Il s'est fait lui-même corps, le Dieu infini et incompréhensible et incréé, par bonté infinie et inimaginable ; pour ainsi dire, il s'est diminué lui-même de sa gloire inaccessible, afin de pouvoir s'unir visiblement à ses créatures — c'est-à-dire aux âmes des saints et des anges — afin qu'elles puissent prendre part à la vie divine.
Le Dieu infini et inimaginable, par sa bonté s'est diminué lui-même, et s'est immergé dans les membres de ce corps, et s'en est revêtu, loin de sa gloire inaccessible ; par bienveillance et amour des hommes, se métamorphosant il se fait lui-même corps ; il se mélange, et il s'attire les âmes élevées et plaisantes et confiantes, et il devient avec elles un dans l'Esprit, selon le dit de Paul ; pour ainsi dire âme de l'âme et substance de la substance, afin que l'âme puisse vivre dans la jeunesse, et goûter la vie immortelle, et naître comme participante de la gloire incorruptible, du moins en fonction de ses (de l'âme) mérites et de son (de Dieu) agrément.
Lui qui est comme il veut et ce qu'il veut, par bonté inexprimable et bienfaisance inimaginable, se transforme et se rapetisse ; et il s'assimile à lui-même, s'étant fait corps, selon leur capacité, les âmes élevées, méritantes et confiantes, afin qu'elles voient elles-mêmes celui qui est invisible, et qu'elles touchent par leur nature subtile d'âme celui qui est intouchable ; et elles goûtent sa douceur, et, de la bienfaisance de la lumière, de sa volupté indicible, elles jouissent par elles-mêmes.
Quand il veut il se fait feu qui purifie l'âme de toute passion inférieure et étrangère, selon qu'il est dit : "Notre Dieu est un feu dévorant".
Quand il veut, (il se fait) repos indicible et inexprimable, afin que l'âme se repose d'un repos divin ; quand il veut, (il se fait) joie et paix, la réconfortant et l'enserrant.
Pseudo-Macaire, Homélies 4, 9.10.11