M. Fillon, le favori du baron de Rothschild au Quinté présidentiel...

Les présidentielles sont en vue. Le candidat du parti Les Républicains et quatre ministres socialistes promettent au milieu hippique de revenir au taux réduit de 7 % sur la TVA des propriétaires..., une TVA que les socialistes avaient portée à 20 % en janvier 2015..., alors que M. Fillon a programmé de l’augmenter de deux points sur la consommation !... Aucun ne se soucie du sort des parieurs !

Les hasards de l’actualité font que cette étude sur le déclin du turf français paraisse en plein Pénélopegate. La loi du 12 mai 2010, préparée sous le gouvernement de M. Fillon, s’est attachée à renforcer les monopoles d’Etat afin de contrer l’autorisation des jeux en ligne et l’ouverture des paris à des sites privés. Les péripéties de la campagne présidentielle de M. Fillon et les manœuvres en coulisses de la préparation de cette loi dévoilent une personnalité prévisible et préfigurent les tonalités à attendre de son exercice du pouvoir, s’il était élu.

M. Fillon, le candidat prévisible.

M. Fillon sillonne la campagne comme jamais. Des gens l’accueillent partout, certains l’applaudissent à tout va, d’autres tapent comme des fous sur des culs de casseroles en fer blanc. Ses fans s’énervent  volontiers devant les caméras : « On ira jusqu’au bout !.... » Leur candidat s’enflamme au haut des pupitres : « Je suis un patriote. Trente-six ans sans aucun problème judiciaire. Je suis le porteur d’un projet qui bouscule le système. Plus qu’un adversaire politique, je suis un adversaire idéologique. Le système n’aime la droite que lorsqu’elle marche à l’ombre... » Encore une quinzaine de jours à durer. Le 24 février commencera la remontée des parrainages vers le Conseil d'Etat..., toute idée de putsch au sein de son camp sera vraiment écartée... Si par bonheur il était sélectionné au premier tour de la présidentielle, le 23 avril, face à la poissonnière de Montretout – tous les sondages vont dans ce sens –, les républicains jacobins unifiés, croit-il, l’éliront Président de la République !... Et c’est bien possible..., delà à ce qu'il possède l'électorat du vote 'utile', comme il a possédé son camp, est une autre histoire.

Au moins les français ne seront pas surpris. Sa parole publique ne vaut rien, en regard de ses intérêts personnels !... Impatient d’entendre les conclusions de ses juges, affirmait-il sur TF1 le 26 janvier, qui le verraient alors retirer sa candidature s’il était mis en examen, promettait-il au 20 heures...; le 9 février, ses avocats revendiquaient l’arrêt de l’instruction et lui-même tonnait qu’il irait jusqu’au bout...; le 18 février, l'affaire est entendue : "Je m'en remets désormais au suffrage universel, même si je suis mis en examen, rien ne m'arrêtera".  Sa parole ne vaut rien !

M. Fillon est un homme prévisible et, après tant d’années en politique, cette propension au retournement se reproduira : « A aucun moment et je dois vous dire que je suis contrarié et très en colère contre des accusations qui mettent en cause mon honneur. Pendant trente ans de vie politique, je n’ai jamais été associé à la moindre affaire. Ce n’est pas un hasard. C’est simplement parce que j’ai des valeurs, j’ai des principes et je me suis toujours tenu à l’écart de ceux qui agissaient de cette manière. Pendant les cinq ans où j’ai été premier ministre, avez-vous entendu dire que j’ai fait pression sur la justice ? Jamais. Parce que d’abord c’est contraire à mes principes et qu’ensuite c’est une insulte à mon intelligence de m’accuser de l’avoir fait parce que je sais qu’aujourd’hui la Justice ne fonctionne pas comme ça... De la part de journalistes du Monde, je pourrais croire à une manipulation... Ça veut dire que nous avons affaire à un scandale d’Etat, ça veut dire qu’on a au sommet de l’Etat des personnes qui cherchent à déstabiliser un responsable de l’opposition... Je ne vais pas me laisser faire et répondre coup pour coup. » Cette intervention de M. Fillon au 20 heures sur TF1, le 8 novembre 2014 en pleine affaire Fillon/Jouyet, est le décalque parfait de ses propos sur la même chaîne, le 26 janvier 2017. Colère, honneur, valeurs, principes, manipulation, affaire d’Etat..., les mots sont toujours les mêmes. Et la menace en conclusion..., tout le monde y songe au retour de bâton si, par mégarde de l’électorat, le candidat se retrouvait bientôt Président.

Le petit monde des courses hippiques est un modèle réduit du microcosme jacobin. Dans ce monde là, les entourloupes sont la règle... M. Fillon est le grand favori tout désigné du banc et de l’arrière banc des hippodromes !... Tous ont en mémoire sa fameuse loi du 12 mai 2010 : une loi d’ouverture aux sites privés des jeux en ligne qui s’est avérée un formidable cul-de-sac.

M. Fillon avait signé cette loi en tant que premier ministre et, avec lui, l’avaient également signée : Mme Roselyne Bachelot septuagénaire maintenant recyclée en chroniqueuse sur D8 , MM. Brice Hortefeux, François Baroin et Bruno Le Maire, ses ministres, tout trois omniprésents sur sa campagne..., M. Eric Woerth était aussi à la manœuvre sur ce dossier très épineux des courses hippiques ; impliqué dans une sombre affaire de négociation d’une cession de terrains forestiers et de l’hippodrome de Compiègne, en 2010, M. Woerth est un familier des Principautés.

Le milieu des courses se souvient encore de la grande maestria conspiratrice de M. Fillon, à cette époque où les dirigeants des Sociétés mères et du PMU se désespéraient des injonctions européennes et de la concurrence tant redoutée...Une telle habileté les rassure. Sa loi de 2010 est une loi hyper monopoliste d’Etat... Qui subjugue encore l’Europe entière !... Même la poissonnière de Montretout n’en reviendrait pas !!... Cinq ans plus tard, les applications de ce texte si bien boutiqué perpétuent et amplifient très efficacement les effets de la fiscalisation et de la spoliation des joueurs. Mais la situation des courses hippiques est catastrophique. La loi de M. Fillon en est la cause. Parce qu’il fallait tout réformer, quand il en était encore temps. Parce qu’il fallait sentir l’air du temps. Mais plus de trente ans de vie politique est un réel handicap. Les habitudes s’incrustent, les raisonnements tournent en rond, la nécessité absolue s’impose de satisfaire de multiples intérêts, et la tentation est forte de reproduire demain les pratiques de si longues années de manœuvres et de magouilles. Les effets de sa loi de 2010 sur les courses sont éloquents à ce sujet.

1er janvier 2016, augmentation de l’hippotaxe sur les courses.

L’omerta et la dissimulation sont la règle d’or des Sociétés mères des courses hippiques et de leur PMU. Des Sociétés folkloriques dirigées comme des Principautés de l’Ancien Régime sous le règne du baron de Rothschild au galop et du comte de Bellaigue au trot, assistés de deux Trésoriers de Bercy, deux énarques venus au PMU, MM. Hürstel et Renaudy-Bernard. Des personnalités très discrètes derrière les publicités tapageuses qui matraquent et manipulent le grand public. Des agents d’Etat encore plus discrets lorsqu’il s’agit des informations financières sur les activités hippiques.

Qui se soucie des communiqués de presse sur les résultats financiers annuels du PMU ?..., les ‘journalistes’ hippiques et les sites sur le web en font à peine état. Toujours publiés début janvier, leurs titres s’allongent ces dernières années et leur pagination s’accroît  à mesure des difficultés et du déclin des courses {quatre pour l'exercice 2016, trois/2015, deux/2014, une/2013}.

L’accroche du communiqué de janvier 2013 était encore dans le ton des titres auto satisfaits depuis deux décennies : ‘Le PMU maintient sa dynamique de croissance et dépasse ses objectifs de 2012’... ; les intertitres du recto-verso sont à lire en filigrane : ‘15ème année consécutive de croissance des paris hippiques’, c’est l’allégeance de M. Germond qui honore et flatte les mandatures passées de M. Bélinguier, président du PMU dès 1997, tout juste élu en décembre 2011 à la tête de France Galop, à la place de M. le baron de Rothschild ; ... ‘Très fort développement de l’activité internationale’, c’est l’orientation du plan Germond/Athos Origin lancé en 2011, que nous détaillerons plus loin ; ...‘PMU.fr renforce sa place de 1er site de pari en ligne’, c'est le cocorico de rigueur après les premiers effets du traitement ‘à la française’ de la loi du 12 mai 2010 d’ouverture des jeux en ligne ; ...‘Le PMU génère des revenus pour la collectivité et finance la filière hippique’, c'est le mot d’ordre central du conditionnement de masse des Principautés à destination des journalistes généralistes, hors de l’intra muros, et des relais d’opinion, comme les maires de communes avec un hippodrome....

Ces communiqués sont de la propagande..., des exposés stéréotypés où l’on souligne les points positifs, où l’on écarte ceux qui dérangent. Les arguments sont soigneusement ciblés... L’essentiel est omis ; pas un seul commentaire sur la baisse importante des enjeux du réseau des Bars-tabac-PMU (- 2 %), pourtant le premier signe du déclin.

Cette année, le 7 janvier 2017, les quatre pages du communiqué sont très longues : ‘Résistance de l’activité du PMU en 2016. Accélération stratégique et transformation de l’entreprise vont permettre de renouer avec une croissance durable’..., cette chute est comme une imploration aux dieux : « Permettez-nous de renouer avec une croissance durable ! » Un long laïus alambiqué qui délaye ‘l’accélération stratégique et la transformation de l’entreprise‘ d’un PMU en ‘résistance’ et se termine sur un court chapitre d’analyse et un tableau de synthèse des résultats 2016 calamiteux... L’inventaire des points saillants de l’année, toujours aussi auto satisfait, est longuement développé..., plein de pépites savoureuses d’anglicismes, toujours à l’avantage des avancées de la digitalisation numérique si chère à l’Archange pure player du PMU, M. Hürstel, l’énarque président. Encore une fois l’essentiel est passé sous silence. Les prévisions stratégiques du Plan PMU-2020 se révèlent à nouveau tout à fait fantaisistes. Et la débauche de moyens techniques et publicitaires en cours de développement va à contre courant des résultats catastrophiques sur les paris hippiques, et à contre-courant du constat réaliste qui devrait s'imposer. Les dirigeants confient le destin des courses aux adaptations technologiques de la prise de paris, à la restauration des Bars-tabac et de l’hippodrome de Longchamp, qui les occupent à fond le nez dans le guidon, et ils tablent sur un hypothétique redressement de la situation économique pour s’en sortir, du marasme. S’activer et attendre, tourner en rond dans le cadre étriqué de la régulation des jeux à la française, rédiger rapport sur rapport, communiqué après communiqué, s’étourdir d’une réunion dans une autre. Un carcan, une camisole qui va les étouffer.

M. Fillon est un adepte de la centralisation jacobine. Et partisan du bon usage d’un texte, en commission ou en débat parlementaire, pour intégrer subrepticement des modifications importantes au nez et à la barbe des élus. La loi Fillon 2010 est un modèle du genre. Peu d’observateurs ont relevé l’ajout fondamental qu’elle apporte, en son article 65, à la loi fondatrice de 1891 qui autorisait les courses hippiques : aucune information préalable n’avait filtrée, la presse et les sites hippiques ignoreront tout du projet d’élargissement de la mission et des prérogatives des Sociétés mères..., et il y a fort à parier que de très nombreux ‘journalistes’ hippiques l’ignorent encore actuellement.

L’article 2 de la loi de 1891 conditionnait expressément l’autorisation des sociétés courses et du pari mutuel ‘à l’amélioration de la race chevaline’. L’article 65 de 2010 confie cette mission aux Sociétés mères parisiennes, place les sociétés provinciales sous leur dépendance, et élargit leur mission jusqu’au développement rural !... : « l’amélioration de l’espèce équine et de promotion de l’élevage, à la formation dans la formation des courses et de l’élevage chevalin ainsi qu’au développement rural. »

Le flux financier direct, nécessaire au financement de cette mission en faveur du cheval, est de cinq cent cinquante millions d’euros l’an (550 M€). Or, bon an mal an les apports monétaires des parieurs sont de deux milliards quatre cents millions d’euros (2  444 M€ en 2016). Comment peut-on s’expliquer que ce circuit financier soit déficitaire et en déclin ?... Les ressources collectées sont près de cinq fois supérieures aux besoins ?... L’argent va ailleurs !

Le système de paris hippiques est un système fiscal déguisé. Plus d'un milliard va à l'Etat !... Qui précipite délibérément la déliquescence des courses. La doxa du pouvoir jacobin s’appuie depuis soixante-dix ans sur l’argument fallacieux d’une protection indispensable des joueurs pour leur interdire tout espoir de gains, après une série de paris, en prélevant des taux de commissions pénalisants, l’hippotaxe. L’impossibilité de gagner serait le meilleur moyen, prétendent-ils, pour contrarier les effets néfastes de l’accoutumance. Une contre vérité bien connue des parieurs. A force de perdre, tout individu normal tente de ‘se refaire’ jusqu’au moment où il se décide à abandonner. Mais aux courses, ‘demain est un autre jour’, les pertes du jour s’oublient le lendemain..., les pertes sont un échec à négliger au plus vite, l’espoir d’une rédemption exalte le moral ; finalement, renoncer serait une défaite difficile à admettre et encore plus de s’en remettre.

Les mises des parieurs sont mathématiquement vouées aux pertes, quelque soit la formule de jeu. L’ARJEL l’affiche très discrètement sur son site http://www.evalujeu.fr/pages/joueur_perdre.html. Ces pertes programmées ‘légalement’ constituent une spoliation non dite des parieurs, qui n'en savent rien ; leurs mises sont dépouillées à leur insu par un abus de pouvoir. Qui s’est encore aggravée d’un cran l’an dernier où, comme pour n’importe quelle augmentation du prix des services publics au 1er janvier, l’hippotaxe a été augmentée en catimini de 0.6 point. Une mesure moins anodine qu’il n’y paraît !... Les dirigeants craignaient tant une réaction de dépit des parieurs, que ce n’est qu’à la mi-février qu'ils transmirent l’information au public, après le meeting de Vincennes, après l’événement hivernal du turf... Car si les marionnettistes de l’intra muros sont très habiles à la manipulation, les joueurs en sont de moins en moins dupes. Le back-office et les services marketing des Principautés n’ont à l’évidence pas saisi l’ampleur des mutations sociologiques de la révolution numérique ; l’éducation des jeunes générations – bacheliers à plus de 90 % –, leur aptitude à exploiter les applications sur I phone, la rapidité de circulation des informations, la multiplication des occasions de se divertir ont rencardé les courses et les paris hippiques aux calendes grecques chez les moins de trente ans. La pyramide des âges de la clientèle du PMU ne se renouvelle plus. Le déclin s’accélère : le 29 janvier 2017, les enjeux sur la réunion du Prix d’Amérique ont chuté de 12 %..., les efforts publicitaires et de promotion ont été si considérables que le staff du PMU s’est cru obligé de se justifier d’un communiqué : le ‘Championnat du monde des trotteurs’ aurait subi la concurrence des paris sportifs sur la Finale de l’Open d’Australie et celle du Mondial de handball gagnée par l’équipe de France à Bercy..., l’argument confirme tout simplement le désintérêt croissant des joueurs pour l’hippisme... Leur aveuglement noir sur blanc !

Deux milliards quatre centre millions d’euros de commissions ont été soustraits aux parieurs en 2016 (2 444 M€). La somme est considérable et comparable aux budgets des aides personnalisées au logement (APL / 2 681 M€ en 2013) de la Caisse d’Allocation familiale ou du revenu de solidarité active (RSA / 2 066 M€ en 2013)..., c’est dire !... L’augmentation arbitraire de 0.6 point d'hippotaxe, au 1er janvier 2016, est scandaleuse..., d’autant qu’elle a intégralement financé le supplément de trente millions d’euros (30 M€) de bénéfice du PMU  qui s’établissait à 2 414 M€ en fin d’année 2015 !. Le forfait est signé !... Cette croissance arbitraire du taux de prélèvement en pleine chute des enjeux est tout simplement débile : les joueurs adhérent librement au dispositif..., et le quittent tout aussi librement, le jour où ils prennent conscience du subterfuge. Cette amélioration factice, des résultats financiers de l’opérateur public, a encouragé la baisse des enjeux en chute de trois cent quatre vingt quatre millions d’euros (- 384 M€) dans les Bars-tabac et sur PMU.fr en 2016... L’absurdité d’une telle décision à courte vue est confondante. Faut-il vraiment sortir des Grandes écoles, s’il suffit de connaître la règle de trois pour diriger le PMU ? L’effondrement constant des enjeux confirme le désintérêt croissant de joueurs aguerris, qui s’en vont les uns après les autres sans discontinuer depuis 2011/2012..., de plus en plus rapidement désormais !... – la dissimulation de cette baisse des enjeux sur le réseau de Bars-tabac est systématique dans les communiqués du PMU depuis 2012, nous l’avons vu en commentant plus haut celui de janvier 2013 –... Le déclin du turf est bien là..., un déclin imparable..., par cécité, par manque de discernement, par obstination, par conformisme..., d'autorité et pas autrement !

L’impossible renversement de tendance du déclin du turf.

La politique des jeux de hasard et d’argent est étroitement dépendante de l’idéologie étatique. La République autoritaire est à bout de souffle. Elle est profondément corrompue, elle est irréformable, elle est rejetée de tous en conscience..., même si les faux-semblants s’imposent partout, même si la corruption aliène un grand nombre de gens, même si l’intérêt individuel bien compris prévaut sur la collectivité... Des soumissions 'd‘utilité’, voilà tout !... Toute réforme du régime est illusoire. Serait-elle possible, qu’elle serait sans doute accidentelle et reste imprévisible ?!... Près de soixante-dix ans de technocratie administrative tatillonne et centraliste ont fini par lasser : s’en est fini de la confiance!... Omerta des élites, corruption des institutions, désinformation et conditionnement de masse, ..., le mal est profond, secret, enraciné, définitif et irrécupérable. Le microcosme honni devra s’effacer. Il va bien falloir en finir un jour. Bientôt. C’est certain.

La source du déclin des courses est aussi dans cette désespérance là ! La technocratie des Principautés du turf est au service exclusif des fiscalistes de Bercy, les seuls maîtres du jeu en coulisses. L’intra muros use de toutes les méthodes de manipulation de masse avec la compréhension entendue et active des agents de l’Etat. La plupart des turfistes ignorent l’arrière boutique du système de jeu mais s'en doutent..., toujours perdants, ils se déconsidèrent eux-mêmes..., enfin avisés, ils s'éloignent en maugréant, se promettent qu'on ne les y prendra plus..., rares sont ceux qui se révoltent..., mais les effets sont désastreux. L’intra muros est sous omerta, tous plus ou moins sous contrainte professionnelle, tous subissent en silence la désinformation orchestrée au haut de l’appareil de coercition des ‘institutions’ des courses..., quelques-uns se rebiffent mais en vain. Les discoureurs, qui font la Une des journaux et des sites hippiques, ignorent les subtiles corrélations entre la spoliation des joueurs et les innombrables décrets, arrêtés, directives discrètes qu’ils relaient béatement. Ils connaissent leurs insuffisances. Ou manquent de courage. Leur ignorance les rend impuissants. Quelques-uns se réfugient dans la critique. Sur l'accessoire. Totalement inefficaces à promouvoir une quelconque réforme et même le moindre changement conséquent, un sentiment d'infériorité intériorisé les tétanise. Le nœud gordien des énarques de Bercy, du PMU et de l’ARJEL les étrangle, mais ils se refusent à couper la corde. L’angoisse du lendemain suscite leur soumission. La peur existentielle et la crainte de disparaître socialement.

La découverte ou l’ignorance. L’enjeu est là. Se battre et patienter et résister. La gravité de la responsabilité des dirigeants des Principautés est à la hauteur de leurs silences et de leurs rétentions des informations essentielles sur le turf, que chaque citoyen serait en droit de disposer en démocratie. Si Le Trot affiche un minimum syndical accessible au grand public même bien plus si nécessaire en y mettant du sien et du temps . France Galop est particulièrement condamnable. Une mentalité détestable, ces gens là..., même leur bulletin officiel est réservé à l’intra muros des ‘journalistes’ et des professionnels. Aussi confidentiel, le Galop, que le secret du monde des finances : M. le baron de la Principauté n’est pas Grand méchant mou pour rien..., fils de banquier, c’est un Rothschild !... Qui apprécie tout particulièrement la candidature de M. Fillon, notez bien ! Fort heureusement un site s’émancipe à l’écart sur le web. Quelques soient les orientations du Cercle Tourbillon – la pauvreté des commentaires de ses lecteurs n’échappe pas aux carences habituelles des réseaux sociaux –, ses publications fuitées d’informations réservées du Galop, on ne sait trop comment d'ailleurs, comblent efficacement les manquements condamnables de la Principauté. Par n’importe quels moyens, après tout on s’en fiche..., envers et contre tout, surtout qu’ils persistent ! http://www.cercle-tourbillon.com/?cat=4.

La découverte ou l’ignorance : l’omerta et la désinformation provoquent délibérément la soumission et l’impuissance et le mutisme... ; l’abaissement de personnalités honorables, qui souhaiteraient sans doute s’exprimer de bonne foi, est pathétique..., des ‘journalistes’ hippiques, qui préfèreraient être en accord avec leur Charte professionnelle..., des dirigeants peut-être et même des salariés ‘institutionnels’ sans doute. L’embrigadement forcé des consciences est préjudiciable à l’avenir des courses. Au final, le monde hippique est une caricature grimaçante du régime.

Ce ne sont pas les candidats en lice pour les élections présidentielles d’avril prochain, qui vont ‘inverser la tendance’ au déclin du système de jeux. Les biens pensants l’enferrent de plus en plus et enferrent les volontés et enferrent les énergies créatrices. L’intérêt des gens se concentre sur le ‘vivre ensemble’ petit-bourgeois à se satisfaire en priorité. Aucun espoir de changement dans ce contexte. Et les soubresauts d’une République qui se meurt ne sont propices à rien, ni aux remises en cause ni à l’invention ni à l’innovation. Les critiques des candidats à la présidentielle restent factuelles, sans se risquer ni aux projets ni aux réformes essentielles..., des écrits à mentir et des paroles tout pareil. Nous le savons pourtant, ce sont les analyses et les raisonnements, à mesure des errements constatés à répétition et sans retenue sous nos yeux, qui éclaireraient les prises de décisions pour le futur. Les discours enflammés des tribuns jacobins, leurs promesses, leurs mensonges, leurs trahisons, leurs abjections certes, tellement grotesques, dessillent les consciences de nos concitoyens, mais n’apportent rien. Le microcosme politique verrouille le dispositif électoral ; la haute administration tient sous camisole les pouvoirs exécutifs. Tous figés, le taux de croissance économique est leur viatique et la préservation de leurs privilèges et de leur bien-être, leur seul mobile avéré et certain. Aux dépends de la population, du plus grand nombre, des plus pauvres surtout. Les turfistes en font partie, une population sensible à surveiller. Sans jamais en parler. Car les leaders de pacotille d’en haut évitent soigneusement tous les sujets qui fâchent : le sort des handicapés, des prisonniers, des prostituées, des clochards et j'en passe :  tous les damnés de la malchance !... Ce n’est pas vendeur !...

On laisse la police et les bénévoles s’en occuper – six mille sur les hippodromes..., contre quelques avantages perso à la clef ! –. Jamais leurs discours politiques ne traitent des pouvoirs régaliens ni de la démocratie ; pas plus de la politique étrangère, de la défense et de la guerre et de la paix, jamais de l’accueil des réfugiés ou des immigrés ; ignoré également le sort des minorités nationales ou des populations itinérantes ou des DOM-TOM ; la politique d’aménagement du territoire est escamotée, rien sur les  beaux quartiers et les ghettos des métropoles et les zones rurales, rien sur la sécurité routière et ferroviaire... Le ‘vivre ensemble’, tu parles !! Motus et bouches cousues !... Alors, la politique des jeux d’argent et de hasard..., les courses hippiques évidemment..., tout le monde s’en fout !

Les programmes de propositions des candidats ne sont que des promesses, voilà tout ce qu’ils donnent à entendre. Mystification, dérobade et insuffisance, les maîtres mots en démocrature !... Des propos si rabâchés, si connus, leurs discours ; jusqu’à l’écœurement..., on ne les entend même plus !... Par coeur, on connaît les réponses aux questions des journalistes qui les interrogent..., on les marmonne mentalement avant les candidats, les mots creux..., on connaît nos leçons. Ce sont leurs mimiques et leurs chamailles et leurs carambouilles qui passionnent... Le jeu de massacre, on en redemande !... Le candidat ‘en marche’ ne dit pas autre chose, lui qui se pense le plus beau et le plus malin, lui qui s’illumine sous les bravos et prétend soudain d’une envolée orgasmique, tout essoufflé à la gloire de son égo, qu’il sera élu sur sa bonne bouille, qu'un programme ça sert à rien..., il le brame, tête redressée le nez dans les étoiles !... Et si certains évoquent une nouvelle République, les référendums populaires, la participation citoyenne, le peuple ‘en marche’..., c’est comme le vote des étrangers aux communales..., la plus ancienne billevesée en jacobinie..., un serpent de mer sorti de la mare aux canards..., un monstre du Loch Ness en résurgence permanente tout juste bon à effrayer les enfants. Même la fameuse VIème République, l’idée nouvelle, la rupture radicale, le changement sans retour..., eh bien, la VIème !..., la République du renouveau, figurez-vous..., mais la gauche socialiste la promettait déjà..., dès 1992 !... Vérifiez !...

M. Fillon, le grand favori du milieu hippique aux présidentielles.

Le candidat du parti Les Républicains connaît le monde des courses. M. Fillon est un apparatchik politique : assistant parlementaire doté d’une maîtrise de droit public de l’Université du Maine ... département de la Sarthe , élu plus jeune député à 27 ans, secrétaire d’Etat puis ministre à répétition... ; surtout..., et l’intra muros des Principautés s’en délecte dans son coin !..., mais surtout, l'’élu jacobin a cumulé tout ses mandats d’élu avec la présidence...,  de la Société des courses de Sablé-sur-Sarthe où l’on court indifféremment, cinq réunions par an, au trot comme au galop . Désormais Président d’honneur de ce petit hippodrome champêtre, s’il était un jour élu Président de la République force est de croire dans le milieu,  qu’il s’intéresserait tout autant aux courses que lorsqu’il était premier ministre de M. Sarkozy. M. le baron de Rothschild le sait d’autant mieux qu’il était lui-même à la manœuvre à cette époque, lors de l’ouverture tronquée du marché des jeux en ligne des paris hippiques en 2010.

Le candidat de ‘la droite et du centre’ ne s’est pas attardé sur les courses pendant sa campagne électorale. Tabou, l'hippisme. Et les Principautés lui sont acquises. L’austère postulant s’est exécuté en deux temps trois mouvements..., comme ça, en passant !..., juste une réponse à la question d’un ‘journaliste’ hippique du Parisien : « Je suis pour changer la TVA et la rabaisser à 7 % »... Le quotidien illustre sa brève d’une photo où on le voit, déjà premier ministre, récompenser les vainqueurs de l’Arc de Triomphe en octobre 2007... Alors pourquoi ne pas enjamber prestement la consultation électorale ?..., « Pourquoi pas espérer la présence d’un Président de la République dans les tribunes d’un hippodrome ? »

La promesse d’une réduction de taxe et le miracle d’une apparition sur un hippodrome sont bien peu de choses... Là-dessus pourtant les édiles des Principautés, presque tous les intra muros se sont déchaînés à qui mieux mieux sur la toile. Le Grand méchant mou baron de Rothschild s’est affiché d’un tweet rassurant : « François Fillon connaît bien la problématique des courses en France. S'il est élu nous aurons un interlocuteur rigoureux et compétent ». Le premier ministre M. Fillon a signé la loi sur les jeux en ligne de 2010. En juin 2011, un an après la promulgation et les décrets d'application, il avait adressé une lettre de mission à M. Daniel Augereau les deux hommes sont d’authentiques amis’..., c’est Jour de Galop qui l’écrit, alors !...: « Le décret du 5 mai 1997 relatif aux sociétés de courses de chevaux et au pari mutuel doit-être modifié pour tirer les conséquences de la loi du 12 mai 2010 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation des jeux d’argent et de hasard en ligne..., une mission afin de déterminer les adaptations qui se révéleraient nécessaires... A cette occasion, une réflexion sur l’organisation de l’institution des courses doit être menée... Vous analyserez également la pertinence du statut associatif des sociétés de courses. »... L’analyse documentée de M. Augereau sera publiée en janvier 2012. Ses conclusions préconisaient une réforme structurelle de la gouvernance des Sociétés mères,  la fusion des Principautés et la désignation d’un potentat qui ne pouvait échapper au Galop, aux dépends du Trot..., France Galop, l’Arc et le Diane, chapeaux hauts de forme et robes légères à épaules dénudées..., le Galop jouit depuis toujours des faveurs du pouvoir. Les préconisations de M. Augereau insistaient aussi sur l’indispensable rentabilisation du dispositif par une réduction drastique des charges d’exploitation..., quelques tailles dans les effectifs pléthoriques d’assimilés fonctionnaires protégés. Au grand dam du comte deus ex machina de Bellaigue qui se sentait visé. L’héritier des Haras nationaux est très attaché à l’indépendance de ses manants du trot normand et très peu disposé à se soumettre à la toute puissance aristocratique et bourgeoise de la baronnie.

Les élections aux conseils d’administration des Sociétés mères intervenaient fin 2011. L’intra muros se mobilisa. En 2009, M. Bertrand Bélinguier avait cédé la présidence du PMU, qu’il tenait depuis deux décennies, à un certain M. Philippe Germond, centralien et spécialiste des intégrations informatiques. La campagne insista sur le caractère dilettante du Grand méchant mou baron à la présidence de France Galop. Ses deux mandats, de 2004 à 2011, se concluaient pourtant sur un bilan de décisions audacieuses et contestées mais signées avec panache... : la réforme du programme classique des chevaux de 3 ans et le raccourcissement controversé à 2000 mètres de la distance du Prix du Jockey Club..., des événements majeurs de l’histoire des courses qui seront maintenus par ses successeurs. A mi-décembre, l’élection de M. Bélinguier écartait le baron de Rothschild de la présidence. Fidèle à ses priorités depuis toujours, dès son retour le nouvel élu activa la stratégie du ‘recyclage’ des gains des paris et les incitations effrénées à jouer et à rejouer. Cette tactique se traduira par une augmentation considérable des courses premium et donc par une multiplication des allocations distribuées... (7 714 courses en 2009, 16 428 en 2014) ; cependant l’augmentation du nombre d’occasions de jouer et le nombre de joueurs régressant continuellement éparpillaient les enjeux alors que leurs masses diminuaient sur chaque course, rabaissant mécaniquement la cote des favoris servie aux parieurs gagnants. Une spirale suicidaire. Le nombre de courses en augmentation constante finançait en conséquence un nombre de prix distribués, lui-même en croissance exponentielle, et orientait vers les propriétaires les cent millions d’euros annuels (100 M€) de remise des prélèvements que l’Etat avait accordé pour accompagner les effets de la mise en ligne des paris... Et la formule de calcul légalisée par décret reproduit l’avantage année après année. Une gabegie dénoncée par la Cour des comptes dans un rapport du 19 octobre 2016 : « Le total des prélèvements de l’Etat sur le produit brut des paris hippiques est passé de..., 42.2 % en 2010 à 39,5 % en 2011... La part revenant aux Sociétés mères est passé de 731 M€ en 2009..., à 876 M€ en 2011. Cet allègement aurait pu permettre à la filière hippique d’investir pour faire face aux nouvelles conditions du marché, ce qui n’a pas été constaté. »

Adonc, un qui jubile aujourd’hui de la candidature de M. Fillon, c’est le baron de Rothschild. Un second puis un troisième tweet à la suite complètent utilement les cent-trente-quatre caractères du premier : « Daniel Augereau a préparé à la demande de F Fillon le rapport Augereau sur le dépoussiérage de l'Institution des Courses... »..., ça ramène ostensiblement la mémoire vers la case départ de son éviction du Galop en 2011 ; « Rapport Augereau. J'ai nommé Daniel Augereau Vice Président de France Galop et au Conseil d'administration du PMU. »..., l’amorce « Rapport Augereau » replace le curseur juste avant l’interlude de cinq ans et nous ramène d’un coup au présent, « J'ai nommé Daniel Augereau » ... : M. Augereau, l’homme lige de M. Fillon est dans la place ; le comte du Trot en vassal du baron, c’est pour demain !

M. Fillon, le concepteur d’une usine à gaz !

A l’été 2007, à peine installé, le gouvernement de M. Fillon recevait un ‘avis motivéde la Commission Européenne afin de libéraliser le marché des jeux de hasard et d’argent sur le web. La Française des jeux et le Pari mutuel urbain disposaient déjà de sites de paris dédiés qu’ils exploitaient sans attirer l’attention..., ces sites sous monopole autorisé interdisaient de fait les activités des sites de paris qui opéraient depuis l’étranger. Des sites ‘clandestins’ où les parieurs français échappaient à l’hippotaxe et pouvaient jouer à cote fixe. Bercy avait exigé des établissements bancaires, le rejet de leurs transactions financières avec les ‘clandestins’. L’injonction de la Commission Européenne venait après de multiples sollicitations restées sans suites sous la présidence de M. Chirac. La fin des monopoles était vécue, et l'est encore, comme une menace insurmontable, une impuissance à endiguer les sites étrangers rodés à la concurrence internationale.

Une vraie réforme aurait dû intégrer les Principautés dans une Fédération hippique du ministère du sport. Les paris sportifs sont des activités récentes, le PMU aurait dû pouvoir les proposer sur son réseau en 'dur'. Mais le réseau plus dense des points de vente de loterie de la Française des jeux a été jugé le mieux adapté à la clientèle des supporters du football, le sport le plus populaire. Le poker était assez peu fréquenté en France et s’apparente aux jeux de cartes des casinos, qui auraient dû les exploiter en exclusivité ; les joueurs professionnels, déjà aguerris sur les tables étrangères, susciteront un phénomène de mode pendant quelques mois, qui s’estompera vite lorsqu’ils mesureront les effets de la fiscalisation des gains. Comme pour la loterie, la pratique des paris hippiques est ancienne en France mais sa rentabilité fiscale est bien moindre : les coûts d’organisation des courses et l’entretien du cheptel pèsent considérablement sur ses résultats financiers. Les paris hippiques finançaient totalement la filière hippique et ses trente mille bénéficiaires directs ou indirects. L’hippisme était le maillon faible à protéger de la régulation des jeux. La révolution numérique était une opportunité..., une possible renaissance des courses sportives..., une sortie de l'intra muros des profiteurs et des tricheurs et des médiocres.

L’orientation libérale de la législation communautaire et l’évolution rapide des technologies du numérique l’iPod nano date de février 2006 – commandaient une mise en conformité avec les règles de concurrence des monopoles d’Etat sur les jeux français. Loin d’être un modèle pour nos voisins européens, les systèmes de la Française des jeux (FdJ) et du PMU étaient sur la sellette. Cependant, tout était négociable à Bruxelles. La législation internationale sur les jeux est sujette à de multiples variations. Les études scientifiques étaient encore récentes – les premières au Canada dans la décennie 90 –. Dans un rapport d’expertise collective en 2006, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) en recensait au moins deux cents produites à l’étranger mais aucune en France. J’y reviendrai plus tard. Les français avaient là une belle occasion de faire prévaloir une réflexion innovante et un système rénové propice aux évolutions de la numérisation. Pourquoi ne pas ouvrir l’ensemble du dispositif à la concurrence ?... Créer une filière de formation, une université des jeux de hasard et d’argent comme à Malte ?... Mais non !... La société britannique de paris Stanley a été déboutée de sa demande d’ouvrir des boutiques en France et le Conseil d’Etat a confirmé cette interdiction ; le groupe autrichien Bwin s’est vu refuser de proposer des jeux de hasard en ligne... Un cercle non-dit d’interdits circonscrit les autorisations.

Le premier ministre, M. Fillon, avait dépêché à Bruxelles, M. Eric Woerth, ministre du budget en charge de préparer la loi, et M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes...  M. Jouyet, l’ami de Moi Président, son porte parole à l’Elysée !...

Trois ans de manœuvres en coulisses débouchèrent sur la loi du 12 mai 2010. L’esprit de la loi est lourdement sécuritaire et alarmiste, anxiogène à l’excès : lutte contre les sites illégaux, lutte contre le blanchiment d’argent, lutte contre les tricheries des compétitions, prévention des assuétudes et des populations fragiles..., la doxa de l’énarchie jacobine propre à abuser nos voisins européens – qui ne sont pas dupes –, et les parieurs français qui n’en savent rien. Prévalait avant tout, le souci de préserver à tout crin la machine à bâtir des enjeux du comte deus ex machina de Bellaigue, la machine à prélever l’impôt. Chaque thème de la loi a été méticuleusement échelonné tout au long de ses quinze chapitres. Et l’essentiel est bien logé au cœur de l’édifice juridique..., les chapitres X et XI, vingt-deux des soixante-neuf articles, la moitié de la pagination..., concerne la création d’une Autorité de Régulation des jeux en ligne (ARJEL) – l’œil de Bercy ! – et délimite les ‘dispositions fiscales– Bercy ! –..., l’obsession inquisitrice et prévaricatrice et indicible : l’administration fiscale veillait aux grains !!

L'esprit de cette loi est en priorité absolue un filet de protection des monopoles. Sans trop en parler ouvertement surtout. L’accent est mis sur la protection des joueurs français... Sans pudeur : un peuple de gens idiots, pusillanimes et irresponsables..., des gueules à jacter et des panses à apaiser..., des cons faciles à berner. Sous prétexte de les protéger, le taux de retour joueurs (TRJ) a été autoritairement plafonné à 85 % pour tous les opérateurs sur internet – discrétion oblige, ce TRJ de 85 % cache le taux des commissions de 15 % minimal sur les mises...–. Ce TRJ est au cœur du dispositif fiscal. Et les autorisations jacobines masquent aussi bien des interdits. Très subtilement toujours – je vous le donne en son entier, question d’illustrer la façon, l’article 6 de la loi, un modèle d’anthologie des dissimulations technocratiques : « Ne peuvent être proposés au public les paris sportifs à la cote dans lesquels le montant maximal  de la perte potentielle est, hors application des prélèvements et des déductions prévus ou autorisés par la loi, supérieur au montant de la mise ? » Vous voilà bien dubitatif... Quèsaco ?... L’interdiction du ‘Spread betting’ et du ‘Betting exchange’... Des anglicismes impubliables dans une loi française..., l’écriture langue de bois des formules de jeux spéculatives, injouables par l’ignare parieur français, puisqu’il pourrait choisir entre la place du joueur ou celle du bookmaker et l’emporter, ou perdre à lui seul, la totalité des mises des autres parieurs..., c’est-à-dire enfreindre le sacrosaint pari mutuel fiscalisé. Une loi de République des interdits : les jeux à cote fixe.., le ‘live betting’ (au cours de la compétition)..., le pari à handicap..., tout est interdit.

Poursuivant cette lecture fastidieuse, bien décidé à tout explorer jusqu’au mot dernier du dernier paragraphe de l’article 69... Justement l’article 69 !..., tout l’esprit de la loi Fillon, l’article 69... C’est la clause de ‘revoyure’ avec les sociétés privées prêtes à investir sur des sites de jeux, une ‘revoyure’ dix-huit mois après la promulgation, grosso modo courant octobre 2011. Nada !... Coitus interruptus, le 69... A l’automne 2011, le Gouvernement produisit un rapport en temps et en heure et le Comité consultatif des jeux, l’ARJEL, l’Assemblée, le Sénat en firent autant et décidèrent d’apporter les modifications règlementaires demandées par M. Fillon. Les sociétés privés ne furent jamais invitées à la ‘revoyure’. Fin 2015, leurs bilans cumulés enregistraient une perte globale de près d’un demi-milliard d’euros (497 M€) après cinq ans d’activité ! Une observation finale mérite le détour : en juin 2011, M. Fillon adressait une lettre de mission à M. Augereau  qui lui remettra son rapport en janvier 2012. Un mouvement de chaises musicales aux Principautés méritaient plus d’attention qu’une charge de Reichshoffen des opérateurs privés en ‘revoyure’ face aux PMU privilégié !

Concomitamment à la publication de la loi le 12 mai, le même jour paraissait le décret d’application ‘relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’ARJEL’, l’Autorité administrative indépendante d’Etat chargée de contrôler les opérateurs sur le marché des jeux. Après ce décret,  ça traîne les pieds..., près d’un an pour publier, le 11 mars 2011, le décret ‘relatif au Comité Consultatif des jeux’  si approprié au pantouflage et aux emplois protégés...,et à la file, l’architecture d’un nouveau prototype d’usine à gaz à la française..., un Observatoire des jeux..., deux commissions consultatives spécialisées directement rattachées à Bercy, deux cabinets noirs produisant des notes blanches sans aucune information externe ..., l’une pour les jeux de Cercles et de Casinos (CCJCC) ; l’autre pour les paris et jeux sous ‘droits exclusifs’ (COJEX) sous droits exclusifs’, l’appellation est impénétrable à souhait, la dissimulation toujours..., qui évite de citer les monopoles, la Fdj et le PMU..., les monopoles largement confortés par les décrets d’application d’une loi censée les mettre en concurrence ! . Très fort n’est-ce-pas ?

M. Fillon, le promoteur du service public.

Rappelons-nous l’article 65 déjà cité..., la modification subliminale de l’article 2 de la loi du 2 juin 1891 !... Fourguer une rectification essentielle  à la loi fondamentale au fins fonds d’un texte laborieux traitant des jeux en ligne est intriguant. Alors attelons-nous. Le texte initial de 1891 précise : « Sont seules autorisées les courses de chevaux ayant pour but exclusif l’amélioration de la race chevaline et organisées par les sociétés dont les statuts sociaux auront été approuvés par le Ministre de l’Agriculture. »...

La loi de 2010 ajoute les trois alinéas suivants ainsi rédigés : « Ces sociétés participent, notamment au moyen de l’organisation des courses de chevaux, au service public d’amélioration de l’espèce équine et de promotion de l’élevage, à la formation dans la formation des courses et de l’élevage chevalin ainsi qu’au développement rural.

« Dans chacune des deux spécialités, course de galop et course au trot, une de ces sociétés de courses de chevaux est agréée comme société-mère. Chaque société-mère exerce sa responsabilité sur l’ensemble de la filière dépendant de la société dont elle a la charge. Elle propose notamment à l’approbation de l’autorité administrative (1/) le code des courses de sa spécialité, (2/) délivre les autorisations qu’il prévoit, veille à (3/) la régularité des courses par le (4/)  contrôle des médications, tant à l’élevage qu’à l’entraînement, et attribue des primes à l’élevage.

« Les obligations de service public incombant aux sociétés-mères et les modalités de leur intervention sont définies par décret. »... (x/) insertions A. Gw.

Un décret, fixant les obligations de service public, sera publié dès le 2 novembre 2010 (n° 2010-1314). Le service public ‘à la française’ est une spécificité au sein de l’Union Européenne régie par le principe de concurrence et où les services d’intérêt économique général (SIEG), les services marchands et non marchands, que les Etats considèrent comme d’intérêt général, peuvent eux-mêmes être soumis à concurrence. Le service public français exerce une mission d’intérêt général selon un mode d’organisation reposant entièrement sur l’Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics, qui peut-être assumé par des sociétés privées sous contrôle de l’autorité publique. Le service public répond  à plusieurs objectifs : ordre et régulation, protection sociale et sanitaire, éducation et culture, économie. A l’évidence, la mission de service public de la politique de régulation des jeux de hasard et d’argent s’inscrit dans les objectifs d’ordre et de protection sociale de l’Etat : invoquée à propos des parieurs, en contradiction avec les études comportementales sur l’addiction, elle n’a pour but que de prélever l’impôt. Le débat central et préalable à toute réforme du système des courses repose sur ce point...

L’affaire est loin d’être réglée. En ce mois de janvier 2017, l’ARJEL enfonce encore le clou, publie six pages sur le ‘Cadre de régulation’, ‘l’Accompagnement des joueurs excessifs en CSAPA’ – Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie..., les pompiers des Bars-tabacs : http://www.arjel.fr/IMG/pdf/anpaa-arjel.pdf –, le maillage du territoire d’un réseau où l’on case les ‘sauveteurs’ dans l’âme, les béni-oui-oui qui mêlent dans le même sac de leur volonté de bienfaisance imbécile, les secours aux ‘victimes’ du tabac et de l’alcool et des drogues et des jeux..., comme si le pari hippique était un risque imminent : 0.5 % de la population serait prédisposé au jeu pathologique..., 20 000 parieurs assidus ; 1 % de ces 0.5 % passent par les procédures de surendettement de la Banque de France..., 200 ‘invétérés’, qui pourraient être empêchés de jeux par une simple carte numérique de suivi de leurs paris !..., une bagatelle, au moment, incessamment, où tous les paiements vont être entièrement dématérialisés !! La protection des joueurs est une vaste blague tout juste bonne à justifier la fiscalité... Le percepteur du Trésor Public camouflé par une armée de blouses blanches très bien nourries..., médecins psychiatres, infirmières, psychologues, animateurs socio-éducatifs des bonnes paroles en l’air et des tablettes de pastilles d’anxiolytiques. 

Cachons donc tout cet attirail, toute cette clique de profiteurs, qui ne sert à rien d’autre qu'à justifier les prélèvements. Cachons aussi le prestidigitateur fiscal à Bercy. L’ARJEL, en autorité administrative indépendante, est un premier nuage de fumée..., agrémenté d'un obstacle fonctionnel opaque pour le quidam, l'inscription des Principautés dans le champ des services publics, dès 2010 !... Ca n’augurait rien de bon pour l’avenir : comme en bien des domaines, la vision étatiste française, arriérée et obsolète, est mortifère. Irréformable !... La centralisation au haut de la pyramide hippique des deux Sociétés-mères parisiennes est une chape de plomb. Légaliser leur mission de rédaction du code des courses, revient à confier une fonction régalienne aux bons vouloirs d'associations loi de 1901 sous omerta !... L’élaboration du programme des courses françaises leur donne la haute main sur l’existence de toutes les Sociétés de courses – en 2015 et 2016, de nombreuses courses locales ont été supprimées..., alors que progressaient les courses étrangères afin d'inciter à parier ! ; et si un seul hippodrome a été fermé en 2016..., la purge ne faisait que commencer ! –. Le ‘contrôle des médications’ sous leur responsabilité est un leurre..., une appellation aseptisée qui masque l’a-dopage à la française, le filigrane de la lutte antidopage factice des Principautés, où ‘les soins’ au cheptel ont la part belle... Une lutte si peu efficace qu’en 2016, le premier entraîneur en Europe surpris à doper cinq de ses chevaux au cobalt, en Norvège et en Suède et en France, M. Fabrice Souloy est un français !... Un plan de communication de crise l’a habilement soustrait à l’attention du grand public pendant des mois..., tant et si bien que M. Souloy a été sanctionné en France d’un an de suspension, en décembre dernier, mais ne l’a toujours pas été en Scandinavie où les autorités hippiques demandent sa suspension à vie !... Les courses hippiques couvertes par les obligations du service public ?..., comme la tête d’oreiller où l’on étouffe le sacrifié..., le suaire du fantôme qui hante les hippodromes.

Le coup vicieux de la manipulation des masses d’enjeux.

Le citoyen lambda, le Nul, ignore tout du sac à malice des administrations. Glissons donc un œil par le trou de serrure des artifices..., l’art et la manière d’entuber son voisin européen avec délice. Huit sociétés ont été agrémentées par l’ARJEL et autorisées à proposer des paris hippiques sur internet : le PMU et sept sociétés privées. L’affaire n’était pas sans risques. Intervenant en concurrence désormais, le transfert d’une partie de ses clients des Bars-tabac vers les sites privés était non seulement envisageable..., indispensable. Mais l’idée s’installa qu’il fallait aménager un avantage déterminant qui les dissuade de siphonner cette clientèle fidélisée et sous accoutumance.

A cette époque, de nombreux parieurs avaient ouverts des comptes sur les sites privés nouvellement créés..., question de s’offrir à bon compte de copieux bonus d’entrée..., tant qu’à faire, même ouvrir un compte au nom de madame et toucher un second bonus. Une si petite entorse au règlement, au surplus qui améliorait les statistiques du stock de comptes existants et favorisait le taux de féminisation des jeux, méritait bien une petite récompense !... Très rapidement, ces habitués du PMU.fr constatèrent qu’il fallait être bien con pour se contenter des cotes aussi minables sur les sites privés. Du simple au double, comparé à celles de l’opérateur public..., des cotes égales sur PMU.fr à celles des bars-tabac... Qui plus est, ces paris leur évitaient même le contact des fumeurs et des buveurs et des gratteurs et des ‘invétérés’ en restant chez soi bien installés devant leur écran sur leur divan. Un avantage décisif sur toute la ligne !... Les gros malins s’en pourléchaient les babines, pack de bières, baguettes au pâté de campagne cornichons et saucissons à l’ail sur les coussins.

Lors de l’examen du projet de loi et les discussions parlementaires, la question d’une mutualisation des masses du PMU avec celles des opérateurs privés avait été évoquée. Observons immédiatement que la consolidation des masses d’enjeux est couramment utilisée entre le PMU et les opérateurs étrangers en ‘masse commune’ à l’occasion de compétitions, notamment européennes, qui se déroulent sur leurs territoires. L’ouverture des marchés en ligne créaient une situation inédite. La taille du marché du monopole, déjà en place, ne pouvait qu’engendrer de telles distorsions de masses d’enjeux avec les nouveaux opérateurs qu’ils ne pourraient se montrer concurrentiels et compétitifs avant longtemps..., à tel point que le faible montant des mises engagées chez eux sur certaines courses, après déduction de leurs commissions, pouvait même empêcher de payer le moindre gain !... La mutualisation de leurs masses d’enjeux lilliputiennes avec celles du géant vert PMU aurait favorisé la constitution de leur clientèle, après un temps donné, et la création d’une publicité diversifiée sur les jeux hippiques. Un marché en concurrence active améliore le service des clients et fédère tous les acteurs pour le stimuler sans arrêt. Mais l’article 11 de la loi laisse les opérateurs face à leur destin : « Les règles encadrant la prise de paris en la forme mutuelle ne font pas obstacle au recours à des mécanismes d’abondements des gains, sous réserve que cette pratique demeure ponctuelle et n’ait pas pour effet de dénaturer le caractère mutuel des paris. » En clair les Nuls apprécieront , s’il n’y a pas de gagnant sur une course, la masse des enjeux reste entre les mains de l’opérateur. Ce cas est d’autant plus fréquent que le nombre de joueurs sur une même course est faible ; une ‘masse commune’ avec le PMU l’aurait évitée. Autoriser le report des enjeux sans gagnant sur une autre course, où le nombre de parieurs ne serait pas suffisant pour payer un gain, est une disposition scabreuse qui fait fi de l’éthique du pari au mutuel !!... Sans gagnant sur une course, les mises en jeux contre un bookmaker  lui reviennent de fait ; mais au pari mutuel, par définition, et puisque les commissions et les prélèvements sont retenues sur les mises, les enjeux restants demeurent incontestablement la propriété des parieurs..., sans gagnant, la soulte est à rembourser entre les perdants..., même sans gagnant rien ne permet au PMU, ni aux sites privés, de se les approprier en douce. Leur abondement sur les enjeux d’une autre course ‘légalise’ une appropriation indue, une spoliation des joueurs à leur insu. L’article 11 n’avait pas lieu d’être !... Appelée à la rescousse, l’Autorité de la concurrence entérinera ce mécanisme d’abondement en  janvier 2011. 

L’ignominie des Principautés est sans limite !... Cette mutualisation des masses d’enjeux, que le législateur avait implicitement refusée aux opérateurs privés, l’opérateur public ne va pas se gêner pour l’utiliser à son avantage en consolidant subtilement et délibérément les mises sur son site PMU.fr avec celles des Bars-tabac. Un avantage déterminant tout à fait inconvenant sinon frauduleux...Ce qui n’est pas écrit est autorisé..., donc ‘légallégal’, notez bien !..., la légalité auto instituée... La mutualisation scélérate exigeait d’habiller le mistigri..., l’article 25 de la loi Fillon en avait déjà tracé le patron : « Toute entreprise exerçant une ou plusieurs activités régies par la présente loi établit, dans sa comptabilité interne, des comptes séparés respectivement au titre des jeux et paris proposés dans le cadre des agréments délivrés au titre de la présente loi... » Dans la foulée de la promulgation de la loi et de ses décrets à foison, au mois de janvier 2011, l’Autorité de la concurrence recommandait la séparation comptable des activités en ‘dur’ et en ligne, tout en omettant de traiter de la filialisation des deux réseaux !!... En foi de quoi sur la base de ce patron de pitre, les fichiers clients et les équipes commerciales des deux réseaux furent dédoublés – une très bonne disposition en faveur du pantouflage et des emplois réservés, et le subterfuge fut affiné en dé-corrélant l’usage de la ‘Carte PMU’ et en affichant des logos PMU différents sur le site et les Bars-PMU... Ainsi revêtus de leurs costumes d’Arlequin, les deux réseaux en catimini n’en faisaient plus qu’un en consolidant leurs enjeux en masses..., communes !... Leurs cotes identiques au ‘course à course’ défiaient celles très inférieures des opérateurs privés ; la tirelire commune de leur Quinté+ narguait leurs pseudos concurrents du privé, qui ne disposaient pas même de la surface d’enjeux suffisante pour abonder une loterie sur un pari complexe de cinq chevaux !... Si bien que le PMU consolidera sans effort particulier ses parts de marché sur le web  88 %  cependant que les sites hippiques privés accumulaient les pertes d’exploitation quarante-sept millions d’euros à fin 2015 (47 M€) .

La plaisanterie durera quatre ans. Une plainte de Betclic entraîna une longue négociation puis une décision favorable de l’Autorité de la concurrence, le 25 février 2014. – Elle sera exécutée après une année et demie de tergiversations et de mauvaise volonté à la mettre en œuvre ! –. Les masses du site PMU.fr et des Bars-tabac ne seront séparées qu’en décembre 2015 !..., dès 2016, les enjeux se sont aussitôt effondrés de cent-douze millions d’euros (112 M€)..., à sept cent-dix millions d’euros (710 M€) : les enjeux collectés en 2016 sont inférieurs de vingt millions d’euros (730 M€) à ceux de l’année d’ouverture des paris en ligne en 2010.

Ce réajustement brutal situe l’ampleur des dommages financiers subis par les sites privés en cinq ans !... Le décrochage des masses place enfin PMU.fr, en réelle concurrence, ses cotes sont désormais en rapport avec leurs tailles amaigries, au même niveau que celles des opérateurs privés. L’effet déstabilisateur de la chute des cotes et les effets d’une tirelire peu attrayante de l’e-Quinté revisité, à l’évidence, déçurent les espoirs de gains et l’engouement des parieurs. Cette information est capitale. Certains observateurs de mes amis  intra muros – rares il est vrai ; l’argent et le bon compte de ses intérêts ne favorisent pas l’amitié ! – sont persuadés de l’innocuité des taux de prélèvements dissuasifs sur les jeux sous prétexte qu’ils seraient en vigueur depuis des décennies.., à leur avis, les joueurs s’y seraient fait. Ce raisonnement est invraisemblable, ils se moquent du monde..., ou s'illusionnent. Aucune stratégie de relance de l’activité hippique ne saurait ignorer l’espérance de gains nets et réels proposés aux joueurs... Pourtant les Principautés et le PMU n’en font aucun cas, bien au contraite : le PMU n’a pas hésité à augmenter l'hippotaxe de 0.6 %, au 1er janvier 2016. Une décision bénéfique pour les résultats financiers, qui s’avère contre productive sur les enjeux. C'est bien fait !

Ce 1er février, la Française des jeux annonce une augmentation de 20 centimes d’euros du prix de la grille du Loto, le 6 mars prochain... Aussitôt l’intra muros exulte : 'qu’attend-on pour en faire autant ?'... Certes, les masses d’enjeux progresseraient mécaniquement dans un premier temps, les cotes des favoris croîtraient aussi d’un cran..., mais l’occurrence de gains est un invariant lié aux prélèvements sur les mises, un TRJ qui programme les pertes systématiques des mises après une série de jeux, et, parallèlement, le montant des pertes des joueurs augmenteraient et accélèrerait plus encore leur mécontentement et leur fuite et le déclin du turf. Leur mépris des joueurs est tel, qu'ils le feront !

M. Germond ou les flux financiers du PMU et les paris internationaux.

Avant la fameuse loi Fillon 2010, Bercy, les Principautés et l’intra muros s’étaient bien montés le bourrichon..., à les entendre, l’autorisation des jeux en ligne sonnait la mort du petit cheval !...  Alors dès 2009, on se dépêchât d’embaucher une certain M. Germond récemment limogé d’une société de service en ingénierie informatique peu connue du public, Athos Origin... « A cette époque, racontera M. Germond, les Sociétés mères, et avant tout Le Trot, étaient vent debout contre les paris sportifs et le poker. Heureusement que les équipes du PMU avaient commencé à développer discrètement ces deux projets afin d’être prêt au rendez-vous de l’ouverture. Si le PMU ne s’était pas lancé dans cette diversification, cela aurait été une bérézina. J’en profite pour signaler que l’Etat a été exemplaire dans son rôle de tutelle et de soutien des développements du PMU. »... Bercy et ses énarques du PMU font bien la pluie et le beau temps aux courses, quoiqu’en pensent ou décident les Principautés !... Jusqu’au moindre détail, les jeux en général, et hippiques en particulier, sont un fait politique et fiscal... Et si demain l’Archange pure player du PMU décidait d’avoir recours aux courses virtuelles de chevaux, comme il en rêve, le contrôleur d’Etat l’appuierait : « Le contrôleur d’Etat, par son exigence, sa profonde compréhension de la filière hippique et ses analyses détaillées ainsi que les administrateurs représentants la tutelle ont toujours été dans le camp de l’innovation et de la transformation.», rapportait M. Germond.

Qui se montrait aussi très fier de « la diversification dans les paris sportifs et le poker (qui) a été un succès commercial, d’image et aussi financier. » Une incantation bien téméraire si l’on examine leurs résultats, par exemple l’évolution annuelle de la masse d’enjeux sur les paris sportifs où le PMU détient moins de quinze pour-cent du marché. De même du poker qui a suivi le repli général après la désertion des parieurs professionnels. Le projet de rajeunissement de la pyramide des âges des joueurs hippiques, par le  transfert de joueurs sportifs ou de poker vers les paris hippiques, ne s’est pas réalisé.

Malgré ça, « Nous avons fortement accéléré l’international au service des courses française » se flattait encore M. Germond. La progression des encours collectés confirme en effet cet optimisme : {130 M€ en 2009 ; 148/2010 ; 176/2011 ; 330/2012 ; 638/2013 ; 728/2014 ; 808/2015 ; 1042/2016}. Les paris à l’international du PMU ont décollé en 2012, la première année pleine d’activité après la migration des flux de paiement de sa trésorerie avec les banques, via le traitement informatique ‘SEPA ready’ en mode ‘SaaS' de la SII Athos Origin... Cette société qui l’avait évincé après quinze mois de direction si contestée en 2008..., tant et si mal que son conseil de surveillance lui avait refusé les quatre millions d’euros (4 M€) d’indemnités de départ qu’il réclamait !... Deux ans plus tard que sait-il donc passé entre temps ? , voici la SII en tractation avec M. Germond, désormais Président directeur général du PMU... Et cette négociation fructueuse aboutira finalement à capter les milliards d’euros des transactions financières du PMU !... Celles y compris qui transitent par les paradis fiscaux comme l’île de Man : « Athos Origin est l’un des principaux acteurs internationaux dans les services informatiques, fournit des services transactionnels de haute technologie, des solutions de conseil, d’intégration de systèmes et d’infogérances qui permettent d’améliorer les performances de ses clients dans le monde entier. Athos Origin est le partenaire informatique mondial des Jeux Olympiques et compte parmi ses clients de grands comptes internationaux dans tous les secteurs d’activité. ». Deux ans plus tard,  M. Germond quittait le PMU à la surprise générale, en novembre 2014. Les paris internationaux étaient alors solidement établis. Mais par-delà la croissance envieuse de leurs enjeux, la Cour des comptes soulevait un lièvre dans un rapport du 19 octobre 2016 : la présence de ‘parieurs professionnels’ qui jouaient en ‘masse commune’ au taux de retour joueur de 95 % contre les parieurs français au taux de 72.8 %. Des paris en série, grâce aux procédés et aux techniques du hot trading, qui leur rapportèrent cent neuf  millions d’euros nets en 2015 (109 M€)..., cent quarante deux en 2016 (142 M€)..., quand l’occurrence des gains des parieurs français est programmée pour les faire perdre !  Adonc au détriment délibéré des parieurs français..., avec l’aval des ministres socialistes de tutelle, qui cédèrent face aux refus du PMU soit Bercy ! de revoir cette procédure frauduleuse !!... Incroyable mais vrai.

https://blogs.mediapart.fr/andrev-gueguen/blog/291016/les-dirigeants-du-pmu-acceptent-l-argent-sale-de-mafias-etrangeres

La loi d’ouverture des jeux en ligne sous M. Fillon fera quand même des heureux. Les propriétaires de chevaux qui allaient accumuler les avantages sur cinq ans. Le gouvernement de M. Fillon s’était montré sensible aux risques de l’ouverture des jeux. En contrepartie d’une clé de répartition minimale à 35 %, définitive et non discutable à l’avenir, de sa part du gâteau des bonis du PMU, le gouvernement concéda une formule d’ajustement des prélèvements qui laissait toute latitude au PMU pour jongler à la marge sur les mises des joueurs... Tant et si bien que ces nouvelles équations ristournent chaque année cent millions d’euros (100 M€) des caisses de l’Etat au profit de l’opérateur public... Les syndicats de propriétaires exercèrent une pression constante et obtinrent chaque année une augmentation de 5% des allocations. Si bien que les ‘encouragements’ versés à la filière hippique, qui étaient de 731 M€ en 2009 passèrent à plus de huit cent quarante millions d’euros (840.5 M€), en moyenne annuelle depuis la loi Fillon : en six ans, les propriétaires et les professionnels se seront donc partagés six enveloppes de cent dix millions..., un pactole inespéré de plus d’un demi-milliard d’euros (660 M€)... Et ce surdosage d’allocations est si puissant qu’ils sont tombés sous accoutumance. Impossible de leur faire entendre raison désormais. Le chantage est permanent : au pis pour eux, c’est le maintien des allocations en échange d’une stabilité de l’effectif du cheptel équin !... Pendant ce temps, le niveau affecté par le PMU aux ‘encouragements’ s’est effondré et, en 2017, seulement 790 millions seront à répartir. Qu’importe, le montant des allocations sur les courses reste inchangé !..., contraignant les Principautés à puiser dans leurs réserves pour financer leurs déficits de trésorerie croissants depuis deux ans !..., et à supprimer plus d’une centaine de courses sur l’année sur les hippodromes de province....

La tutelle socialiste admet la fraude des ‘parieurs étrangers’ !

En 2012, l’élection de Moi Président était une aubaine pour les dirigeants des Principautés... « Le changement c’est maintenant », du candidat socialiste au Bourget, répondait tout à fait à leurs attentes. Les perspectives désastreuses du rapport de M. Augereau justifiaient d’en changer 'dès maintenant' ! Le comité stratégique du Plan PMU 2020 était installé. M. Ambroise Dupont, son président, sénateur du Calvados – le haut lieu des fratries normandes de trotteurs, le fief de M. le comte de Bellaigue, en inimitié avancée avec M. Augereau, paraît-il –..., M. Dupont commit aussitôt un contre rapport Augereau : ‘Réformer pour pérenniser un modèle d’excellence’... Et hop !..., le changement dans la continuité sans rien changer !!...

Le rapport Dupont, publié en juillet 2013, invitait à « améliorer la gestion financière de l’’institution’, rationaliser er renforcer la coordination de ses composantes, renforcer et rénover ses structures » ; ces orientations furent formalisées dans le Plan PMU et les projections d’un comité stratégique ad hoc ; un décret du 15 mars 2015 signé du premier ministre socialiste, M. Valls Manuel, et par les ministres de tutelle scellera dans le marbre les dispositions structurelles et électorales qui renforçaient encore un peu plus les pouvoirs des Principautés. Deux mois plus tard, M. Bélinguer annonçait qu’il ne se représenterait pas pour une nouvelle mandature à la présidence de France Galop...; il fit alors feu de tout bois pour écarter la menace d’une réquisition des terrains des hippodromes de Maisons-Laffitte ou de Saint Cloud pour les affecter en zone résidentielle en vue des Jeux Olympique de 2024 à Paris.

Les prévisions du comité stratégique se révélèrent totalement fantaisistes. Les cénacles du pouvoir colorient souvent la vie en rose puis trouvent mille arguments pour justifier de leurs erreurs d’appréciations : la croissance tant attendue par le comité s’est donc traduite par une débâcle en règle année après année !..., Quinze trimestres de débâcle continue mais parfaitement prévisible..., si l’attention des décideurs avait daigné s’attarder un tant soit peu sur le comportement des joueurs. Les joueurs sont des consommateurs !!

Pendant la mandature socialiste – 2012/2016 –, le total des enjeux des Bars-tabac-PMU et de PMU.fr a baissé d’un milliard six cent trente quatre millions d’euros (9 488 - 7 854 = 1.634 M€) ; une contre performance d’autant plus désastreuse que le réseau des Bars a progressé de 1 900 points de vente et de 22 PMU City dans le même temps. M. Hürstel clame à tout vent : ‘Nous ouvrons un PMU par jour’ ! – le Journal du dimanche (JDD) du 8 janvier –. Le déclin des paris en France était constatable dès 2012 : {8 714 / 8 516 (-138) / 8 055 (-461) / 7 588 (-467) / 7 363 (-225) / 7 154 (-209)}..., la collecte des enjeux sur le réseau en ‘dur’ chute continuellement !

Un effondrement catastrophique. Que le PMU s’emploie à masquer en soulignant la prétendue pertinence du développement de ses activités à l’international..., en « croissance significative », estime le rédacteur du communiqué sur l'activité en 2016 « et (qui) confirme le rayonnement mondial de la filière hippique française et son rôle de relais de croissance pour les années à venir. » Cette ingénuité de la faconde latine à se hausser, cache la réalité bien sordide d’une expansion des enjeux internationaux aux dépends des parieurs français !... Et avec l’assentiment des ministres de tutelle socialistes.

Une arnaque de 109 millions d’euros en 2015 au vu et au su et couverte par les ministres socialistes !... L’affaire est vertement évoquée dans le rapport de la Cour des comptes du 19 octobre dernier : « les paris pris par des parieurs professionnels à l’étranger, qui parient, grâce à des outils informatiques, sur la masse commune du PMU via des partenaires de cet opérateur, contrevient au principe d’équité entre les joueurs dans la mesure où leurs taux de gain élevés réduit mécaniquement le montant des gains perçus par les joueurs non professionnels »

La responsabilité des dirigeants du PMU et des Principautés est totalement engagée sur ce dossier..., ils persistèrent même envers et contre les observations formulées par la COJEX dès 2013..., mais surtout avec l'aval des autorités de tutelle, M. Le Foll en tête !..., incapables de faire preuve d’autorité sur un PMU récalcitrant : « L’interdiction des prises de paris par les parieurs professionnels...., n’a pas été demandée, précise le rapport de la Cour des comptes. Les ministres ont uniquement demandé au PMU d’étudier la possibilité d’encadrer cette activité, notamment en la plafonnant à 5 % des enjeux. »... « ... le PMU considère que le plafonnement des enjeux des parieurs professionnels à 5 % du total des enjeux hippiques du PMU n’est ni souhaitable, compte tenu de l’impact négatif que cela aurait sur sa profitabilité, ni réalisable. ».... Scandaleux !  

Les gains nets des parieurs ‘professionnels’ étrangers avec un TRJ de 95 %évalués à cent neuf millions d’euros en 2015 (109 M€) – auront été de cent quarante millions en 2016 (140.5 M€) selon nos calculs... Bien évidemment, l’opérateur public ne communique rien à ce sujet, aussi, faute de mieux, avons-nous procédé par évaluation sur la base des données de 2015. Le sentiment d’impunité des initiateurs de la politique internationale du PMU est bien dans la logique de la République jacobine :Responsable et coupable et pas condamnable. Pourtant, il faudrait bien aller regarder de plus près les conditions et le contenu et le suivi des ’appels d’offres’ pour la refonte du circuit des flux financiers confiée à la SII Athos Origin. Comme il faudrait examiner de près les conventions signées entre le PMU et ses partenaires étrangers qui collectent les ‘paris étrangers’ au TRJ de 95 %..., nous expliquer pourquoi et comment le PMU procède ‘légalement’ à leur consolidation avec la masse des paris en France au TRJ moyen de 72.8 %. Ces paris sont parfaitement illicites..., et abusivement 'licites', si les textes ont été adaptés en conséquence..., ces paris touchent à l’équité obligée entre les parieurs et contreviennent à l'esprit de la loi de 1891, à la règle d’égalité entre tous les joueurs au pari mutuel ! Ces paris devraient tout simplement être interdits !!

La baisse de la TVA est une mesure électoraliste.

Les clivages idéologiques affichés par les candidats en campagne caricaturent à l’extrême les tensions subies par le corps social d’une Vème République sexagénaire sur ses fins : la peur des étrangers d'une vieillesse blanchies sous les harnais et la détresse d’une jeunesse démunie. La désignation d’un Président de république, les législatives qui suivront, vont détendre la contention de ces tensions. Quelques soient leurs résultats, des réactions inédites sont à prévoir. La police est prête à tout. La jeunesse s’est déjà longuement insurgée lors de l’adoption au 49.3 de la loi travail des socialistes en 2016. Les Nuits Debout étouffées à l’automne ne tarderont pas à reprendre bien vite..., cette fois en pleine journée !

L’échéance présidentielle n’annonce rien de bon non plus pour les courses. Les promesses d’un taux de TVA réduit aux propriétaires de chevaux n’influencera ni le déclin des courses ni la fuite des parieurs. L’honneur des professionnels serait de payer la TVA au taux réel. La réduction envisagée pare au plus pressé et tente d’endiguer la défection des petits éleveurs et des petits propriétaires du cheptel équin. Une mesure étatique très circonscrite et de circonstance, inscrite dans la continuité d’un renforcement de la régulation fiscale du système de courses. Sans rien changer !... Une mesure qui ignore superbement le contexte social français. La désertion de dizaines de milliers de parieurs est envisageable dès cet été. La trappe de pendaison des courses hippiques s’ouvrira sous les pieds des intra muros bêtas. Il est déjà trop tard !... 

Le cheptel des chevaux de course n’a rien d’une sphère de boules de Loto. L’organisation de courses d’un bout à l’autre de l’année, trois cent soixante-quatre jours sur trois cent soixante-cinq suppose plus d’efforts humains et financiers que quelques soirées de tirages hebdomadaires du Loto à la télévision. Les chevaux méritent plus de considérations !

Les courses hippiques devraient bénéficier d’un régime spécial. Le système fiscal est à reprendre afin de re-dynamiser la filière et les zones rurales d’élevage. Voici une bonne idée pour tirer le fil de la poloche d’une vraie réforme : modifions le statut des parieurs, titularisons-les avec des cartes spécifiques dûment identifiées, permettons-leur de se professionnaliser et d’intégrer leurs gains à l’impôt sur les revenus des personnes physiques (IRPP). Le taux de retour aux joueurs serait de 95 % minimum pour tous au ‘course à course’ ; une commission spéciale fixe de 20 %, par exemple, serait prélevée sur les paris hippiques à la loterie. Une idée jetée à la va vite. Juste pour le fun..., tracer une ligne vers le futur. Juste contrarier les mauvais esprits..., l’impuissance endémique et les conflits d’intérêts... Qui ne sera pas suivie d’effets, l’idée !... On parie ?...

A. Gw

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