Le salon, la cheminée et les deux fenêtres

Pour bien comprendre une économie prise en otage par le crédit bancaire avec intérêts, pensez à un salon avec une cheminée, et deux fenêtres. L'économie, c'est le salon. Les nouveaux crédits sont la chaleur propagée par la cheminée. Dehors, il fait froid.

La première fenêtre entrouverte qui laisse passer l'air chaud du salon sont les remboursements de crédits, et la deuxième fenêtre quasiment fermée en temps normal représente les crédits qui ne peuvent être remboursés (faillite).

Avant le Covid19, la cheminée tournait à plein régime, la première fenêtre était largement ouverte, et la deuxième fenêtre quasiment fermée. La température du salon était plus ou moins bonne. 

Suite au Covid19, la cheminée est à l'arrêt quasi complet, la première fenêtre toujours largement ouverte, et la deuxième fenêtre commence à s'entrouvrir dangereusement.

Vous comprenez l'embrouille ? Il fait d'un coup super froid dans le salon, une température glaciale et dangereuse pour les individus qui s'y trouvent.

Et vous savez ce que fait la banque centrale européenne ? Elle donne en quantité énorme des couvertures aux gens de la finance espérant qu'ils en fassent profiter les autres (théorie du saint-ruissellement).

J'espère que cette analogie vous fera réfléchir aux dangers d'une société prise en otage par le crédit avec intérêts que les banquiers adorent tellement.

Peu de gens ordinaires le savent, mais la quasi-totalité de la monnaie est créée au moment de l'octroi d'un crédit par une banque commerciale. 95% de la monnaie est issue d'un crédit. Sans crédit, quasi plus de monnaie !

Il existe pourtant des idées simples pour éviter que cette situation ne se reproduise. Adopter une monnaie dite pleine ou centrale (des jetons économiques créés par la banque centrale à l'origine, et qui ne peuvent disparaître : pensez à eux comme si c'était des pièces d'or)

L'avantage de cette monnaie pleine est qu'elle ne dépend pas de la santé financière de votre banque. Si elle fait faillite, votre argent est au chaud dans un compte de la banque centrale (penser à l'or logé directement à la banque centrale et non dans les coffres de la banque)

Peu de gens le savent mais de nos jours l'argent dans les comptes bancaires n'est pas réellement en sécurité : c'est une simple reconnaissance de dette que la banque vous fait du montant de votre dépôt. Si la banque fait faillite, cette reconnaissance de dette ne vaut plus rien.

Il faut urgemment repenser notre monnaie qui est prise en otage par les banquiers qui en ont fait la coquille de la dette, car plus ils nous endettent, plus ils touchent des intérêts.

Ce système infernal nécessite une cheminée qui fonctionne de plus en plus à plein régime, peu importe la qualité du bois (crédits immobiliers, spéculation boursière, crédits polluants...). Il faut bien payer les intérêts de nos cupides banquiers !

Ce système est si infernal qu'au moindre grain de sable (ou virus) c'est toute l'économie et le système monétaire qui s'effondrent ! Quelle fragilité ! Un système fait sur mesure pour le banquier et non pour l'homme et la nature ! Il est venu le temps de changer de système. 

Pour ceux qui veulent approfondir, et comprendre comment faire pour s'offrir un modèle économique épuré du poison du crédit et de ses intérêts bancaires, je vous invite à lire ce billet, et les 23 notes qui suivent : https://blogs.mediapart.fr/anice-lajnef/blog/250320/l-antidote-au-chaos

 Dans le système que je préconise, les banques reprennent un rôle d'intermédiaire, celui de faire circuler l'épargne dans l'économie réelle, pour stimuler l'investissement. Un rôle important, mais sans le pouvoir exorbitant de création monétaire, dont ils ont vraiment abusé ! 

 

Anice Lajnef, Avril 2020

 

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