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Billet de blog 17 mars 2023

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Être, simplement être

Pourquoi, et pourquoi, et pourquoi ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il est en chacun de nous une certaine présence qui, si nous la percevons, nous apparaît comme étant la source, l'origine, l'essence, l'être même, de notre être.

Certains pensent que toute l'histoire humaine avant l'avènement de la science matérialiste n'a été qu'obscurantisme, fantasmagories, élucubrations et absurdités ; bref, tous ceux qui nous ont précédés n'étaient que des c... Ceux-là mêmes considèrent que désormais une seule question semble rester non éclaircie : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien, pourquoi l'univers, pourquoi des étoiles et des planètes, pourquoi la vie, pourquoi nous, êtres conscients ? Curieusement, ils en sont au stade de l'enfant de trois ans qui n'arrête pas de demander : "pourquoi ceci..., pourquoi ça..., pourquoi cela...", alors que l'enfant de sept ans saura leur répondre que c'est leur question qui n'a pas de sens !

Pour les autres, pour ceux qui pensent que nos ancêtres n'étaient pas plus idiots que nous, cette présence, qui est en chacun de nous, est celle qui a donné naissance à toutes les religions, à toutes les traditions métaphysiques vivantes. "Qui a donné naissance" ne garantit pas, malheureusement, que ces traditions n'aient pas subi aussi des vicissitudes avec le temps, mais leur origine reste leur origine, et elles en témoignent toujours, même s'il faut parfois savoir élaguer, désobstruer, mettre à jour, cette source.

Moïse, ou qui que ce soit auquel ce nom a été donné, avait certainement l'expérience de cette présence, pour nous en avoir parlé sous le nom de "je suis/j'étais/je serai", nom que la tradition juive a interdit de prononcer, car seule cette présence elle-même peut le faire ; nous, nous ne sommes qu'une des expressions de cette présence : elle, est l'être en soi, et elle est notre être. Elle est nous, nous ne sommes donc pas elle...

Aimer Dieu de tout ce que nous sommes, c'est cela, c'est nous recevoir entièrement, de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force, de cette présence, qui nous comble alors d'une paix comme elle seule peut la donner, de forces qui nous permettent de vaincre tous les obstacles, d'une joie au-delà de toute joie. Et tel est le premier de tous les "commandements", c'est par là, et par là seul, que tout peut commencer pour nous.

Aimer notre prochain est, certes, "semblable" (selon la version de Matthieu 22, 39) à aimer Dieu, mais vient quand même en second. Cette "ressemblance" entre ces deux "commandements" est à rapprocher de notre création "à la ressemblance" de Dieu (Genèse 1, 26). L'amour de notre prochain découle de ce que lui aussi tient son être de l'être même de Dieu, notre amour pour notre prochain s'adresse à cette présence en lui et vise à ce que lui aussi en vive toujours plus profondément, comme nous-même nous y efforçons, jusqu'à ce que, comme le dit le prophète Jérémie (31, 34) :

"Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître YHWH ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands – parole de YHWH."

Illustration 1


L'un des scribes s'approche de lui,
    il l'interroge :
« Quel commandement est le premier de tous ? »

    Jésus répond :
« Le premier est : "Entends, Israël !
Le Seigneur notre Dieu
    est l'unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
    de tout ton cœur,
    de toute ton âme,
    de toute ton intelligence,
    et de toute ta force."
Le deuxième, celui-ci :
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
D'autre commandement plus grand que ceux-ci,
il n'en est point. »

    Le scribe lui dit :
« Bien, Maître ! Tu as dit selon la vérité :
    Unique il est, et il n'est pas d'autre que Lui.
L'aimer
    de tout son cœur,
    de toute sa capacité,
    de toute sa force,
et aimer le prochain comme soi-même,
    c'est bien plus que tous les holocaustes et sacrifices. »

Jésus voit qu'il a répondu avec sens.
    Il lui dit :
« Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. »

Et personne n'osait plus l'interroger.

(Marc 12, 28-34)

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