La finance raison-able, mais sans cœur

La finance n'est que mathématique appliquée. Tout repose sur une logique de départ acceptée comme raison-able : le temps est de l'argent, et il vaut plus cher pour le pauvre que pour le riche. Cette distorsion temporelle est une atteinte à l'ordre naturel, source de chaos social.

Une minorité d'individus mal intentionnés se sont accaparé un bien commun, le temps, pour en faire commerce. C'est une logique comme une autre, raisonnable mathématiquement, mais aux conséquences sociales désastreuses. 

Les mathématiques sont prises en otage par la finance, par des instigateurs qui n'ont pour objectif que l'accumulation des richesses et de pouvoir. La science, aussi logique soit-elle, n'intègre pas les conséquences du commerce du temps sur nos vies. 

L'idée de départ semble logique, puis les mathématiques font juste le travail demandé, utilisant à mauvais escient l'intelligence et le génie de nos anciens : Neper, Gauss, Euler, Leibniz, Riemann et tant d'autres.
Les mathématiques s'appliquent, ils ne sont qu'un outil... 

C'est à nous de questionner le postulat de départ de la finance, et de comprendre les conséquences humaines désastreuses que cette logique humaine peut avoir sur l'homme et la société, telles que les rapports de domination et de contrôle, ou encore les atteintes aux libertés. 

Si nous acceptons que le commerce du temps soit légitime, et qu’en plus il vaut plus cher pour certains que pour d'autres, alors nous devons accepter de ne pas être complètement libre de notre temps, et accepter les rapports de force et de domination à qui profite cette logique. 

La logique profonde de la finance a permis avec le temps, petit à petit, à une minorité d'instigateurs, de prendre le contrôle sur l'économie réelle, puis sur nos politiques, et aujourd'hui sur la société tout entière. 

Qui peut lutter loyalement avec ceux qui se sont accaparés le temps pour en faire commerce ?
La science économique a délaissé ces débats, préférant reposer sur des modèles mathématiques incapables aujourd'hui d'expliquer le monde économique. 

Les savants de l'économie sont aujourd'hui perdus dans un environnement de taux négatifs et de dettes infinies. Ils pataugent, ils sont déboussolés. La lumière de leur "science" s'est éteinte, et ils sont maintenant dans le noir. Car une science sans la raison du cœur, n'est que perte. 

C'est le moment opportun pour nous, les citoyens, aidés par les philosophes, les sociologues, les anthropologues, les historiens, etc., de se poser les questions nécessaires pour en finir avec la logique financière, et de construire un modèle économique plus viable pour l'humain. 

 

Anice Lajnef, Novembre 2020

 

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