Jésus était-il suicidaire, pour s'être volontairement mis en danger d'être arrêté et mis à mort ? et nous invite-t-il à le suivre dans cette même voie, quand il nous dit qu'il nous faut perdre notre vie si nous voulons la ...sauver ! Pourtant, et dans le même temps, il affirme que certains de ceux qui l'entourent verront le "royaume de Dieu" de leur vivant. Ah ! voilà qui semble bien aller à rebours de siècles et de siècles de morale chrétienne.
N'est-ce pas, que nous devrions supporter sans nous plaindre les conditions de vie sous lesquelles nous font vivre, au choix : les patrons, la finance internationale, nos gouvernements, et autres exploiteurs ? puisque cela nous sera rendu au centuple dans le paradis auquel on ne peut accéder que par la mort. Telle est bien l'image que nous avons de la religion, parce que telle est bien l'image qui en a trop souvent été vendue.
Nous voyons pourtant aujourd'hui un autre discours : "certains de ceux qui se tiennent ici ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le royaume de Dieu venir avec puissance". Chez Luc (17, 21) on lit aussi : "le royaume de Dieu est en vous".
Ah bon ? Dieu est là, présent en chacun de nous ? Alors il n'y a pas à attendre de mourir pour le trouver ? Ben non, bien au contraire, même. Parce que c'est tant que nous avons une existence que nous pouvons essayer d'avoir une expérience de celui qui est l'existence par excellence, la source de toute existence, la source donc de notre propre existence.
Mais pour cela, il s'agit quand même de prendre un minimum de recul sur ce qui constitue les particularités de mon existence à moi. Faire l'expérience en nous de celui (celle) qui est l'être en soi, oblige — n'est-ce pas évident ? — à s'abstraire, au moins dans un premier temps, de ce qui est trop propre à notre être personnel.
Pour certains, cette sorte donc de mort à soi-même peut se faire assez facilement, pour d'autres cela peut les obliger à traverser de grandes souffrances, là-dessus c'est un peu comme pour la naissance physique, nous ne sommes pas égaux. Mais peut-être est-ce aussi, dans les deux cas, lié à la façon dont nous y avons été, ou non, préparés ?
Agrandissement : Illustration 1
Il appelle à lui la foule avec ses disciples.
Il leur dit :
« Si quelqu'un veut venir derrière moi,
qu'il se renie lui-même,
porte sa croix
et me suive !
Eh oui ! Qui voudra sauver sa vie
la perdra !
Mais qui perdra sa vie
à cause de moi et de la bonne nouvelle,
la sauvera !
Eh oui ! En quoi est-ce utile pour un homme
de gagner le monde entier
et de laisser damner sa vie ?
Et que donnera un homme
en échange de sa vie ?
Qui aura eu honte de moi et de mes paroles
en cet âge adultère et pécheur,
le fils de l'homme aussi aura honte de lui
quand il viendra dans la gloire de son père
avec les anges saints. »
Il leur disait :
« Amen, je vous dis :
il est certains de ceux qui se tiennent ici
qui ne goûteront pas la mort
avant d'avoir vu le royaume de Dieu
venir avec puissance. »
(Marc 8, 34-9, 1)