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Billet de blog 13 septembre 2024

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Sans maître, mais pas sans Dieu

Comment devenir éternel si on ne l'est pas déjà ? L'immortalité, peut-être pourrait-elle s'acquérir sans qu'elle n'ait été donnée initialement, mais l'éternité ?

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Comment comprendre que celui qui se saurait être le Fils unique de Dieu vienne dire à ses disciples que, si actuellement, dans leurs pérégrinations à travers la Galilée et la Judée, ils ne sont pas au-dessus de lui, viendra cependant un jour où ils seront "comme" lui ? Comment pourrait-on concilier cette unicité irrémédiable supposée, d'une part, et cette égalité future affirmée, d'autre part ? Sans aller chercher le passage de l'évangile de Jean (14, 12) où Jésus cette fois va jusqu'à prédire que ses disciples accompliront dans le futur des œuvres plus grandes que les siennes, comment envisager déjà rien que cette égalité, si on veut par ailleurs à tout prix maintenir cette affirmation concernant une nature qui serait absolument propre et unique à Jésus ?

Lui serait donc le seul fils "naturel" de Dieu, tandis que nous ne pourrions tout au plus que devenir les fils "adoptifs" du même Dieu ? mais sérieusement, cela signifierait que la divinité pourrait nous échoir comme un don survenant à un moment de notre parcours, par exemple par ce simple geste de recevoir un peu d'eau et d'huile sur le front ? franchement, est-ce bien crédible ? La divinité comprenant notamment entre autres propriétés le fait d'être éternel, comment cette éternité pourrait-elle avoir un début pour nous, comment pourrait-il se faire que, jusqu'à un certain moment j'avais eu un commencement, une origine, et puis à partir de ce moment-là je n'aurai plus eu de commencement ? Cela n'a aucun sens. L'éternité est soit une propriété qu'on a toujours eue, soit on ne l'a jamais eue, mais on ne peut pas l'acquérir.

Le simple bon sens veut qu'on considère alors que si nous sommes appelés un jour à la divinité, c'est nécessairement que cette propriété est déjà la nôtre, et ce de tout temps. Nous sommes d'ores et déjà, nous avons toujours été, de nature divine, tout autant que Jésus, la question restant cependant de la manifester, de la réaliser, de lui permettre de mûrir, de maturer, au travers et au-delà de notre nature humaine. C'est là-dessus que Jésus nous a précédés, lui, et d'autres aussi, tout du long de l'aventure humaine, dans toute culture et à toutes les époques, et c'est sur ce chemin ainsi mieux recadré qu'il est bon d'entendre ces avertissements : un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle, un disciple ne peut pas prétendre corriger ses condisciples, car son jugement est intrinsèquement faussé.

Mais qui peut alors prétendre être un maître ? selon mon opinion toute personnelle : personne, et j'aurais même tendance à penser que quiconque le ferait établirait par là même qu'il se fourvoie, qu'il ne l'est pas, sinon même qu'il est un faussaire ou un escroc. Gautama, dit le bouddha, se défendait d'être un maître, et je doute que Jésus ait jamais eu une autre ligne de conduite que lui sur ce point-là : ce sont ceux qui se sont définis eux-mêmes comme ses disciples qui se sont attachés à le suivre, et non lui qui le leur a demandé, comme le montre très bien l'évangile de Jean, contrairement aux synoptiques. Et cela continue, dans cette lignée des synoptiques, quand les églises chrétiennes maintiennent à tout prix cette soit-disant singularité absolue de Jésus.

Les hommes préfèrent tellement la dépendance à une autorité de quelque ordre qu'elle soit, plutôt que la liberté des enfants ...de Dieu (ou de l'univers) seul !

Illustration 1

    alors il leur a dit aussi une parabole
« est-ce qu'un aveugle peut guider un aveugle ?
    ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?    

un disciple n'est pas au-dessus du maître
    mais complètement formé
chacun sera comme son maître
    
et que regardes-tu le fétu
    qui est dans l'œil de ton frère
alors que la poutre
    qui est dans ton propre œil
tu ne la remarques pas ?
    comment peux-tu dire à ton frère
"frère ! laisse-moi enlever le fétu
    qui est dans ton œil !"
en ne voyant pas la poutre
    qui est dans ton œil ?
charlot !
    enlève d'abord la poutre de ton œil !
et alors tu discerneras
    le fétu dans l'œil de ton frère
    à enlever »

(Luc 6, 39-42)

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