La question économique du XXIème siècle

Un peu de recul pour critiquer le capitalisme financier dans son fondement... La question que je vais poser à la fin va vous paraître philosophique, voir morale, mais c'est la question à se poser pour sortir du capitalisme financier et trouver une alternative au désastreux socialisme idéologique.

Imaginez une force qui nous dépasse tous. Une force qui décide de notre intelligence, de notre condition physique, des traits de notre caractère, de l'endroit où on va naître, et de la famille qui va nous élever.

Cette force est Dieu pour certains, pour d'autres c'est la nature, voir le hasard, la chance, etc...

Si cette force existe, alors nécessairement nous sommes nés inégaux. Peut-on réellement se battre contre la destinée prédéfinie par cette force, au point de vouloir instaurer, par la loi ou la force humaine, l'égalité absolue ?

Ce serait un totalitarisme dangereux. L'histoire du XXe siècle l'a prouvé avec l'expérience désastreuse du communisme soviétique !


Il existe des situations où par le travail, l'intelligence, la chance, des individus profitent d'une richesse qui dépasse amplement les besoins matériels qui les satisfassent.

Dans ce cas, il se trouvera des individus avec un surplus de richesse accumulé, inutilisé, dormant, oisif...

Mais à y regarder de plus près, que représente ce surplus de richesse ? Les libéraux diront qu'il est le fruit d'un lourd labeur et qu'il doit être rémunéré par un rendement (intérêts bancaires).

Les marxistes diront que c'est une richesse faite sur le dos du prolétariat et qu'elle doit être confisquée. D'autant plus qu'elle n'est pas utilisée, puisque c'est un surplus de richesse.

Il existe une troisième voie, que je pense être celle du milieu, et à laquelle j'adhère profondément. Celle-ci considère que le surplus de richesse matérialise la supériorité de celui qui la possède due à son intelligence, son travail, son milieu social, sa chance, que sais-je...

Là où le capitalisme considère ce surplus de richesse comme un privilège qui doit être rémunéré par la rente oisive des intérêts d'usure, la troisième voie considère ce surplus de richesse comme une responsabilité.

Si les besoins de l'individu en position de surplus de richesse ont été assouvis, la troisième voie considère qu'il faut corriger cette anomalie. Il ne faut pas rémunérer ce surplus par des intérêts indûs, mais au contraire le pénaliser par une taxe redistribuée aux plus démunis.

Attention, contrairement au système fiscal redistributif, il n'est pas question ici de taxer le revenu, mais de taxer le surplus restant après les dépenses courantes (l'équivalent du bénéfice pour les sociétés).

On en vient à la question :
Pensez-vous comme les socialistes que ce surplus de richesse est injuste donc confiscable ? Ou pensez-vous comme les capitalistes usuriers que c'est un privilège qui doit être rémunéré ? Ou enfin pensez-vous comme la voie du milieu que c'est une responsabilité qui doit être légèrement taxée (2.5% par an) ?

Biensûr qu'un petit coussin de sécurité doit être toléré dans le cas de la troisième voie (5000€ ?).
Cette taxe ne doit pas être confondue avec l'ISF car elle ne concerne que la richesse oisive (liquidités, métal précieux thésaurisé, appartements non loués...).

Aussi, le but ultime n'est pas de taxer le surplus de richesse, mais d'inciter par la taxe à faire circuler dans l'économie le surplus de richesse, pour éviter la thésaurisation, et vivifier l'économie réelle.

La réponse à cette question décidera si on reste dans le capitalisme sans agir quitte à tous périr; ou si on retourne dans les erreurs du passé dans une société égalitariste; ou enfin si on décide d'adopter cette troisième voie, qui ne nie pas les inégalités, et qui responsabilise en même temps les possédants.

 

 

Anice Lajnef, Janvier 2020

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