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Billet de blog 7 février 2023

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Pharisiens "hypocrites"

Cette séparation, cette schizophrénie, entre deux niveaux d'existence, entre un ici-bas et un au-delà...

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Aujourd'hui est un jour sacré !

En me levant j'ai commencé, comme d'habitude, par remettre en route le fourneau : d'abord quelques feuilles de papier journal, au fond du foyer, puis un peu de cartonnette, et du petit bois ; une allumette, la flamme brille, s'étend ; je coupe le tirage direct, pas la peine de risquer un feu de cheminée. J'aime cette source de chaleur, saine, qui n'est pas uniforme dans la pièce, et c'est tant mieux : si je m'active, je peux m'en tenir plus éloigné, si je passe à une activité plus calme, je me mets dans le fauteuil à côté.

Après le petit-déjeuner, je mets en route la soupe. Je la fais pour une semaine, mise en bocaux fermés à chaud elle se garde sans problème. Je pose le grand faitout, rempli d'un bon tiers d'eau additionnée de deux cuiller à café de gros sel, sur le fourneau. Pendant qu'elle commence de chauffer, je me mets à éplucher les légumes du jardin : pommes de terre, carottes, navets, poireaux, un potiron, quelques feuilles de blettes s'il en reste qui ont résisté au gel. Je les lave au fur et à mesure, les coupe en morceaux et les verse dans le faitout. L'agréable odeur de la soupe va peu à peu se répandre dans la pièce...

Nous lisons dans nos évangiles que Jésus traitait les pharisiens d'hypocrites ; c'est une très mauvaise traduction. Le grec "hupokrités" vient de "hupo" (en-dessous, inférieur) et de "krínō" (juger), et c'est dans ce sens-là, étymologique, qu'il faut le prendre au sujet des pharisiens : ce sont des gens qui sous-évaluent. Et ce qu'ils sous-évaluent, c'est la valeur de la vie en elle-même, de la vie ordinaire, de ce qu'on appelle parfois — justement dans un sens pharisien — la vie "profane" par opposition à une dimension "sacrée" de l'existence qui serait soit-disant au-dessus de ces basses contingences.

Cette séparation, cette schizophrénie, entre deux niveaux d'existence, entre un ici-bas et un au-delà... Lavages, qui n'ont rien à voir avec des précautions hygiéniques, mais qui sont censés purifier de la contamination de la vie en ce bas-monde pour nous permettre de nous approcher de Dieu...

Pharisiens "hypocrites", vous êtes bien malheureux de ne pas pouvoir apprécier toutes ces mille petites choses qui font toute la richesse de la vie !

Illustration 1

Se rassemblent auprès de lui
    les pharisiens et certains des scribes
    venus de Jérusalem.
Ils voient certains de ses disciples,
    avec des mains souillées — c'est : non lavées —
manger les pains.

(Car les pharisiens et tous les juifs ne mangent pas
    sans s'être lavé les mains jusqu'au poignet :
ils tiennent la tradition des anciens.
Et en revenant de la place publique,
    ils ne mangent pas sans avoir aspergé.
Et il y a beaucoup d'autres choses qu'ils ont reçues
    et qu'ils tiennent :
ablutions de coupes, de pots, et de vases en bronze.)

    Les pharisiens et les scribes l'interrogent :
« Pourquoi tes disciples
    ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens,
mais, avec des mains souillées,
    mangent le pain ? »
    
    Il leur dit :
« Isaïe a bel et bien prophétisé sur vous,
    les hypocrites !
Comme il est écrit :
“Ce peuple m'honore des lèvres,
    mais leur cœur s'écarte loin de moi.
Creux est le culte qu'ils me rendent.
Les enseignements qu'ils enseignent
    ne sont que préceptes d'hommes !”
Vous laissez le commandement de Dieu,
    et vous tenez la tradition des hommes ! »

    Et il leur disait :
« Vous repoussez bel et bien le commandement de Dieu
    pour garder votre tradition à vous.
Car Moïse a dit :
    “Honore ton père et ta mère”
et :
    “ Qui maudit père ou mère
    périra de male mort”.
Mais vous, vous dites :
    “ Si un homme dit au père ou à la mère :
Est ‘Qorbân’ (c'est : ‘présent pour Dieu’)
    ce qui, de mon bien, aurait pu t'être utile”,
vous le laissez ne plus rien faire
    pour le père ou la mère.

Vous annulez la parole de Dieu
    par votre tradition à vous, que vous vous transmettez.
Et vous en faites beaucoup de pareilles ! »

(Marc 7, 1-13)

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