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Billet de blog 15 mars 2023

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Qu'est-ce qu'ils ont contre les pêcheurs ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Qu'est-ce que des textes sacrés ? En quoi la Torah juive, les Évangiles chrétiens, le Coran musulman, les Védas et Upanishads hindous, le Tipitaka bouddhiste, peuvent-ils être qualifiés de saints ? Pour certains, la raison en est que c'est Dieu lui-même qui les a pensés tels quels et qu'ils ont été écrits sous sa dictée directe. Dans ce cas, il n'est évidemment pas question de toucher à un seul "iota", au moindre accent, au moindre signe de ponctuation. On doit se conformer à tout ce qui est écrit, et à l'inverse s'abstenir d'accomplir quoi que ce soit qui n'est pas écrit.

Raisonner ainsi, c'est quand même réduire le rôle de ceux qui ont mis ces textes par écrit à des machines... On en a le droit, après tout, et la conséquence en est d'ailleurs là, que nous tous aussi aurions vocation à n'être que de telles machines, obéissant aux textes sacrés comme un ordinateur obéit aux programmes qui ont été rédigés pour lui. De ce point de vue, ces croyants-là sont en fait très proches des athées matérialistes, qui se considèrent eux aussi comme n'étant que des machines entièrement déterminées par les programmes qui les composent...:(

Quand il m'arrive d'utiliser un logiciel de "reconnaissance optique des caractères", par exemple pour extraire le texte d'une traduction ancienne des évangiles trouvée sur le site de la BNF, je me retrouve souvent avec des phrases du genre : "les scribes et les pharisiens récriminaient contre Jésus parce qu'il mangeait avec les pêcheurs" ! Et je m'interroge alors : mais qu'est-ce que ces "hypocrites" pouvaient reprocher aux gens qui vivent de la pêche ? Comme quoi, derrière un petit changement d'accent, c'est effectivement tout le sens qui peut changer. Mais on sort alors du littéralisme déshumanisant, pour entrer dans une compréhension, en réalité, beaucoup plus exigeante, comme le décline la suite du texte que nous avons aujourd'hui :

"Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu ne jureras pas", pris littéralement tels quels en restent à des interdictions d'actes extérieurs. C'est déjà beaucoup, mais cela laisse en fait intacte la source d'où ils proviennent : l'intérieur de nous-même. C'est vers cela qu'une lecture qui recherche le sens profond de ces textes nous oriente alors forcément : nous libérer de nos ressentiments contre les autres, de nos désirs de les dominer et de les posséder, et de tout ce qui nous fait être dans la duplicité entre ce qui s'agite en nous et les actes que nous ne réprimons que sous la pression sociale, que parce qu'ils sont "interdits" par la Torah, les Évangiles, le Coran, les Védas, les Upanishads, le Tipitaka, etc.

Illustration 1


« Ne pensez pas que je vienne détruire
    la loi ou les prophètes.
Je ne viens pas détruire,
    mais accomplir.

Car : amen, je vous dis,
tant que ne seront passés
    le ciel et la terre,
un seul i, un seul trait
    de la Loi ne passera,
que tout ne soit arrivé.

Aussi qui enfreindra l'un de ces commandements
    les plus petits,
et enseignera cela aux hommes :
    "Le plus petit"
sera-t-il appelé au royaume des cieux.
Qui fera et enseignera, celui-là :
    "Grand"
sera-t-il appelé au royaume des cieux. »

(Matthieu 5, 17-19)

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