Comment changer notre modèle économique pour sauver la planète

Le crédit et les intérêts bancaires posent des problèmes intimement liés aux dérèglements écologiques. Quelle alternative peut sauver notre planète de ce système financier destructeur ?

Notre économie repose sur la finance dont le fondement est le crédit avec intérêts. À tel point que sans crédit, la monnaie n'existerait quasiment plus, et notre économie s'effondrerait.

Le crédit permet de consommer aujourd'hui ce qui aurait dû être consommé demain. Il produit ainsi un effet accélérateur de la consommation, créant ainsi non seulement une dette financière, mais surtout une dette écologique transmise aux générations futures.

Les intérêts bancaires, quand à eux, créent un effet encore plus pervers: dans un monde sans intérêt, à chaque fois qu'une somme est remboursée, la banque se retrouve en capacité de financer à nouveau l'économie réelle. Rien n'empêche le volume total des crédits d'être stable.

Mais dans un monde avec des intérêts, le système bancaire est dans l'obligation d'augmenter le volume des crédits, seul moyen pour lui de s'accaparer techniquement les intérêts bancaires.

Sans croissance des crédits, les intérêts bancaires ne pourraient être payés, et le système bancaire ferait faillite.

Cette croissance des crédits se traduit naturellement par une croissance de l'activité économique. On comprend donc pourquoi notre système financier est accroc à la croissance !

Ce sont les intérêts bancaires qui obligent notre économie à croître sans cesse. Sans croissance, notre système bancaire s'effondrerait, et notre économie avec.

Notre monnaie qui repose sur la dette avec intérêts est donc dangereuse pour notre planète à deux niveaux : le crédit est un accélérateur de la consommation, et les intérêts obligent notre économie à croître sans cesse.

Il est incontestable que pour sauver notre planète il faut purger notre économie de sa composante financière.

Pour cela, il faut interdire la création monétaire par le crédit, et surtout interdire les intérêts bancaires.

La monnaie ne doit pas être créée par les banques commerciales au moment de l'octroi d'un crédit, mais la monnaie doit être à 100% émise par la banque centrale.

La banque centrale doit relever de l'Etat qui lui impose une création monétaire correspondant à une croissance économique soutenable. 

Dans un monde sans intérêts bancaires, pour éviter la thésaurisation de l'argent qui paralyse l'économie, il faut inciter les possédants à investir. Pour cela, il faut mettre en place des taux négatifs de l'ordre de 2,5%, dont les bénéfices retourneraient aux plus démunis.

Ainsi, dans ce nouveau modèle économique, la monnaie est au service du bien commun. Elle n'est plus considérée comme un privilège qui doit être accumulé par une minorité, mais comme une responsabilité où chacun joue un rôle en fonction de ses capacités.

La transition entre le modèle économique actuel et celui proposé ici est possible techniquement. Il faut pour cela que les individus en soient informés, et une volonté politique ferme, prête au bras de fer avec les forces de l'argent.

 

 

Anice Lajnef, Août 2019.

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