Anon (avatar)

Anon

alias Xavier Martin-Prével.

Abonné·e de Mediapart

1432 Billets

0 Édition

Billet de blog 9 novembre 2024

Anon (avatar)

Anon

alias Xavier Martin-Prével.

Abonné·e de Mediapart

Sous-hommes

Pervers narcissiques : ce terme est un peu la tarte à la crème, de nos jours, pour désigner des personnes égocentriques à un niveau pathologique ; mais n'est-ce pas notre société dominée par la scientificité érigée en référence absolue qui est la cause de la multiplication de tels comportements ?

Anon (avatar)

Anon

alias Xavier Martin-Prével.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le vrai bien : je peux avoir des biens à ma disposition, mais ce que j'en fais est important ; notamment si je me comporte comme si j'en étais propriétaire, comme s'ils étaient à moi, alors il ne me sera pas possible de recevoir mon "vrai" bien. Ce n'est pas une question de morale, de récompense, ni même de caprice d'une divinité, c'est juste une impossibilité en soi, parce que précisément ce vrai bien, c'est mon être véritable, mon origine, mon essence, et que je ne suis pas mon propre être véritable, ma propre origine, ma propre essence. Tant que je ne me serai pas dépossédé de moi-même, je ne pourrai pas accéder à cette dimension-là de mon être, parce que justement je ne suis pas cet être-là qui, Lui, par contre, est mon être vrai. Je ne suis pas Lui, mais Lui est moi.

Il y en a qui vivent cela spontanément, pour qui c'est naturel et instinctif, et pour d'autres, dont j'ai longtemps fait partie sans en avoir le moins du monde conscience, cela peut être tout le contraire, et il faut alors passer par comme une destruction de la personnalité, un effondrement de toute notre représentation du monde. Il faut passer d'une approche extérieure des choses — le principe de l'approche scientifique qui consiste à séparer de soi-même ce qu'on étudie —, pour entrer dans une approche intérieure, une compréhension qui nous vient de ce que nous pouvons nous mettre à la place de, entrer en résonance avec, l'autre. Entrer en résonance : on dira par empathie, par sympathie, par le cœur, par les neurones miroir, peu importe comment on veut l'expliquer, le fait est là, auquel on ne réfléchit guère, et pourtant : comment se fait-il que la souffrance des autres puisse nous faire souffrir nous aussi ? ou leur joie nous réjouir nous aussi ?

Pourtant, si nous n'avons pas ou plus cette capacité, à ressentir les sentiments des autres, pouvons-nous encore nous considérer comme des êtres humains (voire même des animaux qui, eux en tout cas, semblent bien en être capables à des degrés divers) ? C'est alors que nous pouvons décréter que certains ne seraient que des sous-hommes — les untermenschen des nazis, et d'autres fascismes, hélas, tout au long de l'histoire humaine —, alors que c'est précisément le contraire, c'est d'être capable d'une telle abomination qui indique qu'on n'est pas ou plus humain, voire même pas ou plus un être vivant ; on peut être intelligent, très intelligent, mais on l'est alors à la manière d'une machine, d'un ordinateur, possiblement ultrapuissant, mais sans âme.

Illustration 1

    « et moi je vous dis
faites-vous des amis par le mamon d'escroquerie
    afin que quand il disparaîtra
on vous accueille dans les tentes éternelles

le fiable pour très peu
    est fiable aussi pour beaucoup
et l'escroc pour très peu
    est escroc aussi pour beaucoup 
si donc pour le mamon escroc
    vous n'avez pas été fiables
le vrai bien
    qui vous le confiera ?
et si pour ce qui est à un autre
    vous n'avez pas été fiables
ce qui est vôtre
    qui vous le donnera ?

    aucun domestique ne peut servir deux seigneurs
car soit il haïra l'un
    et aimera l'autre
soit il sera dévoué à l'un
    et méprisera l'autre
vous ne pouvez servir Dieu et mamon »
    
et ils entendaient tout cela les pharisiens
    eux qui sont amoureux de l'argent
et ils se moquaient de lui
    alors il leur a dit
« vous ! vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes
    à la face des hommes
mais Dieu connaît vos cœurs
    ainsi ce qui fait la fierté des hommes
    est abomination à la face de Dieu »

(Luc 16, 9-15)

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.