Les modèles imparfaits de la finance

L'économie a été prise en otage par la finance, avec la complicité de nos économistes et de nos dirigeants politiques. Les "puissants" modèles mathématiques utilisés par les apprentis sorciers de la finance sont loin d'être parfaits, et une énorme et soudaine correction peut survenir à tout moment.

Les modèles économiques et financiers reposent sur l'idée que nous vivons dans un monde continu. Les séismes, les feux de forêts en Australie, le meurtre de l'héritier au trône autro-hongrois, tous ces phénomènes soudains et inattendus n'existent pas dans leurs modèles.

Dans le monde des économistes et des financiers tout est lisse, alors que dans la vraie vie l'inconnu existe, et peut se manifester de façon violente le jour où personne ne s'y attend.

Ce jour là, la réalité rattrapera la fiction de nos modèles mathématiques. L'humanité paiera alors violemment l'outrecuidance de nos banquiers qui nous vendent le futur comme si tout allait se passer comme leurs modèles le prédisent !

Ne perdez pas de vue que la finance n'est que le commerce du temps, une avance offerte sous forme de crédits à des peuples consommateurs, incapables de patienter pour construire leur histoire patiemment.

Or la dette entraîne les individus dans l'angoisse du futur, la peur, la perte des libertés, un esclavage sournois qui prend les traits du travail. La dette c'est aussi les guerres fratricides. La dette porte en elle le malheur et la mort.

L'économie repose aussi sur le mythe d'une croissance infinie nécessaire pour payer les maudits intérêts des banquiers. Dans un monde fini, tôt ou tard la réalité rattrapera le mythe, et les fusibles sauteront les uns après les autres : fusible de l'immobilier, fusible boursier, fusible de la dette.

Mais un fusible inédit est en train de sauter sous nos yeux sans que nos dirigeants n'en saisissent l'importance : le fusible écologique. La Nature semble vouloir à son tour siffler la fin de la partie pour le capitalisme financier.

Mais le prix à payer est cher : dérèglement climatique, migrations de masse, désordre social, guerres. Voilà le prix humain et écologique à payer pour avoir profité dans le silence de la société de consommation que nous impose le capitalisme financier.

Comment pensiez-vous que vous échapperiez à la note salée qu'il faudra payer un jour pour corriger les approximations des prédictions de nos banquiers ? La correction sera impromptue, violente, destructrice. Son origine peut être un détail qu'aucun modèle n'a vu venir, aussi bête qu'un virus qui se propage à partir d'une ville provinciale de Chine.

Tant que la vie le permettra, battez-vous pour changer ce monde inéquitable que nous imposent les banquiers avec la complicité de nos hommes politiques et de nos âmes de consommateurs.

La prise de conscience peut venir du peuple de France. Pour cela, il faut sortir de notre confort et opter pour la rupture, mettre à la tête du pays des gens compétents conscients du danger que représente la  finance, et qui se battront pour le bien commun ! 

 

 

Anice Lajnef, Janvier 2020

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