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Billet de blog 2 mai 2023

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Un pour tous

et tous pour un ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

"nul ne peut ravir de la main du Père" : "entendre" la voix de Jésus, c'est reconnaître dans ce qu'il dit ce que l'on vit soi-même, c'est reconnaître cette présence de la transcendance en soi qu'il appelait le Père, c'est reconnaître cette même proximité qui peut sembler a priori paradoxale et impensable, celle du Tout Autre comme étant en même temps le plus intime que le plus intime de soi-même.

Dans ce sens-là, Jésus peut alors dire que lui et le Père sont un, comme nous pouvons le dire nous aussi. Il faut faire cependant attention à ce que cette phrase ne dit pas. Par exemple Jésus ne dit pas ici : je suis le Père ; il ne s'identifie pas à Dieu. Il ne dit pas non plus : le Père est moi ; il ne prétend pas que Dieu s'identifie à lui. Dans cette affirmation, "moi et le Père sommes un", le verbe est au pluriel, il y a bien deux entités distinctes, deux sujets. Le "un" de cette formule ne signifie pas qu'il y ait confusion entre les deux, mais plutôt qu'ils sont "unis", qu'on ne peut pas les séparer, tout en restant distincts, et c'est bien exactement ce que ressent quiconque est né à cette même présence en soi de celui que Jésus appelle le Père.

Ceci est d'ailleurs très exactement ce qu'affirmera par la suite le dogme chrétien au concile de Chalcédoine : en Jésus il y a deux "natures", l'humaine et la divine, sans séparation ni confusion : unies mais distinctes. Quand on affirme succinctement que "Jésus est Dieu", on est donc dans l'erreur par omission, on devrait dire que "Jésus est et homme et Dieu". Ce que nous sommes tous en tant qu'êtres humains.

Nous le sommes forcément, parce que c'est ce qui nous différencie des animaux. Par contre, ce qui prédomine en nous lorsque nous naissons, c'est plutôt la distinction entre nos deux natures, que leur union...:) à preuve que nous ignorons alors tout de cette nature divine, et que pour beaucoup nous l'ignorerons encore à l'heure de notre mort. C'est là que Jésus peut être un modèle (ainsi, évidemment, que toute autre grande figure d'autres cultures et religions).

Mais une chose est certaine : nul n'a jamais pu ni ne pourra jamais ravir de la main du Père sa présence-même en nous !

Illustration 1

Arrive alors la Dédicace, à Jérusalem.
    C'était l'hiver.
Jésus marchait dans le temple,
    dans le portique de Salomon.

    Les Juifs l'encerclent donc et lui disent :
« Jusqu'à quand tiendras-tu notre âme en suspens ?
Si tu es le messie, dis-le nous en clair ! »

    Jésus leur répond :
« Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas.
Les œuvres que je fais au nom de mon Père,
    elles-mêmes témoignent pour moi.
Mais vous, vous ne croyez pas :
    c'est que vous n'êtes pas de mes brebis.

Mes brebis à moi entendent ma voix,
    et moi je les connais, et elles me suivent.
Et moi, je leur donne une vie éternelle.
Jamais elles ne se perdront, pour l'éternité,
    et nul ne les ravira de ma main.
Mon Père qui me les a données
    est plus grand que tous ;
et nul ne peut ravir de la main du Père.

Moi et le Père sommes un. »

(Jean 10, 22-30)

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