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Billet de blog 11 août 2017

Pourquoi et pour quoi

L'univers et moi : qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous ?

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Si je pense à l'histoire de l'univers, à ce long cheminement pas-à-pas, depuis des ondes particules élémentaires qui s'associent et se combinent en atomes, lesquels à leur tour s'associent et se combinent en molécules, lesquelles à leur tour s'associent et se combinent, par un miracle d'équilibre sans cesse rompu et sans cesse rétabli, en organites vivants, lesquels à leur tour s'associent et se combinent en cellules, lesquelles à leur tour s'associent et se combinent en organismes capables de développer un psychisme, lequel devient de plus en plus complexe jusqu'à produire un être capable de penser à l'histoire de l'univers ; si je pense à cela, je me dis alors qu'il n'y a à peu près que trois attitudes possibles, trois attitudes qui d'ailleurs, au bout du compte, reviennent plus ou moins au même, mais quand même...

La première attitude est de considérer qu'il n'y a là rien à comprendre, que c'est comme ça, que c'est par pur hasard si l'univers a produit un être capable de comprendre que : l'univers a produit un être capable de comprendre que : l'univers a produit un être capable de comprendre que, etc. On pourrait qualifier cette attitude de scientisme pur : je constate qu'il y a un univers, je constate qu'il a produit cet être que je suis, capable de..., je l'accepte et je ne veux rien en conclure de plus. Je peux éprouver de la joie, ou pas, à ce que les choses soient ainsi, cela n'y change rien, sauf pour moi bien sûr. Je peux vouloir œuvrer à ce que j'aie, personnellement, dans ce cadre, autant de joie que possible ; je peux aussi vouloir œuvrer à ce que les autres êtres humains, ceux-là que je suppose raisonnablement être comme moi capables de..., aient eux aussi le plus de joie possible ; je peux encore vouloir œuvrer à ce qu'aux autres êtres animaux, à ceux-là dont le psychisme n'a visiblement pas évolué autant que le mien, soit épargné autant que possible la souffrance ; je peux enfin vouloir œuvrer à ce que les autres êtres vivants, les végétaux, qui n'ont pas de psychisme mais quand même une sensibilité, aient une vie aussi longue, saine et paisible que possible. En tout ceci, je vais marquer cet univers de mon empreinte, je vais y introduire une intentionnalité là où je pense qu'il n'y en avait pas avant moi ; ai-je tort ou raison de le faire, je ne sais, c'est ainsi : cet univers m'a produit capable d'intentions, d'un certaine manière c'est donc lui, à travers moi, qui agit ainsi.

Une deuxième attitude consiste à considérer qu'il y aurait un être extérieur à cet univers, qui en aurait défini les caractéristiques et les règles, qui savait donc pertinemment ce qu'il se produirait, qui avait prévu notre et mon apparitions. Là aussi, c'est à accepter tel quel, comme des faits auxquels on ne peut rien. On peut se poser des questions sur cet être, sur les raisons qui l'ont poussé à agir ainsi, et donc sur ce qu'il attend éventuellement de nous, même s'il nous laisse clairement toute liberté, dans les limites bien sûr de notre nature. On peut donc se demander si c'est par sadisme, ou pour des raisons plus subtiles mais quand même bienveillantes, qu'il nous a donné cette conscience qui fait de nous à peu près ses égaux, d'un côté, et en même temps cette fragilité, cette instabilité, cette précarité, qui ne font de nous que d'infâmes vermisseaux en comparaison de lui. À partir de là, on peut bien sûr imaginer tout et n'importe quoi, rien ne l'interdit ; notamment que, bien que nous ne soyons visiblement qu'une fraction infime de l'univers, il y aurait pourtant en nous quelque chose qui nous viendrait de cet être, comme une parcelle de lui et de son éternité, parcelle qui bien sûr ne pourra que nous survivre. Mieux encore, on peut imaginer que ce n'est pas seulement cette parcelle, cette étincelle divine, qui nous survivra, mais qu'elle communiquera, en quelque sorte, son éternité à une partie de notre personnalité, une partie de notre psychisme, et même pourquoi pas jusqu'à tout ou partie de notre corps physique, et ceci soit dans un avenir éloigné, soit dans quelque chose comme un univers parallèle, à moins que ces deux possibilités n'en soient qu'une seule.

La troisième attitude, différente des deux précédentes quoique pouvant les rejoindre l'une et l'autre par certains côtés, serait de considérer que si le substrat physique de l'univers a pu produire la vie, puis le psychisme, et jusqu'à ma conscience, c'est que ces propriétés étaient déjà contenues, comme en germe, comme un potentiel, dans ce substrat, dans ces ondes particules élémentaires, voire dans ce qui les a engendrées. En "potentiel" signifie qu'il fallait que se déroule toute cette histoire pour qu'il se réalise, pour qu'il s'actualise, pour qu'il se manifeste ; il le fallait, non pas dans le sens que c'était inéluctable, certain, gagné d'avance, mais dans le sens quand même qu'on peut raisonnablement penser que c'est ce vers quoi a tendu, tend, et tendra, l'univers, partout en son sein, qu'il y a donc entre autres de fortes chances qu'en d'autres lieux, sur d'autres planètes, parmi les innombrables systèmes solaires des myriades de galaxies, d'autres formes de vie, douées de psychisme et même de conscience, ont été produites, seront produites. En ce sens, on peut parler d'une certaine forme d'intentionnalité de l'univers ; ce n'est pas tout-à-fait par hasard si nous avons été faits capables de comprendre que l'univers a créé un être capable de... ; ceci cependant, bien que nous disant pourquoi, ne nous dit pas pour autant pour quoi, il en est ainsi : il est possible qu'il y ait encore autre chose, qui aille plus loin que la conscience et l'intentionnalité, quelque chose contenu aussi en germe dès les origines dans le substrat de l'univers ; quelque chose qui cherche à se manifester à travers et au-delà de nous, les êtres humains, quelque chose qui a peut-être déjà commencé à se manifester même si nous ne savons pas le voir, en tout cas quelque chose qui peut donner un sens plus loin que de seulement comprendre que l'univers a créé... ; quelque chose qu'on pourrait éventuellement appeler l'amour ?

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