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Billet de blog 4 mars 2023

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Aime, et fais ce que tu veux

Comment pourrions nous avoir le moindre penchant, le moindre plaisir, pour des torts et des souffrances qui nous sont imposés, si nous ne sommes pas masochistes ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Qu'est-ce que "aimer", et est-ce seulement possible ?

Dans notre langue française, le verbe "aimer", le mot "amour", ont des sens malheureusement très divers. Quand on dit par exemple qu'on aime la bouillabaisse et la mousse au chocolat, on veut dire par là qu'on éprouve du plaisir à les manger. Si un enfant dit qu'il aime ses parents, le sens n'en est pas très différent, il veut dire par là qu'il apprécie les attentions qu'ils peuvent avoir pour lui. Et c'est ainsi que nous comprenons en général ce mot : aimer, c'est nous sentir gratifiés par quelque chose qui nous est donné, ressentir une satisfaction personnelle.

Évidemment, "aimer nos ennemis" nous est alors absolument incompréhensible ! C'est un non-sens total. Comment pourrions nous avoir le moindre penchant, le moindre plaisir, pour les torts et des souffrances qui nous sont imposés ? Nous ne sommes pas masochistes, et ce n'est en aucun cas ce qui nous est demandé ici.

La première remarque que nous pouvons cependant nous faire, c'est que, en toute objectivité, ces ressentiments que nous pouvons éprouver contre l'autre, cette haine parfois, jusqu'au désir de meurtre, ne font que nous aveugler, que rajouter de l'agitation en nous à celle dont il est responsable. Dans le fond, nous lui offrons précisément ce qu'il veut...! Nous nous perdons alors nous-même, nous perdons le lien en nous à la Présence qui nous habite, à notre source.

Aimer l'autre, alors, ne peut signifier qu'une chose : vouloir son bien, lequel ne peut certainement pas être de faire du tort aux autres (dont nous-même entre autres, bien sûr). Vouloir son bien, ce qui passe par le fait qu'il découvre ou approfondisse cette Présence qui l'habite lui aussi, ce qui est le seul bien qui puisse, chacun.e, nous combler, et faire ainsi cesser en nous toute jalousie, toute haine, toute volonté d'agression, de domination, de possession, bref, tout ce qui peut nous faire vouloir du tort aux autres.

Aimer l'autre, c'est donc très égoïste aussi ? Ben oui... Mais ça ne veut pas dire que c'est facile ! Quand Jésus lance son cri "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné", n'est-ce pas que lui-même était arrivé au bout de ses possibilités d'amour pour les hommes ?

Illustration 1


Vous avez entendu qu'il a été dit :
“Tu aimeras ton prochain
    et tu haïras ton ennemi.”

Or moi je vous dis :

Aimez vos ennemis,
priez pour vos persécuteurs,
    afin d'être fils de votre père dans les cieux.
Car il fait lever son soleil
    sur mauvais et bons,
pleuvoir
    sur justes et injustes.

Car si vous aimez ceux qui vous aiment,
    quel salaire avez-vous ?
Même les taxateurs n'en font-ils pas autant ?
Si vous saluez vos frères seulement,
    que faites-vous en surplus ?
Même les païens n'en font-ils pas autant ?

Vous, donc, soyez parfaits
    comme votre père du ciel est parfait.

(Matthieu 5, 43-48)

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