C'est quoi le problème avec les blasphèmes ?
Franchement, qu'est-ce que vous croyez que ça peut faire à Dieu, ce pur esprit au-delà de toute contingence, ce qu'une de ces misérables rognures d'ongle que nous sommes par rapport à Lui ose penser de Lui ? Qu'est-ce que ça peut changer pour Lui, qui est éternel et éternellement immuablement le même ?
On se demande quelle image se font vraiment de leur Dieu ceux qui prennent la mouche dès qu'un mécréant ose blasphémer ; faut-il que leur foi soit si fragile, se sente fragilisée, quand quelqu'un vient s'en moquer sans complexe ? En-dehors, donc, de cet aspect de la question, en quoi alors pourrait résider le problème si je blasphème ?
Ne serait-ce pas que c'est en premier à moi-même que je fais ainsi du tort ? Mais il faut que j'aille plus loin. Car, après tout, si je blasphème, même si ce n'est qu'intérieurement, c'est parce que, déjà, j'ai un problème en moi, je suis divisé, j'ai une image intérieure de Dieu qui ne me plaît pas, mais pourquoi éprouvé-je le besoin de me braquer contre elle, pourquoi ne puis-je pas simplement la laisser mourir d'elle-même de sa belle mort, puisque je ne crois pas en Lui ?
Maintenant, il est évident que ce que je dis ici de mes démêlés avec Dieu vaut aussi pour tous mes autres démêlés, peut-être plus terre-à-terre : pourquoi suis-je jaloux de ceux qui ont plus de richesses que moi, pourquoi ne suis-je jamais satisfait de mon conjoint et lorgné-je sempiternellement sur celui de mon voisin, etc. Sans même parler de passage à l'acte, d'où viennent d'abord en moi de tels sentiments, et pourquoi n'arrivé-je pas à comprendre qu'en me laissant agir par eux je suis en fait mon propre bourreau ?
Agrandissement : Illustration 1
De nouveau il appelle à lui la foule et leur dit :
« Entendez-moi tous et comprenez !
Il n'est rien hors de l'homme qui pénètre en lui,
qui puisse le souiller.
Mais ce qui sort de l'homme,
c'est ce qui souille l'homme. »
Quand il entre au logis, loin de la foule,
ses disciples l'interrogent sur la parabole.
Il leur dit :
« Ainsi vous êtes, vous aussi, sans discernement !
Ne réalisez-vous pas
que tout ce qui, du dehors, pénètre dans l'homme,
ne peut le souiller,
parce que cela ne pénètre pas dans le cœur,
mais dans le ventre, et s'évacue aux ordures. »
Il faisait purs tous les aliments !
Il dit :
« Ce qui sort de l'homme,
cela souille l'homme.
Car du dedans, du cœur des hommes,
sortent les réflexions méchantes,
prostitutions, vols, meurtres, adultères,
cupidités, mauvaisetés, ruse, débauche,
œil mauvais, blasphème, orgueil, frénésie :
toutes ces choses mauvaises sortent du dedans
et souillent l'homme. »
(Marc 7, 14-23)