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Billet de blog 11 mai 2024

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Tout ça pour ça ?

On entend, en effet, dans les églises, le plus souvent un discours qui affirme qu'il n'existe pas de ligne directe avec Dieu, que personne ne pourrait prétendre à une telle "prérogative"...

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Et voici le sommet, l'aboutissement, l'apothéose, de l'initiation chrétienne selon l'évangile de Jean : le néophyte, l'initié, une fois passée l'épreuve, une fois traversée la seconde naissance, peut s'adresser directement, personnellement, au Père. Il n'est même plus question que Jésus intercède pour lui auprès du Père, Jésus restera pour toujours celui qui l'a initié, c'est grâce à lui, grâce à son exemple, au modèle qu'il a représenté pour lui, que l'initié a pu traverser cette sorte de mort à son ego, qui était indispensable à cette seconde naissance, c'est donc "au nom de Jésus" qu'il s'adresse désormais au Père, mais c'est lui-même qui le fait, personnellement, directement.

Il ne devrait y avoir là rien de surprenant. Dans toutes les traditions initiatiques authentiques c'est ainsi que les choses se passent, le maître n'a pas pour vocation de rester pour toujours comme intermédiaire, autrement c'est qu'on a affaire à une secte. De même que, dans l'éducation, l'éducateur a aussi pour vocation de s'effacer, et même le plus tôt possible. Éduquer, initier, c'est mener l'autre à sa liberté, à son autonomie, c'est mener l'autre à mener sa barque par lui-même.

Je n'oserais pas dire que la désaffection, dans nos pays dits "avancés", pour le christianisme notamment, signifierait que tous ces gens qui l'ont abandonné sont passés par cette seconde naissance, celle qui met chacune et chacun en relation personnelle et directe avec le Père... non ! de toute évidence, non, ce n'est pas cela qui s'est passé, qui se passe. Mais par contre le sentiment obscur que le discours officiel, la perspective proposée, par l'institution, précisément ne mène pas à cet objectif-là qui devrait être le seul visé ? cela, oui, me semble plus vraisemblable.

On entend, en effet, dans les églises, le plus souvent un discours qui affirme qu'il n'existe pas de ligne directe avec Dieu, que personne ne peut prétendre à une telle "prérogative"... ce qui est donc à l'opposé exact, au moins de cette théologie de la communauté johannique, laquelle, jusqu'à présent, n'a pourtant pas été jugée hérétique ! et, d'autre part, qu'on trouve de telles perspectives dans cet évangile-ci, signifie forcément que ceux qui l'ont composé, eux, ont vécu cela dont ils témoignent, que telle a été leur expérience à eux. Toute la question pourrait être alors de savoir pourquoi cette expérience s'est perdue par la suite, ou : comment faire pour la retrouver ?

Sinon, l'autre possibilité, évidemment, est de s'adresser à d'autres traditions spirituelles qui, elles, sont encore vivantes, connaissent encore le seul vrai Dieu...

Illustration 1

et vous aussi
    vous avez en effet maintenant de la tristesse
mais je vous verrai de nouveau
    et votre cœur se réjouira
    et votre joie personne ne vous l'enlèvera
et en ce jour-là vous ne me demanderez plus rien

    amen amen je vous dis
quoi que vous demandiez au Père
    il vous le donnera en mon nom
jusqu'à présent vous n'aviez rien demandé en mon nom
demandez ! et vous recevrez
    si bien que votre joie sera en plénitude
    
je vous ai parlé de ces choses par comparaisons
    il vient le temps
où je ne vous parlerai plus par comparaisons
    mais je vous annoncerai ce qui concerne le Père ouvertement

en ce jour-là vous demanderez en mon nom
et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous
car c'est le Père lui-même qui vous aime
parce que vous m'avez aimé
et que vous avez cru
    que moi je suis issu de Dieu

je suis issu du Père et je suis venu dans le monde
à l'inverse je quitte le monde et je vais au Père

(Jean 16, 22-28)

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