurs du turf, ces paris sportifs trop largement confiés à la FdJ, ne cessent de se plaindre l’aristocratie des Principautés et l’énarchie du PMU.

Les cons choisissent les plaisirs de l’instant, l’excitation anxiogène du dévoilement d’un tirage de loterie, la pulsion d’adrénaline à la découverte d’un lot de consolation, voire l’orgasme frissonnant d’une gagne plus conséquente : ou bien, le fouet de la malchance à aussi ses saveurs, ici et là la perte infinitésimale de quelques euros aussitôt oubliés..., le prix d’un plaisir fugitif payé cash avec un sourire pour la vendeuse derrière son guichet : - A plus tard ! ».

Ha, les cons !... Jouissent d’un rien, les cons d’aujourd’hui !!... Les jeux d’argent à l’emporte pièce (!) c’est ça la vraie vie du parieur heureux des temps modernes : deux sous, le shoot... Finies la clope sur le trottoir, la petite bière pour la soif et faire plaisir au patron du bar-tabac-PMU. Sur le web, les sites spécialisés des opérateurs accrochent le néophyte de bonus alléchants à l’ouverture de son compte.., encore quelques formalités paperassières et l’aventure s’annonce..., un clic et vite la bandaison solitaire sur écran... Aussitôt déçu par les pertes, lassé de réalimenter son compte, s’en va et passe à autre chose et oublie.

Tenter de décrocher la lune... Placer ses espoirs sous le signe du destin et s’enfuir du quotidien. Tant de rêves se sont évanouis ! Où sont les mâts de cocagne des Trente Glorieuses ?...  Les promesses d’un monde meilleur des soixante-huitards ?... L’aube frileuse du nouveau siècle annonçait déjà les peurs funestes d’aujourd’hui..., au passage à l’an 2000 sous les délires d’un déraillement informatique mondial... La crise financière de 2008, subprimes, hedge-funds, trading à haute fréquence, autant d’outils spéculatifs venus d’outre-Atlantique, à gogo... ; Goldman Sachs et la Grèce abusée, l’Italie, l’Espagne..., les dettes ‘souveraines’ européennes à la ramasse. Les frasques sexuelles mondialisées d’un socialiste en vue, favori potentiel à la présidentielle française, le ridicule du Fonds monétaire international (FMI)... Les anaphores d’un Moi-Président ‘normal’..., promesses aux ‘sans dents’ un jour, coiffure de frais toujours  – coupes au rasoir, shampoings aux œufs, coups de peigne à dix mille euros le mois – ; le Moi-Président va-t-en guerre, la cravate de travers, à la mi-novembre 2015 : « Nous sommes en guerre ! », claironne-il au lendemain des attentats de Paris... Drôle de guerre quand même !... Qui s’évaluerait désormais au nombre de civils décédés ou blessés par centaines dans nos rues, lorsque le nombre de militaires tombés en opérations à l’étranger se compte sur les doigts des mains. Guernica des temps modernes partout ! Chez nous, les troupes se déploient en armes dans les villes..., des jeunes à la dérive en plein délire mystique terrorisent, tuent et mutilent à la bombe et au fusil d’assaut, égorgent au couteau. Chez les ennemis, nos bombardements terrorisent sur un front de villes, tuent et mutilent au missile..., incitent des millions de civils, hommes, femmes, enfants à fuir la mort et la famine par-delà les mers et les déserts vers les frontières d’Europe. Moi-Président paraît partout, communique à tout va, commémore ‘en veux-tu ? En voilà !’, convoque les ‘Je suis’ en ‘marche blanche’..., une brochette de Grands du monde au premier rang – avec quelques tueurs d’Etat patentés, clients en armements des farces et attrapes guerrières  –... Et toutes ces belles personnes se tétanisent en ‘minutes de silence’ à répétition. Et le ministre de l’intérieur s’affiche des airs de curé laïque..., les sommités religieuses parlent d’amour tant et si bien que les monothéistes se découvrent un seul et même dieu !... Et à la revoyure !... : les ministres préviennent d’autres massacres à venir, les perquisitions s’additionnent de jour comme de nuit, la police infiltre des micros sous les lits, les divans, les tables de cuisine des domiciles privés..., les espions décryptent les téléphones et les ordinateurs individuels. La peur panique suinte de toute part.

Las, les migrants rappliquent sous nos fenêtres !

L’Allemagne en accueille plus d’un million – soumise aux diktats des Alliés après la Seconde guerre voici soixante-dix ans, démilitarisée, divisée en deux territoires, régionalisée en fédération –; la France de la Vème République sexagénaire – troisième vendeur d’armes mondial, centralisée et hostile à ses minorités nationales comme aux cultures originelles de ses immigrés des colonies d’antan –, l’Une et Indivisible inventrice affichée des Droits de l’Homme, s’est imposée comme le leader européen du refoulement hors d’Europe des réfugiés. Ni les rodomontades du microcosme politique, ni les vociférations nationalistes, ni les Marseillaises en refrains des supporters de foot ne calmeront notre honte... Quel honneur d’être allemand aujourd’hui !

De plus en plus nombreux, les cons s’évadent de ce quotidien mortifère..., le travail en dérive d’un contrat l’autre..., l’internet et la télé tuent l’ennui..., les psychotropes calment l’angoisse..., la jeunesse se morfond, les retraités embourgeoisés s’enfuient en villégiatures hédonistes à l’étranger. Les cons se rabattent sur les jeux d’argent et tentent leur chance à la loterie, plus d’un quidam sur deux y succombe, statistique-t-on ; toutes les formes de paris sont sollicitées, d’année en année de nouveaux jeux sont lancés et le rythme de progression des enjeux est en croissance constante. Tous, sauf ceux des paris hippiques..., piégées dans l’œil du cyclone satanique, les courses !... –  Course à course’ aux premières loges –, elles participent du spectre maléfique des faux-semblants jacobins, les valeurs imposées, le vivre ensemble, le mal être existentiel des temps présents ; cynisme, amoralité, corruption, dépravation, falsification, tromperie, mensonge, abrutissement.

Les cons, pas si cons, n’en peuvent plus de passer pour si cons !... S’en est fini des convenances : la conscience professionnelle, l’esprit Maison, le désintéressement du service public, le respect du maître d’école, la courtoisie aux femmes enceintes et aux petits vieux dans les transports en commun..., petits plaisirs des violences ordinaires. La morgue partout. Les jacobins sont aux abois. Le Premier ministre en rajoute : « l’unité nationale est menacée ». La jeunesse manifeste des mois durant contre la ‘loi travail’ de sa paupérisation forcée : le ‘dialogue social’ pipeau, ciblé au 49.3, flingue les Assemblées à bout portant !... Des militants idéalistes noctambules, ‘Nuits Debout’ sur la Place de la République..., la propagande du régime les dénigre à mieux va, endort l’opinion, ferme ses écrans. Alors, quelques euros à la loterie ?... Pourquoi pas !... Le vrai pari mutuel, la loterie : quelques millions de joueurs empilent une somme conséquente en euros que le sort attribue à l’un ou à quelques-uns d’entre eux. C’est simple !... Qu’importent les prélèvements faramineux, les gagnants réalisent leurs rêves et rejoignent les cinq cent trente mille millionnaires français en euros – 0.8 % de la population..., les privilégiés : élus et fonctionnaires ou assimilés, cadres de la finance, médecins libéraux (usant parfois d’équipements publics), pilotes de ligne d’aviation, magistrats et avocats et notaires et administrateurs judiciaires..., tous heureux bénéficiaires de la manne inépuisable des deux mille milliards et quelques centaines de millions d’euros de la dette publique  –.

Tout en haine..., les intra muros en oublient leur passion !

Les courses hippiques ?...  L’époque est sous emprise des violences. Les adultes en charge de famille s’inquiètent, les anciens se tétanisent, la jeunesse s’alcoolise et se drogue à tout va. Personne n’a d’argent à jeter par les fenêtres..., encore moins l’envie d’acquitter une hippotaxe fiscale au PMU.

L’intra muros s’en émeut évidemment. L’argent, l’oseille, le fric, la tune, le flouze, la ‘petite pièce’, toute la folie de l’accaparement facile les tourmente..., les joies de l’arnaque – l’Audiotel payant de ‘spécialistes’ autoproclamés, qui se gardent de publier leurs ‘performances’–..., et même la jouissance du vol légitimé par décret – jusqu’au centime, les ‘impayés’ des gains sur les paris hippiques –... C’est qu’ils sont en manque, les profiteurs des Principautés !... Oui, le déclin du turf est bel et bien consommé.

L’affolement ébranle les murs de la citadelle du trot et du galop. Toute la bile amère des intra muros inonde l’internet des courses : « Si ceux qui utilisent le mépris ou l'insulte comme arguments savaient ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (Merci Guitry) », re-twitte Lanabère, Audioteliste assumé... L’insultent peut-être, les arguments qui dénoncent l’arnaque à l’Audiotel. Les twittes de ses quelques bons coups (pub) n’y changeront rien : publier au jour le jour les résultats financiers de ses pronostics est la seule solution acceptable.., le calcul des mises et des charges de ses ‘clients’ (y compris le coût Audiotel)... –. ‘Bien davantage’ que le ‘mépris’ comme il dit, le Libre Opinionneur du Veinard en appelle à la haine !... ‘S’ils savaient ce que je pense d'eux’, quel aveu de rancœurs ressassées, ses silences hypocrites !... Et de s’approprier d’un ‘merci’ le plagiat du texte de Guitry..., quelle outrecuidance !... Un plagiat bien inutile, sauf à se montrer en lecteur assidu du ‘Dicocitations’, sinon refléter l’ambiance délétère de l’intra muros. Quelques jours plus tard, vindicatif, l’Opinionneur libre s’en prend aux moulins à vent : « A 57 balais et + de 30 ans de courses, plus de temps à perdre avec des perdreaux qui viennent de naître et croient tout savoir = je bloque »..., le don Quichotte des twitos, qui se met à bouffer les ‘e’ question de se la jouer jeunot : « J’invite ls naïfs, ls enfonceurs de portes ouvertes, ls crédules, ls ‘voix de son maître’ à regarder, par ex, le ‘cashinvestigation’ B. Sainz »... Une atmosphère de cloaque !...

Deux ou trois dizaines de sites en tous genres, plus ou moins actifs, la plupart du temps à l’initiative d’une personne, quelque fois de quelques unes – notamment les sites soi-disant de ’défense des parieurs’ –, font un tout d’une égale médiocrité, les sites hippiques ; ses webmasters ignares et ignobles la plupart, fats et infatués d’eux-mêmes, itou la plupart de leurs commentateurs, abonnés, répondants et scribouillards divers et avariés..., tous hauts en égos, les abrutis. Consternantes pensées – le terme est impropre –, écrivailles twittées et plagiats es-re-twittage, copier/coller non référencés, récupérations pour soi de l’info et des idées et des projets d’autrui..., autant de prétentions des m’as tu lu ?...  Epitaphes à la littérature de gare, les sites soi-disant ‘professionnels’ et la presse hippique à l’encan... L’information triturée en propagande, les ‘analyses’ compilées de communiqués de presse, documents et rapports ‘secrets’ des Principautés – le plus souvent soigneusement dissimulés par la presse aux ordres.., toujours publiés à charge des uns et des autres sur les sites venimeux –. C’est le règne des auteurs à thèses chewing-gums, aux bons mots Chamallo, à la blague Carambar... Ce sont les idées reçues, les à priori, les clichés, les plagiats...,  le tout à l’égout de l’esprit enfilé d’un jour sur l’autre... C’est la bêtise exhibition, la pulsion émotion raz de toque et de braguette et de jupette : l’ineffable webmaster d’un site failli – sur twitter, ce premier août – : « Une bouche c’est mignon. Après une fellation, c’est même mignon tout plein », la grossière vulgarité des esprits courts !... Bis répétita trois jours plus tard, un re-twitte emprunté à ‘conducteur de train’ : « Colis suspect en gare d’Orléans. Après intervention du déminage, la circulation des trains à repris » sur la photo d’un sac plastique éventré où s’exhibent deux godemichés colorés !...  Un petit monde honni du grand public, une boursouflure puante de l’interlope milieu du cheval..., finalement rejetés de tous, les intra muros... Et c’est bien fait !

Ha !..., ce web de l’intra muros... Un éloge aux raisonnements benêts et à la syntaxe ordurière, leurs forums. C’est l’instantané d’idioties, directs à la poubelle, leurs posts. Un accumulé de mots creux, un patchwork de photos et de vidéos au jour le jour, datés à l’heure près. Un fatras de dires et d’images..., une diarrhée de turpitudes, un néant de clairvoyance, une déchéance de la raison. Et leurs messageries salopes emplies de vilenies. N’y parlent jamais d’eux-mêmes, toujours de la créature qu’ils se trissent pour la galerie ; sous l’avatar, c’est l’enflure prétentieuse du médiocre qui s’ignore..., c’est la débine hypocrite du quidam ‘qui n’en peut mais...’..., c’est le ‘qu’en dit-on’ susurré, la délation, la supputation, la mauvaise réputation taillée sur démesure.

La presse hippique, symbole de toutes ces calamités, s’applique à relayer les instructions des autorités..., s’active à l’habillage discret du ‘recyclage’..., s’associe sans scrupules à la spoliation des joueurs... P.T., le ‘navire amiral’ de toute cette armada de cour des miracles, sa mise en page de Une répulsive, ses titres de jeux de mots lourdingues, ses rédactionnels repiqués d’un numéro l’autre... Et mon ami Sylvain Copier de Paris-Turf, chef de la rubrique des parieurs, ses chefs-d’œuvre de grand commis de commerce des Principautés..., son invitation au ‘recyclage’ de haute volée : « Le nouveau programme a d’ailleurs été présenté en tout début d’année. En fonction du niveau de ses enjeux, le turfiste peut retoucher jusqu’à 2 % de ses mises enregistrées au cours du mois précédent (sous réserve dans ce cas de miser au moins 5 000 € cumulés par mois). Sachez que le programme de fidélité est enclenché dès le premier euro joué...». Et ses titres de ‘billet’, au Sylvain : « Tisser du lien » ; « Et le turfiste fleurit... ». Gentillet tout ça !...

Tant et tant de saloperies en tête, c’est qu’ils en oublient leur passion, les intra muros..., leur ‘passion du cheval’, qu’ils disent : l‘odeur de crottins des écuries..., la frustration du boute-en-train qui cède le trait à l’étalon ou au bras ganté de plastique de l’inséminateur.., les embardées et les chutes du débourrage..., la sélection des qualifications – une minorité du cheptel demain en piste ; les autres, presque tous les autres directement à l’abattoir – ..., les entraînements au levé du jour, le nez sous les gaz..., les transports sur les hippodromes, bières et sandwichs saucisson-beurre..., leur passion des casaques, la pesée aux balances, le roulement des sabots, le cercle rouge du poteau d’arrivée.. Ha !..., leur passion des chevaux de course !... Les jours, les nuits, les fatigues, les factures, les faiseurs, les fauteurs de tout et de riens. Oubliée, la passion !

Et la jeunesse des écuries s’affaire dès l’aube à curer les stalles de chevaux, garçons et filles – parité de mode, même là –, jeunes gens de moins de vingt-cinq ans la plupart – turn-over effréné du désenchantement –, pailles souillées à la fourche puis à la brouette jusqu’au tas de fumier..., garçons et filles logés, nourris, blanchis, récompensés d’appointements de misère..., apprentis à vie ou remerciés tout court pour en finir avec leurs prétentions d’un devenir professionnel. Ignorée, la jeunesse !

La sourde indifférence des ‘élites’ et de l’opinion publique.

Tant et tant de sordidités imposent de s’en préserver. Rien de plus facile d’ailleurs. Les sites censurent à tout va et la presse n’édite pas qui veut. Non pas qu’elle se refuse aux parieurs, bien au contraire !... Si elle n’en découvre pas de présentables, elle n’hésite pas à les inventer au service de la bonne cause : l’incertain « turfiste et lecteur assidu de Paris-Turf », la signature du corse Dominati lorsqu’il exprime son ‘Point de vue’ en Une de la 'bible' sur paris recyclés. Jamais fâché, toujours content, l’incertain turfiste lénifie les courses à souhait... C’est l’image du turfiste béat et satisfait qui se dessine au fil de ses écrits. Mais sous la cape, c’est  le « Simon Dominati, journaliste de Paris-Turf » à la retape des lecteurs un peu nigauds !... La même photo d’identité qu’en Une s’appose désormais sur le bandeau défilant des portraits des journalistes ‘experts de Paris-turf.com’ !... Mascarade...

Les feuilles de pronostics de l’intra muros Paris-Turf, Bilto, Geny Courses, Week end, La Gazette des Courses, France Matin Courses, Tiercé Magasine, Paris Courses, Derby Tiercé Magazine, Stato Turf, Le Veinard, sont toutes sous le contrôle de groupes de presse, de propriétaires d’écuries ou de leurs propres rédacteurs. Autant de passerelles obligées pour être lu des turfistes, qui les achètent en priorité pour leurs pronostics et les informations techniques sur les courses, survolent les articles en diagonale –  presque toujours ineptes –, qui les agacent plus qu’autre chose. Etre lu des parieurs est exceptionnel et circonstanciel. Par contre, les intra muros se ruent sur le moindre écrit qui les cite ou les raconte et se gardent d’en faire état sur leurs supports.

Le recours à des auteurs externes à l’intra muros  – rarissime, tenus à ne pas remettre en cause les situations acquises s’ils veulent poursuivre leurs collaborations – trace les limites entre une contestation jugée tolérable et une remise en cause intolérable du système. Concrètement, énoncer que le système de paris hippique est conçu pour faire perdre les joueurs est absolument intolérable. Et ne pas se soumettre aux pressions amicales ou/et à l’autocensure signe un ‘casus belli’.

La bonne volonté, la bonne foi, l’honnêteté se font rares. Guy de la Brosse, ses billets de blog sur Médiapart, les articles de son périodique, La Tribune Hippique. Sans doute le seul journaliste digne de la charte déontologique du métier. Même le Lanabère invite : « À lire l'excellent point de vue de Guy de la Brosse dans le blog Médiapart. Lui a compris que tout avait changé. Mais peut-être trop tard ? » – l’Opinionneur du Veinard, lui, avait tout compris depuis longtemps et avant tout le monde..., notez bien !... –.

Pierre Bellaïche est un syndicaliste de renom à la retraite, qui s’évertue à diffuser les informations, plus ou moins censurées, qui lui passent entre les mains et que nul autre ne se soucie de divulguer..., soutient sans faillir les intérêts du personnel des Principautés, selon les pratiques solidariste d’un autre temps, sans doute, mais qu’il essaie tant bien que mal de revisiter... Aussi l’homme des ‘centimes’, le boulanger du pain au purin, le complément alimentaire des retraités de l’intra muros..., parce qu’il faut un boulanger pour pétrir le pain, dira-t-il..., que le purin s’impose, là où l’eau pure n’existe pas, aux écuries d’Augias..., qu’il faut bien s’adapter à tout pour survivre un peu de rien. Pain au purin qui écœure les turfistes !... Fin 2014, la rédaction de Paris-Turf organisa un sondage (1) auprès de cinq mille de ses lecteurs publié en janvier suivant, un dossier imposant présenté comme l’expression de ‘5 000 parieurs’ alors que 600 professionnels ont émargés parmi eux – 12 % du panel, un taux d’incertitude hors des règles de fiabilité d’un sondage, sauf en presse hippique ! – : 85 % des sondés placèrent au second rang des 85 propositions, celle qui consisterait à ‘Reverser aux parieurs la totalité des gains non réclamés, via une tirelire’. Quelques mois plus tard, M. Xavier Hürstel passait outre cette volonté des parieurs – propriétaires de fait de ces ‘centimes impayés’, notamment sur PMU.fr..., ne l’oublions pas ! –, un vol manifeste légalisé un an plus tard par décret du Premier ministre M. Manuel Valls. Qu’attendent les pseudo-associations de défense des turfistes ?... Mais plaidez donc, messieurs !... M. Hinterman, tutoyeur de ministre socialiste, faites quelque chose !... Sollicitez vos amis des fraternelles de Marianne !... Mouillez la chemise avant le gosier..., pour une fois !!

Pierre Bellaïche fut le maître d’œuvre syndical des négociations sur les ‘impayés’ recelés par les retraités de l’intra muros. Homme du système, il est bien le seul à imaginer la possibilité d’une parole venue d’ailleurs et de nulle part..., extrême critique discordante..., iconoclaste au point de ne ménager personne, pas même lui, Pierre le boulanger des ARS. Une telle tolérance me laisse admiratif !... Ainsi m’écrivait-t-il tout récemment : « Continuez à écrire dans Tourbillon, je vais voir pourquoi on vous supprime. Vos propos (sauf les Impayés…) sont justes et très plaisants à lire ». S’il m’arrive de commenter de loin en loin sur le web, parfois sur Cercle Tourbillon [@], généralement j’y affiche le lien vers mon blog Médiapart pour donner une possibilité de lecture à ses lecteurs. Un travail de fond est toujours bienvenu, surtout lorsqu’il rompt avec le conformisme ambiant, surtout lorsqu’il ouvre la réflexion sur des perspectives de réformes..., lorsque l’auteur écrit sans contraintes ni intérêts. Vrai qu’il ne s’adresse par directement à l’auditoire intra muros. Et l’inculture des turfistes tout autour est proverbiale. Alors, un travail inutile ?... Je le pense. Un travail d’écriture et de maîtrise. Un travail pour soi et les siens.

Ce qui n’est pas le cas des contributeurs de l’intra muros, tous plus ou moins intéressés. Bien obligés de prendre en compte le contexte du milieu, ils en sont !..., s’autocensurent si nécessaire et plaident volontiers en coulisses et savent se plier aux attentes des webmasters s’ils interviennent sur leurs sites : « Y’en a quelques-uns qui partent de traviole et même pour de bon, alors je fouette. C’est comme ça ici, c’est pas une boîte à conneries, je fais ce que je veux, c’est complètement arbitraire, je suis chez moi. Des âneries, y’a que ça déjà, autour, alors merde... », lance le promoteur du site H. Morin [@], le seul à publier encore mes liens de blog – après ‘attente de validation’..., après mûre réflexion..., malgré mes réserves initiales sur ses descriptions des ‘journalistes’ et des animateurs patentés d’Equidia, même si les commentaires souvent obscurs et surréalistes soigneusement triés qu’il laisse publier me restent peu accessibles –. H. Morin lévite au-delà des donjons et des murs d’enceintes des Principautés. Un OVNI hippique en quelque sorte. Inclassable, H.M..

Les communications des Guy de La Brosse et de Pierre Bellaïche obéissent aux mêmes obligations de retenue que celles de tout intra muros confraternel. Ils s’appuient sur l’existant des courses, confortent le système en place, assument les effets néfastes de la ‘machine à fabriquer des enjeux‘ sur les finances et le quotidien des parieurs et se gardent de contrer le monopole d’Etat. Il n’est pas possible de passer là-dessus. Aucun ne se soucie vraiment des parieurs..., sinon par quelques sons de cloche convenus ici et là. Tout deux se taisent à leur propos. L’omerta du milieu sur les finalités néfastes des paris hippiques trace une frontière infranchissable. Sauf à perdre son âme. Sauf à se renier. Et la jauge en l’espèce va de soi : aucune publication périodique de l’intra muros –pas même les sites des prétendues ‘associations de défense’ sous influence – ne fait figurer le lien menant à Evalujeu.fr [@] de l’Autorité de Régulation des Jeux, la seule information qui vaille lorsque l’on prétend s’intéresser au sort des joueurs : « Les paris sont construits de manière à ce que les joueurs perdent de l’argent sur le long terme... » ; tous se contentent de l’annonce léonine imposée par le législateur : « Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé) ».

Proscrites en ce temple de l’imposture – et elles le sont violemment –, l’indépendance d’esprit et la liberté de conscience et bien évidemment l’écriture d’un modeste parieur rangé de son addiction, proscrite plus encore sous les effets de style du pamphlet de conviction. La règle qui prévaut intra muros, ce sont les polémiques, provocations, procès d’intention, dénigrements, en direct par posts ou twittes ou en douce par messageries interposées..., verbiages qui mènent invariablement à la suppression des interventions et la censure du gêneur..., à son exclusion définitive, son ‘bannissement’ qu’ils disent... Et de jubiler dans leur coin, les sots !... Tous ‘Je suis Charlie’ à l’appel du Moi-Président militant, dès après l’assassinat de la rédaction du satirique Charlie-Hebdo..., toute la presse hippique, les sites hippiques, les réseaux sociaux hippiques..., tous à côté de leurs pompes, tous zélateurs écervelés, tous écœurants de duplicité, tous morts de trouille..., tous nuls à chier !...

Les sites de l’intra muros ignorent les parieurs, n’en parlent jamais ou presque – sinon pour se plaindre de leur désaffection et/ou pour envisager des solutions qui les abuseraient un peu plus –. Des joueurs persistent quand même à s’en mêler par manque de discernement, notamment sur les forums. L’indigence crasse de leurs contributions le plus souvent – dûment acceptées des webmasters, notez encore... – donne un bien triste spectacle du public populaire des courses. Quelques uns, si enferrés par leur accoutumance, n’hésitent pas à s’associer aux manigances coutumières du milieu, cherchent à se faire bien voir et à se faire valoir, jouent les importants !... Dites-leur que l’on ne gagne rien aux courses : ils le nient niaisement et vous conspuent... Osez publier le lien du site Evalujeu.fr de l’ARJEL, qui les prévient de l’impossible gagne : nenni !..., ils crient à l’imposture et se citent eux-mêmes en exemples vivants de chauds gagnants... Et d’applaudir les intra muros qui censurent et bannissent l’horrible que l’on s’emploie à isoler. Traité comme un trolle de la pensée unique, exclu comme un ‘lanceur d’alerte’ virtuel ?... Couardise s’avise..., omerta oblige !

Trolle ?... Le pollueur des réseaux sociaux ne s’embarrasse ni de raisonnements ni d’arguments étayés d’études pointues. Le trolle massacre à l’estime. Lanceur d’alerte ?... Allons donc, foutaise, niaiserie, candeur. Ou alors, un malgré-lui du lancé d’alerte !... Un empêcheur de berner en rond !... L’utopiste récriminant : non à l’exploitation éhontée de la bêtise humaine ; non à l’abus de faiblesse de ‘l’homme par l’homme’ ; non à l’ignominie de la spoliation du plus pauvre ou de l‘abandonné ou de l’idiot des hippodromes !... Des milliers de parieurs déçus partagent ces refus, se résolvent au silence, ressassent leurs rancœurs et se réjouissent en secret des calamités du turf..., les ‘malgré-nous’ de l’échec programmé du pari hippique. Et d’ailleurs, une alerte pour quoi ? Tout est en règle, c’est la Loi !... « La République n’a jamais autorisé les jeux qu’à la condition que les recettes servent à l’intérêt public et non à alimenter une demande de profit – à l’exception des casinos. Ce principe doit rester intangible. Cette ligne doit continuer d’inspirer le législateur », tonnait le sénateur socialiste Gorce, lors d’un colloque sur les jeux en octobre 2015. Toujours prompte à l’interdit, ‘l’intangible’ République des taxes.., contributions, redevances, pénalités, contraventions, amendes, prélèvements, hippotaxe.

Et une alerte pour qui ?... Les intellectuels ?... N’en ont que faire des courses de chevaux, ni des jeux d’argent, ni des paris, encore moins des parieurs. En plein maelstrom, les sciences et les techniques..., l’entropie éclate les structures, les disciplines se démultiplient à l’infini..., écartèle la communauté scientifique, chacun s’occupe dans son coin et tous s’ignorent..., alors, la destinée du turf !... Les artistes ?..., c’est bien pis d’indifférence encore, les cabots... Andrzej Zulawski (2), le cinéaste polonais, raconte à leur propos : « ... dans leur cercle de conjurés sur canapé,... consumés dans leur vivarium par de communes et collectives ambitions parisiennes, leurs animosités et leurs brouilles, ils faisaient valoir leurs revendications à propos d’institutions, de ministères, de fondations, de bourses, de pensions, de salles de concert et de programmations ». Tous à la gamelle, les artistes français !... Ha ! Ça..., ils adorent parader sur les hippodromes, les artistes propriétaires, les artistes flambeurs. Reste enfin le grand public,l’opinion, les gens ?... Lanceur d’alerte, mais à quel propos ?... Les courses hippiques ?..., le fric, les magouilles, les trucages, le dopage, c’est connu tout ça ! Où est le problème ?... Quoi ! Mais c’est qu’on n’en a rien à foutre, nous, des courses hippiques !....

Le cheval..., ce nœud gordien qui étrangle les courses !

« C’était Bataille, le doyen de la mine, un cheval blanc qui avait dix ans de fond. Depuis dix ans, il vivait dans ce trou, occupant le même coin de l’écurie, faisant la même tâche le long des galeries noires, sans avoir jamais revu le jour. » Cet extrait de Germinal, où Victor Hugo associe la pénibilité du labeur des hommes et des chevaux et rappelle leur contribution essentielle à la révolution industrielle. Le XIXème et le début du XXème siècle resteront paradoxalement les siècles de l’apogée du cheval, comme un feu d’artifice avant son inéluctable retrait. Cheval qui tire les voitures sur les premières routes empierrées puis asphaltées, les péniches sur les chemins de halage, les troncs d’arbres dans les forêts domaniales, les berlines dans les mines et même les premiers trains de houille sur la vingtaine de kilomètres de la ligne Saint Etienne–Andrézieux. A Paris, le cheval assure encore les transports en commun et les déplacements des tombereaux des derniers porteurs d’eau, les livraisons de marchandises qui transitent par les gares tout juste inaugurées, les déblaiements et le charroie des pierres des alignements haussmanniens puis ceux des terrassements du métropolitain. Les chevaux auront été de toutes les guerres depuis leur domestication, mais celle de 14-18 – la pire hécatombe équine après les guerres napoléoniennes –, verra soldats et chevaux envoyés à la mort par millions sous le commandement de fous-furieux généraux et maréchaux d’opérette, tout au long des batailles folles des Etat-major meurtriers. Hommes et chevaux morts pour Rien !... Ces morts et la délivrance de l’absurde honorés au son du clairon à chaque 11 novembre depuis..., pour Rien. Et depuis aussi, tous ces vivants en si grand nombre qui survivent par les ventes d’armes ! Et pour en finir avec les chevaux, ils furent de toutes les formes de travaux de force depuis l’invention de l’agriculture, nos compagnons fidèles jusqu’au dernier jour d’efforts avant l’ère de motorisation productiviste. Ne restent plus que le symbole royal de la Garde Républicaine sur les avenues de Paris, le folklore de quelques tâches de services ou de distractions, les clubs équestres et les champs de courses, la passion solitaire de milliers de propriétaires indépendants plus ou moins argentés. Ici ou là, quelques princes désœuvrés, quelques éleveurs Zébulons se prêtent volontiers aux joies de la reproduction du pire et du meilleur sur le Manège enchanté de la génétique. Le cheval, cet ami de toujours !

L’attachement que nous portons aux chevaux ne s’est jamais démenti. Le cheptel français serait actuellement de plus d’un million de sujets. Les pratiques équestres, très fortement féminisées de nos jours, sont en expansion constantes. Mais les courses ont mauvaise presse alors que la société civile contemporaine aspire à reconnaître des droits juridiques aux animaux. D’autant plus mauvaise presse qu’elles sont totalement tributaires des paris hippiques, la seule forme de paris sujette à caution dans l’opinion. Quadrature d’un cercle vicieux !

Jusqu’à nos jours, les jeux hippiques se sont toujours adaptés avec bonheur aux évolutions technologiques du XXème siècle : le télégraphe puis le téléphone pour sortir les prises de paris (Pmh) hors des hippodromes et créer le Pari Mutuel Urbain avec son réseau de communication avec les Bars-tabac-PMU d’enregistrement des jeux ; l’électromécanique, l’électronique puis l’informatique pour traiter les formules de paris de plus en plus complexes et nombreuses. Aujourd’hui, les dirigeants des Principautés comptent sur les outils du numérique pour collecter un à un les paris auprès du quidam lambda..., investissent à tout va et ne doutent pas un instant de la bêtise des cons qui se laisseront manipuler à nouveau, puisqu’aussi bien la manipulation serait l’art de gouverner ! Sauf que.... L’éducation, l’instruction, la quête de conditions de vie les meilleurs possible, la diffusion des Arts et de la culture, les éloignent forcément de l’univers trivial des paris hippiques.

Voici deux décennies déjà que les hippodromes sont désertés. Ceux du ‘course à course’ quotidien, les hippodromes de shoots du ‘recyclage’ sur toutes les plages horaires, vides en matinée comme en soirée ; des tribunes abandonnées devant le spectacle consternant de coursiers venus de nulle part... Pourtant quelques réunions de prestige, des moments d’élégance, sont toujours très prisés. Les hippodromes balnéaires ou thermaux enthousiasment toujours les estivants. Les hippodromes de kermesses en zone rurale, comme les hippodromes éphémères d’entre marées, animent toujours la ferveur populaire. L’intra muros se complaît à souligner la baisse progressive de leur fréquentation, en accable les dirigeants, réclame des mesures de redressement, exige des têtes. Regarde jalousement vers les stades de football, les cours de tennis, les salles de basquet... Persiste à croire qu’un jour viendra où... Fantasme lorsque tu nous  tiens !... Le problème est ailleurs !... Politique, économique, sociologique. Les sociétés contemporaines sont en mutations accélérées. La fréquentation des stades de foot connait d’ailleurs la même orientation à la baisse, dès lors qu’il s’agit de compétitions suivies sur une saison par des supporteurs locaux moins assidus ; les tournois internationaux rassemblent périodiquement des foules énormes qui convergent vers des métropoles urbaines..., s’enflamment d’ivresses hystériques sur fond d’idéologies nationalistes propices à l’expression de violences collectives. Flux et reflux des spectateurs..., replis sur soi ici et perte de contrôle là..., le rythme lancinant de l’apaisement puis des crises à répétition, comme un élan avant l’affrontement guerrier. 

L’autorisation des paris mutuels hippiques, à la condition expresse de concourir financièrement ‘à l’amélioration de la race équine’, a été fixée par la Loi fondamentale de 1891. Celle du 12 mai 2010 a engendré une situation unique et inédite, qui n’a pas pu échapper aux négociateurs des Principautés d’alors : les TRJ sur le sportif, à cotes fixes, frôle la barre imposée des 85 % comme le TRJ des paris hippiques du ‘Jeu simple’ au mutuel – mais qui s’en éloigne au fil des coups de pouce des prélèvements du PMU –, alors que les TRJ des ‘Jeux composés’ sont comparables à ceux des loteries de la FdJ. Dans l’esprit des négociateurs, il fallait gommer la concurrence..., imposer les pertes sur les paris sportifs comme sur les paris hippiques..., et laisser murir les espoirs de gagnes sur les jeux à la loterie plus taxés encore.

Ceux qui se souviennent de l’ambiance à l’époque, la crise/panique des dirigeants des Principautés..., l’embauche précipitée de M. Germond appelé à la rescousse pour aider au franchissement de la transition numérique..., les imprécations, les jérémiades et pleurnicheries de l’intra muros, tout en trouille..., l’absence de perspectives à long terme, les décisions à courte vue d’alors..., la débandade actuelle n’est pas une surprise. Le cheval est si peu présent chez eux... Un an près sa démission en 2014, M. Philippe Germond racontait dans Paris-Turf : « En 2012, nous avions présenté des innovations, dont les duels de jockeys..., et avions eu un veto absolu du Trot et du Galop... Combien de fois ai-je entendu cette phrase : ‘La France c’est différent’... » Les formules de jeux sont accréditées par décret des ministères de tutelle sur proposition du PMU et non des Sociétés mères... « Les administrateurs représentant de la tutelle ont toujours été dans le camp de l’innovation et de la transformation ». Les Sociétés mères, MM. Bélingier et le comte de Bellaigue sont parvenus à éviter le décentrage des paris hippiques, une dérive supplémentaire au ‘recyclage’ débridé.... De son côté, Xavier Hürstel, président du PMU, ne s’embarrasse pas de préséance sur BFM.tv début octobre 2015, en annonçant qu’il suffirait de « 20 hippodromes Premium à échéance ». Une prérogative juridique des Sociétés mères, titulaires avec les Sociétés locales de la gestion des infrastructures hippiques. M. Bélinguier s’était déjà opposé avec succès aux souhaits de fermeture d’un hippodrome parisien par ses ministères de tutelle. « L’état est perpétuellement indifférent dans le domaine des jeux à tout ce qui ne concerne pas directement ses recettes propres », écrivait François Trucy aux participants du colloque sur les jeux d’octobre 2015 déjà cité. Le baron de Rothschild et le comte de Bellaigue souhaiteront-ils dépasser ces clivages occasionnels et circonstanciés ? Peu probable... Et s’ils veillent aux destinés des chevaux du cheptel de course, leur fascination pour la machine à spolier les parieurs exclu qu’ils ne prennent en compte l’impérieuse nécessité d’une réforme de leur statut.   

L’entretien du cheptel coursier à la charge des Principautés – et donc des parieurs – exigerait l’instauration d’un statut fiscal spécial des courses hippiques, c’est-à-dire l’exonération fiscale des paris hippiques. Dans le même temps, le statut des turfistes devrait être modernisé. Et même plus, les mérites du cheval le justifient : l’abandon définitif de tout prélèvement social (CSG ou CRDS), de toute taxe existante et/ou à venir, s’imposerait. Comment peut-on admettre de laisser taxer les chevaux comme l’on taxe les boules de loteries ?... Sommes-nous si impies et si dégénérés ? Comment osons-nous désacraliser la vie animale ? Comment pouvons-nous traiter un cheval comme un objet ?... La loi de 2010 sur les seuls sites en ligne sauvegardait les monopoles de jeux du réseau des Bars-tabac-PMU – aujourd’hui en pleine déliquescence – : l’Etat et ses serviteurs zélés du PMU ont tout sacrifié à leurs seuls impératifs fiscaux..., sacrifié l’opportunité d’une réforme pérenne. Ils ne feront rien !

Le parieur hippique français..., ce 'cochon' qui paye son hippotaxe ! 

Le numérique efface les distances géographiques et accroit le temps passé devant les écrans à  digitaliser des échanges. Le pari ludique est à la mode. Sur le sport, le temps d’une compétition de quelques heures, sur n’importe quel sujet distrayant, des résultats jusqu’au comportement des sportifs en situation. La gagne ou la perte des mises n’importe pas plus aux joueurs que les résultats de l’épreuve : juste un jeu aussi vite oublié, qui n’affectera ni l’humeur du moment, ni le cours des existences. Tel n’est pas le cas du ‘course à course’ hippique évidemment. L’échec des ‘Epiq3 Séries’ est là !... Qui veut encore se soumettre aux astreintes quotidiennes du turfiste bêta ?... Peu de monde en fait. Eric Quéré [@] reste l’un des derniers Mohican du ‘papier’ – fin juillet, 205 gagnants en 213 jours lui ont rapporté 145 euros nets depuis le début de l’année (avec en juillet huit gagnants à plus de 10/1, dont trois à plus de 20/1 –. Les parieurs se contentent de copier les pronostics..., le pari Simple ‘au nez’..., le pari Composé ‘à l’estime’, la date de naissance de la belle-mère..., ou en se fiant au ‘spot’ plagiaire du PMU..., où encore en attendant les trois dernières minutes avant le départ de l’épreuve pour miser sur la cote descendante des Panurges !... Au ‘course à course’ le plaisir de la gagne est éphémère, fugitif, fugace..., les pertes du ‘recyclage’ sont garanties sur facture !... A en pleurer une telle bêtise à courir après les mirages d’une petite rente régulière... A gémir, à se plaindre, à s’emporter, à s’insurger de toutes les vilénies et de la déveine qui persiste et signe à chaque virement de carte bancaire !... Un gâte sauce du plaisir de jouer, le ‘course à course’..., une chienlit..., un clou à facturettes..., un pilori !!

L’intra muros résonne de plaintes et de récriminations... Cris et chuchotements mauvais à désespérer de l’intelligence humaine !... Et de rabâcher en boucle l’idée géniale qui révolutionnera les courses..., pitrerie qu’ils resservent en boucle ! Comble de l’imbécilité, l’incertain Mouvement des ‘Parieurs’ des tenanciers de Bars-tabac-PMU – deux cents aux dernières affabulations – annonce publiquement pratiquer un bookmaking..., clandestin !... Les diafoirus paranoïaques branlent leur mégalomanie : « Pour relancer la filière course, on a des solutions plus que certaines au Mouvement des Parieurs... Le MDP a un formidable projet pour relancer les courses : ‘Projet de relance tous ensemble’. » Les sots !... Il n’est aucune solution satisfaisante sans constat objectif, sans se poser les questions gênantes, sans remises en cause des acquis des profiteurs de tous poils... Pas de solution au rêve du ‘Penser argent’ de l’animateur du Cercle Tourbillon, le site ‘intello’ du galop [@] : « Nous devons admettre que le retour à l’équilibre financier se fera par une baisse drastique de nos charges concomitante à une augmentation de nos revenus »... Et allons donc !... Fermer une centaine d’hippodromes et recruter des milliers de cons à soumettre à l’hippotaxe ? Quoi encore !... Pas de solution au turf, sans réforme globale du système qui ne mette fin à la spoliation des parieurs. Or, le régime jacobin est incapable de mener la moindre réforme. Le déclin est imparable !

Deux milliards quatre cents millions d’euros annuels (2 400 M€), le montant des paiements en espèces, des virements bancaires et des débits sur les comptes chèques des joueurs hippiques, qui forment le résultat net du PMU. Les presque dix milliards d’enjeux ne signifient rien pour les parieurs ; le taux de retour aux joueurs est un misérable cache misère de la réalité des prélèvements qu’ils subissent. Le PMU leur soustrait bon an mal an deux milliards quatre cents treize millions (2 413 M€) en 2015 !... A comparer au montant du revenu de solidarité active (RSA) à charge nette des départements qui s’élevait à trois milliards cinq cent quarante millions (3 540 M€) en 2015.

Le traitement réservé aux parieurs français est scandaleux. Haro sur les vicieux !... Pères ou mères indignes..., c’est qu’ils affameraient volontiers leurs rejetons, les accros du turf !... Argument trop facile pour être honnête.

En France, le parieur est un consommateur qui achète une prestation dans un but bien défini. Les acheteurs de billets de loterie espèrent percevoir le gros lot et cet espoir peut-être satisfait..., avec un peu de chance. Même perdant, le contrat de vente est respecté. Le turfiste du ‘course à course’, lui, escompte sur des gains réguliers, qui lui constitueraient une rente périodique ; il travaille sa technicité hippique en conséquence, passe du temps et besogne dur à préparer son ‘papier’. Ses efforts visent à forcer la chance, à l’orienter à son avantage, en s’appuyant sur ses connaissances des capacités et des ambitions des compétiteurs. Le turfiste du ‘course à course’ n’est pas un consommateur mais un professionnel des courses.

Ce n’est que le 5 avril 2015 que l’ARJEL inaugurait son site Evalujeu.fr où, pour la première fois et nulle part ailleurs, les parieurs peuvent apprendre officiellement que le système de paris français ne permet aucune gagne sur le long terme, c'est-à-dire une suite de paris. Une autorité administrative indépendante de l’Etat admet de fait que le parieur hippique n’est pas un consommateur – le produit qu’il achète ne lui permet pas de percevoir les gains attendus  –  mais un contributeur involontaire à une hippotaxe qui élimine subrepticement ses espoirs !... Et, pour clouer le bec une bonne fois aux ergoteurs, le ‘Comité du Salon des Courses’ de 1867 publiait en son article 1er des ‘Règles des paris établies par le société d’encouragement’ : « Pour qu’un pari soit valable, il faut qu’il y ait possibilité de gagner au moment où il est conclu. Celui qui ne peut gagner ne peut pas perdre.» Cette disposition éthique valable pour un pari, l’est tout autant pour plusieurs paris successifs. Les ergoteurs répliqueront en soulevant le cas d’Eric Quéré, mon turfiste référence, qui parvient bon an mal an à sortir un résultat financier positif, après soustraction de ses mises sur ses gains bruts, à contrario des annonces de l’ARJEL... Sauf qu’Eric Quéré est un cas exceptionnel, un spécialiste hors pair, fort d’une d’expérience de quinze années de pratique quasi quotidiennes. Une exception particulière ne légitime pas le cas général !...

Admettons encore l’objection des ergoteurs et examinons de plus près les résultats annuels d’Eric : de 2004 à 2006, il mise dans les Bars-tabac-PMU et ses gains nets sont de 119, 496 et 314 euros ; à partir de 2007, il ouvre un compte Zeturf et ses gains progressent à 1 565, 2 179 et 2 864 euros..., une progression stoppée net depuis 2010 avec 138 et 55 euros de gains d’abord, une perte de 212 euros en 2012, puis 151, 130, 58 euros de gains en baisse jusqu’en 2015. La maîtrise de Quéré endigue avec peine la croissance des prélèvements qui affectent le taux de retour joueurs et la détérioration des programmes qui activent le ‘recyclage’. Une conclusion tombe sous le sens : lorsque Zeturf offrait ses paris sous les règles législatives de l’île de Malte, où sont siège était établi, les gains nets annuels d’Eric Quéré lui permettaient d’accéder à terme au statut de ‘joueur professionnel’. L’accréditation de Zeturf  par l’ARJEL en 2010, la barre imposée des 85 % maximum du taux de retour aux joueurs a mécaniquement réduit leurs gains nets servis. C’est aussi les retours à minima imposés aux joueurs du poker, la fiscalisation des cash games, qui a fait fuir les ‘professionnels’, qui explique l’effondrement du poker en France.

Au poker, les opérateurs ne s’embarrassent pas de circonvolutions oratoires pour justifier leurs contre-performances : « En raison de la fiscalité, les joueurs professionnels ont déserté le ‘cash game’ pour participer à des tournois à l’étranger. Le statut de joueur professionnel n’existe pas. Il faut faire revenir les joueurs professionnels en proposant une offre de jeu attractive et une fiscalité cohérente. », affirmait M. Charles Collin, Vice-président du Club des Clubs de Poker (CDC), en 2015. Le parieur professionnel comme moteur d’un secteur de jeu où l’intelligence et l’expérience s’efforcent de repousser les aléas du hasard pour s’imposer : exactement ma proposition de professionnalisation des turfistes. Le poker en vogue fascine la jeunesse..., le turf ringardisé les rebute. Un clivage si profond est irréversible sans un choc social et culturel significatif. Et en urgences. Les paris sportifs s’installent durablement chez les jeunes, plus solidement que le poker ; les courses leurs servent d’exutoire générationnel, le symbole de la tromperie de retraités embourgeoisés aux dépends des jeunes en voie de paupérisation. Leur attachement atavique pour le cheval s’exprime par le succès constant des clubs équestres auprès des jeunes filles, une féminisation inquiétante pour l’hippisme – les paris fortement masculinisés connaissent un mouvement inverse de désaffection –, comme le sport qui le concurrence sur le marché des jeux. Les conditions imposées par l’Etat pour autoriser l’ouverture des paris en line ont stratifiées et figent pour longtemps les clientèles des jeux. L’immobilisme cocardier est voué à l’échec.

L’absence de professionnels caractérise l’amateurisme. La spécificité du modèle des courses françaises, c’est l’amateurisme..., le seul pays au monde où la professionnalisation des joueurs est interdite de fait. Cette profession n’est pas répertoriée et ne peut donner lieu à une éventuelle obligation administrative ou fiscale. Le système de jeux hippique français est une machine à bâtir des enjeux à finalités fiscales..., les chevaux comme les boules de loteries comme prétextes au fonctionnement d’un système fiscal !

Tout va très bien..., tout va très bien !

Enarques du PMU, baron, comte et marquis des Principautés, l’intra muros et même ses pires filous n’ont rien à craindre de l’avenir ! Sylvain Copier de Paris-Turf ne croyait pas si bien dire en constatant, qu’après tout, il restait encore deux milliards quatre cent millions d’euros..., la fin n’était pas pour demain !  Certes non...

L’Etat ne changera rien au système fiscal des courses hippiques. Si quelques tensions sont intervenues au cours des derniers mois de la présidence de M. Bélinguier à France Galop, si les ministres de tutelle se sont fendus de deux lettres d’injonctions aux présidents des Principautés ordonnant un resserrement drastique des cordons de la bourse, toutes ces simagrées n’étaient que tirage de barbichettes. Sur fond de querelle foncière.

L’an dernier, l’Etat envisageait la fermeture de l’un des hippodromes d’Ile de France, Maisons-Laffitte ou Saint Cloud, dans le cadre de la préparation de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Les hippodromes de prestige des Sociétés mères auraient pu faire l’affaire : Longchamp, en restauration complète serait prêt longtemps avant l’ouverture des Jeux..., Auteuil dispose d’une station de métro et d’accès aisés en bord de périphérique..., Vincennes et son château ;  trois hippodromes installés aux abords des Bois, – où les filles s’offrent aux joies de la passe sur trottoirs –. La mairesse de Paris, Mme Anne Hidalgo, a porté sa préférence pour l’accueil des épreuves équestres des J.O sur le parc du château de Versailles.... Le Sport des rois sur le domaine royal de l’Ancien régime !... Les jacobins  expient encore et toujours les meurtres sanguinaires perpétrés par leurs pères spirituels.

Viendra un temps – plus très éloigné désormais, peut-être l’été prochain –, par un bel après-midi que nul n’avait envisagé, où les paris hippiques se mettront en berne sans que l’on ne comprenne trop pourquoi. Quelques semaines plus tard, l’hippisme aura disparu des occupations quotidiennes de très nombreux joueurs défaillants. Quand ils raconteront la conquête de leur liberté, ils s’en féliciteront avec la même formule qu’ils utilisent aujourd’hui : « – il y a ‘tant’ de mois, ‘tant’ d’années que je n’ai pas repiqué ! »

En attendant, tout va très bien !... L’Etat veille sur le PMU. La filière sera dûment récompensée de ses efforts ! Moyennant quelques arrangements comptables ou financiers ou fiscaux. Pourquoi s’inquiéter ? Tout ira bien. Le baron de Rothschild et son compère en noblesse, le comte de Bellaigue, sauront faire valoir les intérêts des Principautés. Nos propos ne sont que bavardages !

A. Gw

 [@] ‘Epiq3 Séries’................   https://www.defi-epiqe.fr/

[@] Eric Quéré......................   http://eric530701.over-blog.com/

[@] Evalujeu.fr......................   http://evalujeu.fr/

 [@] H. Morin........................   http://hmorin.unblog.fr/

[@] Tourbillon.......................   http://www.cercle-tourbillon.com/

(1)  Paris-Turf,  ‘85 propositions pour les courses françaises’,  supplément au quotidien daté samedi 3 janvier 2015.

 (2) Andrzej Zulawski, ‘Comme un rien’, p 94, Calmann-Lévy 2004.

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