Le peuple, et la classe politique soumise aux pouvoirs de l'argent

L'homme s'est progressivement émancipé des religions, qu'il a remplacées par une autre servitude : la soumission aux crédits bancaires. L'insurrection du peuple contre une classe politique soumise aux pouvoirs de l'argent, ne peut être efficace sans reprendre le pouvoir abandonné aux banques, celui de la création monétaire.

Les inégalités sont aussi vieilles que le monde. Mais il y a deux types de riches. Celui qui est conscient de sa richesse, qui éprouve de l'empathie envers les plus modestes, et qui accepte de partager son surplus de richesse.

Mais il y a surtout le riche qui ne se contente pas de ce qu'il possède, et qui n'accepte aucune limite à l'accumulation des richesses. Le riche vorace qui est prêt à écraser les plus modestes, si cela peut l'aider à devenir encore plus riche.

Historiquement, les religions monothéistes étaient le principal frein pour contrer cette voracité de la nature humaine : il était vigoureusement interdit de faire de l'argent à partir de l'argent. Cela pour éviter que les riches profitent de l'état de faiblesse des plus pauvres.

Mais les religieux, sous l'influence de la bourgeoisie médiévale, vont petit à petit s'émanciper de cet interdit. Au XIIe siècle, des religieux israélites diront qu'il est interdit de pratiquer l'usure entre coreligionnaires, mais que cette pratique est tolérée avec les autres.

Puis, au XVIe siècle, un prêtre, Jean Calvin, dira que l'usure entre riches est permise mais interdite avec le pauvre. Sans le savoir, il venait de créer une des branches du protestantisme, mais surtout il venait d'ouvrir la boîte de pandore qui nous mènera à la toute puissance des banques.

L'homme s'est émancipé des religions pour se libérer de ses contraintes. Mais cette émancipation s'est aussi accompagnée du développement des "intérêts" bancaires qui sont une morsure faite aux pauvres.

Cette émancipation des religions a été suivie d'une autre servitude, celle des pauvres envers les possédants. La banque, quand elle mord sa victime, lâche un venin lent. Les effets sont pervers et plus difficilement décelables qu'une augmentation soudaine des taxes par un Etat complice.

Tant qu'il sera accepté dans nos sociétés le système bancaire qui favorise les riches sur les pauvres, les inégalités s'aggraveront, et les luttes de classes deviendront de plus en plus acharnées.

Notre système bancaire qui s'enrichit de l'endettement des masses, et de la misère des pauvres, est le vrai poison de nos sociétés modernes.

Le pouvoir politique, qui a abandonné le pouvoir de la création monétaire depuis Napoléon, est à la botte des banquiers. D'ailleurs, l'Europe que nos dirigeants mettent en place depuis 70 ans, n'est pas l'Europe des Nations, mais l'Europe des banquiers.

Bien-sûr qu'il faut continuer à mettre la pression sur le Président Macron et le gouvernement pour qu'ils arrêtent de pratiquer une politique antisociale, faite pour rendre les riches encore plus riches.

Mais il faut surtout comprendre que nos dirigeants politiques sont des pantins. Le pouvoir est ailleurs. Le pouvoir est détenu par les forces de l'argent, dont l'épicentre se trouve à Francfort, où siege la Banque Centrale Européenne.

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