Droit de réponse!

"Le Collectif des Citrons pressés agit  en accord avec la protestation générale contre la réforme." A Paris comme en province, depuis des mois des enseignants s'inquiètent et protestent sans être écoutés. Pour toute réponse, une lettre officielle vide de tout engagement ou des propos méprisants aux micros de BFMTV.

Droit de réponse !

Nous tenons à réagir aux propos injustes et mensongers provenant du ministère de l'éducation nationale à notre égard.

  • Il n'est pas vrai que nous "prenons en otage" les élèves : nous demandons un dialogue au ministre de l'éducation nationale depuis plusieurs mois, en utilisant plusieurs moyens : courriers auprès de nos IPR, du recteur, du ministre lui-même, dont la réponse est revenue vide. Ces démarches ont d'ailleurs souvent trouvé le soutien de chefs d'établissements. Nous n'avons été consultés sur cette réforme qu'après la parution de celle-ci !

  • Nous demandons à ce que la réforme soit modifiée sur certains points. Si l'on prend l'exemple de l'enseignement du français : imposer le renouvellement des œuvres au programme par moitié chaque année est un mépris total des personnels, de leur investissement, une méconnaissance de la charge de travail que cela représente. L'épreuve finale de cette discipline, comme beaucoup d'autres est en contradiction totale avec les valeurs éducatives défendues jusqu'alors par notre république, en contradiction totale avec la formation intellectuelle de nos jeunes ; il suffit de se procurer la grille d'évaluation du grand oral pour s'en rendre compte : la forme et la posture de l'élève au détriment du sens.

  • Il n'est pas vrai que cette réforme, telle qu'elle va s'appliquer, apporte plus de liberté de choix à nos élèves : le choix des spécialités implique une mobilité des élèves d'un établissement à un autre puisque les établissements n'ont pas toutes les spécialités. Or, cette mobilité reste impossible à mettre en œuvre en province, y compris dans des villes comme Nantes, par manque de transports, à cause du temps de transport, ou de la complexité de l'organisation des emplois du temps à mettre en œuvre par nos chefs d'établissements ; certains élèves en feront, malheureusement, déjà l'expérience à la rentrée.

  • Il n'est pas vrai que ce soit nous qui "prenons nos élèves en otage" : nous aimons notre métier et nos élèves, ce pourquoi nous nous battons. Nous ne sommes pas bien sûrs que ce soit le cas du ministre qui oublie le sens premier des  mots en galvaudant l’expression rebattue de la "prise d’otage" et se borne à refuser le dialogue au sens fort du mot borner.

    Le Collectif des Citrons Pressés rassemble des professeur.e.s de français de 16 lycées publics et privés de Vendée: Atlantique, Clemenceau, De Lattre de Tassigny, François Rabelais, François Truffaut, Jean XXIII, Jeanne d'Arc, Léonard de Vinci, Notre Dame du Roc, Pierre Mendès-France, Rosa Parks, Saint François d'Assise, Sainte Marie, Sainte Marie du Port, Sainte Ursule, Savary de Mauléon.  En province comme à Paris, depuis des mois des enseignants s'engagent et protestent sans être écoutés. Nous avons évoqué il y a longtemps dans nos réunions la mesure consistant à atteindre le bac comme seul moyen réel de toucher l’opinion et par conséquent le ministère. La preuve en est que seul ce type d’action nous rend audibles - preuve paradoxalement consternante, puisque tout discours censé, intelligent et raisonnable est voué au mépris par ailleurs.

Carte postale L'Ecole brûle © Collectif Bloquons Blanquer Carte postale L'Ecole brûle © Collectif Bloquons Blanquer

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