L’impossible dialogue prélude-t-il la chute d’un régime à bout de course ?

Tous les moyens sont bons pour diaboliser les Gilets jaunes. Les mass médias du régime s’en donnent à cœur joie jusqu’à l’écœurement ; le ministre aux bouchons Castaner et l’autre Griveaux insultent à qui mieux mieux les protestataires sur les ronds-points à la veille de Noël.., bien que le mouvement soit soutenu en continu par 70 % de l’opinion.Outrances et sanctions ne permettent aucun dialogue.

Le discrédit de la parole politique.

 Le mardi 18 décembre dernier, en réponse aux Gilets jaunes, l’Assemblée des députés de ‘La République en marche’ adoptait le gel des taxes sur les carburants en 2019... ; le même jour, le premier ministre Edouard Philippe déclarait qu’une partie des mesures, qu’il avait annoncé mi-novembre, ne serait pas appliquées abandon de l’extension du chèque énergie ; du relèvement du barème kilométrique ; du doublement de prime à la conversion des véhicules anciens . Trois heures plus tard, Edouard Philippe y renonçait finalement sous les quolibets. Cacophonie et pagaie généralisée : les marques d’un régime aux abois !

‘Vie privée’ et ‘vie publique’ du microcosme jacobin.

Les paparazzis et les réseaux sociaux ont mis fin aux sempiternels discours moralisateurs de la caste dirigeante qui prétendaient interdire toute information sur leur ‘vie privée’ afin de mieux masquer ses frasques au grand public... Sea Sun Sex : Dominique Strauss-Kahn au Sofitel new-yorkais et au Carlton de Lille ; François Hollande en scooter de l’Elysée à la rue du Cirque... Parjures publics à répétition : le plus souvent mis à mal par le dévoilement des enquêtes judiciaires, toujours faiblement sanctionnés en regard des peines judiciaires   infligées au petit peuple ; celui emblématique du socialiste Jérôme Cahuzac devant les caméras, à peine condamné le 15 mai 2018 à 300 000 euros d’amendes et à quatre ans de prison deux ferme et deux avec sursis ..., et à cinq ans d’inéligibilité qui devraient lui permettre d’échapper à la case prison !

 Au-delà des faits et des actes délictueux, les pontes du régime recourent sans vergogne au mensonge et à la tromperie. « N’ayons pas peur des mots » leur conseillait François Mitterrand, le président falsificateur, élu sous les couleurs de la rose socialiste malgré la ‘francisque’ pétainiste de son passé vichyssois très soigneusement dissimulé : réélu sept ans plus tard, atteint d’un cancer incurable décelé au tout début de sa première mandature et soigneusement dissimulé  par une série de certificats médicaux attestant abusivement de sa bonne santé !... Un président dont se réclamait Emmanuel Macron pendant la campagne des présidentielles.

La propagande anesthésie la citoyenneté.

Sous les mots chimériques des personnalités censées compter du régime, tous les artifices disponibles et imaginables de la propagande et du conditionnement individuel et collectif sont d’actualité : désinformation, amalgame, mensonge, apeurement, chantage, menace, exclusion sociale, sanctions à tout va..., bref, tous les moyens de pression et de répression propres à l’asservissement des consciences et de la liberté des personnes... L’objectif est de contraindre au silence et de soumettre... : concertation, dialogue, discussions..., pièges à cons 

Le prétendu ‘nouveau monde’ du président Macron ne s’embarrasse pas non plus pour pervertir le sens des mots !... L’inconséquent cynique candidat osera même un titre ridicule et déplacé – ‘Révolution’– pour son livre de propagande électorale.

Pendant les dix-huit mois sous sa gouvernance, ses affirmations péremptoires coupaient court à toute contestation – J’assume’ –, une fin de non recevoir intempestive, reprise à l’unisson par son entourage –..., quand les incitations verbeuses au dialogue et aux échanges émaillaient leurs discours trompeurs et leurs bonnes intentions de circonstance.

Dix-huit mois de réformes libérales menées tambours battants, entérinées sans coup férir par une Assemblée de godillots et d’escarpins Louboutin,  ne provoqueront aucune réaction populaire. Au sein des entreprises, les appels à la grève des syndicats jacobins sous influence ne rassembleront que de maigres effectifs. Même les grèves habituelles du personnel aérien et des cheminots lanterneront sans succès probants, d’une semaine à l’autre des mois durant, dans l’indifférence générale.

La propagande prétend assister à un essoufflement du mouvement des Gilets jaunes... Certes, le ‘Maître des horloges’ Macron lanterne à nouveau, s’envole en voyages officiels et en réceptions festives au Mali..., n’a cure des manifestants patientant sous la froidure hivernale le long des routes et des ronds-points..., omet sciemment de les dénommer Gilets jaunes...

 La trêve des fêtes de fin d’année avant la chute du régime ?...

Silence et répression. Au matin de ce Noël, sur BFM.TV, les propagandistes jacobins insistent sur la tradition familiale qui exclurait de ‘parler politique’ à table pendant le réveillon !..., mais le parti présidentiel diffuse en ligne à ses militants un manuel d’arguments pour répondre aux échanges politisés. A la suite et en boucle sur les écrans, le premier ministre Philipe annonce la plus grande fermeté judiciaire et dénonce la ‘radicalisation avec de grandes violences’ des Gilets jaunes, une fois encore abusivement insultés...

Le brillantissime ministre aux bouchons Castaner est bien capable de profiter des fêtes de fin d’année pour les déloger des deux cents ronds-points qu’ils occupent encore.... Viendra ensuite le tirage au sort des participants, faute d’interlocuteurs 'institutionnalisés', à la mascarade de réunionites à propos des doléances collectées en mairies par paquets ; la colère retenue des citoyens n’attendra pas fin février pour contester la légitimité tragi-comique d’une ‘macronie’ de pantomime.

La propagande n’y changera rien : le président élu avec 43.6 % du corps électoral, soit 56,6 % d’indifférents..., dix-huit mois plus tard, le même rapport traverse l’opinion à 55 % en faveur du maintien des actions des Gilets jaunes..; le 4 décembre, un français sur deux souhaitait sa démission [mensuel Capital ]... L’exclusion d’un député Larem après le vote du budget 2019, la semaine dernière, est peut-être l’hirondelle qui annonce le printemps des révolutions ?!...

 A. Gw

 

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