Comment peut-on être athée ? Je veux dire : comment peut-on croire que nous ne serions rien de plus que l'assemblage de sortes de briques de lego. Nous ne serions que des sortes d'objets, des machines, très complexes certes, mais sans aucune liberté. Quand nous avons le sentiment de prendre une décision, de faire des choix, ce ne serait que pure illusion, juste le résultat automatique et inéluctable, quoique inconscient, des rouages des robots que nous serions.
Car il ne s'agit bien là que d'une croyance, et des plus surprenantes : croire que "ne pas". Car ce genre de croyance est condamnée par le fait même à demeurer éternellement une croyance : on ne peut pas prouver que "ne pas". On ne peut pas prouver qu'il n'existe rien d'autre que ceci ou cela. L'honnêteté ici consisterait à dire seulement qu'on ne sait pas, éventuellement qu'on ne croit pas que..., mais pas qu'on est sûr que "ne pas...".
Ceci dit, les croyances que "ceci ou cela..." ne sont pas forcément beaucoup plus recommandables. Croire au père Noël, aux licornes, ou aux extra-terrestres, ça ne fait pas forcément de mal, mais à part ça ? Croire à un dieu barbu qui punit et récompense, croire aux houris du paradis, croire à la fin des réincarnations par l'extinction bienheureuse dans le nirvana, ce n'est pas vraiment mieux non plus, c'est même souvent pire, parce que ça peut se terminer (ça s'est souvent terminé, ça se termine encore souvent) dans le sang des guerres de religion.
Carl Gustav Jung, psychiatre célèbrissime, interviewé à la fin de sa vie s'il était croyant, répondit que c'était une question sans aucun intérêt, justement parce que ce serait une opinion sans aucun fondement, mais que par contre il pouvait affirmer qu'il savait, parce que lors d'un grave accident cardiaque il avait fait ce qu'on peut appeler une expérience mystique. L'écrivain Éric Emmanuel Schmitt témoigne aussi dans son livre "La nuit de feu" d'une expérience du même ordre. Et d'innombrables autres personnes de tous lieux et de tous temps témoignent aussi d'une telle réalité qui dépasse nos seuls sens, tout en les comblant en même temps. Et de telles expériences ne se cantonnent pas forcément à un épisode ponctuel, mais peuvent être aussi plus discrètes et continues, expériences quotidiennes, d'une vie plus plus...
À défaut d'en bénéficier nous-même déjà, plutôt que de croire à des idées, quelles qu'elles soient, religieuses ou pas, nous pouvons par contre avoir la "foi", c'est-à-dire faire "confiance", confiance en ces témoins, confiance que le monde ne se réduit pas à un meccano géant, confiance qu'il y a un sens à "tout ça" !
"Il s'étonnait de leur manque de foi."
Agrandissement : Illustration 1
Il sort de là.
Il vient dans sa patrie.
Ses disciples le suivent.
Arrive le sabbat :
il commence à enseigner dans la synagogue.
Beaucoup, en l'entendant, sont frappés.
Ils disent :
« D'où ? À lui ! Tout cela !
Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ? À lui !
Et ces fameux miracles
qui arrivent par ses mains !
Celui-là, n'est-ce pas l'artisan, le fils de Marie,
un frère de Jacques, Joset, Juda, Simon ?
Et ses sœurs, n'est-ce pas,
elles sont ici, auprès de nous ? »
Il est pour eux une occasion de chute.
Jésus leur dit :
« Un prophète n'est sans honneur
que dans sa patrie,
parmi ses proches,
et dans sa maison. »
Il ne peut, là, faire aucun miracle.
(Sauf pour peu d'invalides :
il impose les mains et guérit.)
Il s'étonnait de leur manque de foi.
Il parcourait les villages des environs,
en enseignant.
(Marc 6, 1-6)