La concentration des richesses grâce à la dette facile

Après la suppression de l’ISF, les revenus des 0,1 % les plus riches ont explosé en France selon un rapport publié par le quotidien Le Monde sur les effets des réformes Macron sur le capital. Ce rapport a fait réagir de nombreux acteurs politique à gauche, notamment le syndicaliste Thomas Portes. Explications.

Sur Twitter, Thomas Portes s’est indigné de constater une si grande concentration de richesse sur un si petit nombre d’individus : « Le rapport publié par Le Monde est accablant pour la macronie. 3 800 personnes ont reçu le tiers du total des dividendes versés, soit 15,4 milliards d’€. Cela fait 4 millions par personne ! Pendant ce temps la pauvreté explose, plus 1.5 millions de pauvres. La faim revient ! ».

La réforme sur l’ISF et la mise en place de la « flat tax » ont incité, les sociétés à distribuer les revenus sous forme de dividendes pour profiter de l’avantage fiscal, comme l’avait prédit Gabriel Zucman.

Mais cela n’explique pas tout. S'il y a de plus en plus de concentration des dividendes versés sur quelques "seigneurs" des temps modernes, on peut l'expliquer en partie grâce à un phénomène qui s'apparente à du cannibalisme financier : l'achat d'actions et le rachat d'actions permis par l'argent facile injecté dans les marchés par la BCE.

Le schéma est simple : ces "seigneurs" qui ont accès au marché de la dette où agit la BCE, empruntent à des taux très bas, achète avec des actions, pour toucher 3% de rendement en dividendes ! C'est simple comme bonjour. Et si les actions baissent, la BCE fait tout pour faire remonter les marchés. 

C'est d'une simplicité déconcertante. Il n'y aucune création de valeur réelle, un simple enrichissement financier d'une poignée d'individus profitant du privilège énorme, celui d’avoir accès à la dette facile. La technique qui consiste à s'endetter pour acheter des actions est connue sous le nom d'effet de levier.

L'effet de levier est une vieille technique (cf 1929). C'est l'arme des investisseurs financiarisés qui leur permet de faire des hold-up sans que les gens normaux ne captent quoique ce soit. Bernard Arnault en abuse, tout comme Drahi, Bolloré, Bouygues et toutes les multinationales.

Ce système qui permet à une poignée de privilégiés de s'enrichir par la dette gratuite pour acquérir des entreprises, s'applique aussi à l'immobilier. Ce système néo féodal permet à une élite financiarisée de collecter des dividendes et des loyers sur les travailleurs et les locataires. À eux les profits, à nous le travail réel et les risques de crises.

Comprenons bien qu'il n'est pas question ici de l'investisseur qui a placé son épargne durement acquise, pour servir au développement de l'entreprise, afin créer de la valeur dans l'économie réelle ! Il est question de parasites qui profitent de la monnaie-dette ! 

Tant que le pouvoir de création monétaire n'est pas contrôlé par le peuple, ceux qui sont proches de ce pouvoir continueront d'en profiter au détriment de tous, dans le but de s'enrichir, de nous contrôler en achetant les médias et nos dirigeants.

Anice Lajnef, Octobre 2020

 

 

 

 

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