Tous les scientifiques qui ont besoin de recourir à la méthode de datation par le carbone 14 savent qu'elle n'est pas fiable à 100 %, qu'il arrive régulièrement qu'elle donne des dates parfaitement fantaisistes et impossibles, et qu'il lui est particulièrement délicat d'avoir à traiter des objets comme les tissus, à cause de l'imprégnation d'impuretés de toutes sortes que ces derniers s'incorporent avec une facilité déconcertante.
Concernant cet objet particulier qu'on appelle le linceul de Turin, quels que soient donc les résultats qu'avaient donné un tel essai de datation il y a quelques décades, il n'en reste pas moins que l'image qu'on y voit est inexplicable actuellement par la science. Cette image n'est pas formée de pigments qui seraient venus se déposer sur la toile, mais c'est comme si le corps avait chauffé et fait ainsi roussir le tissu (comme quand on laisse, ou insiste un peu trop avec, le fer à repasser au même emplacement sur un linge). Tous les zététistes qui prétendent fabriquer un linceul de Turin, en deux coups de cuiller à pot ...de peinture, peuvent aller se rhabiller :)
Bon, mais alors il suffirait d'envelopper d'un tissu un corps porté à très haute température, pour obtenir une image comme celle-là ? Eh bien non. Non, parce que dans ce cas le rayonnement calorifique de ce corps serait radial, ce serait un rayonnement partant du corps et rayonnant dans toutes les directions de l'espace autour de lui, comme le font le soleil et toutes les sources de chaleur naturelles. Or, le rayonnement du corps qui a produit l'image du linceul de Turin est un rayonnement unidirectionnel, vertical. Il nous faudrait un corps qui soit devenu une source de rayonnement laser pour obtenir cela...!?
Le linceul de Turin n'est pas un objet de foi selon le christianisme. On n'est pas obligé de croire que ce soit bien celui qui a enveloppé Jésus dans le tombeau, on n'est pas obligé de croire que cette image est celle de son corps, et encore moins que la façon dont elle s'est formée nous donnerait un témoignage de ce qui a bien pu se passer pour que le tombeau soit trouvé vide le dimanche matin. Le christianisme n'oblige à rien concernant le linceul, mais n'interdit pas non plus qu'on s'interroge à son sujet.
Il se trouve que l'évangile de Jean raconte comment lui-même crut enfin en Jésus en voyant ce linge dans le tombeau. Non pas parce qu'il aurait vu l'image ! non, mais parce qu'il a vu que le linge reposait à sa place, comme si le corps avait disparu de l'intérieur, ou s'était évaporé, et le linge était alors simplement retombé. Si quelqu'un était venu reprendre le corps, ou si le corps s'était réanimé tout seul, il n'y aurait eu aucune raison que le linge soit ainsi, bien à plat, à la place qu'il occupait, juste vide... Et c'est ainsi que l'évangéliste le dit : "il voit, et il croit, car il n'avait pas encore cru jusque là."
Il y a ainsi de très nombreux mystères dans le monde. Parfois, comme pour l'évangéliste, c'est juste un petit détail, qu'on peut être le seul à remarquer, et qui nous ouvre des perspectives insoupçonnées. Parfois, comme c'est le cas aujourd'hui pour Pierre, Jacques et Jean (ce n'est pas le même Jean), c'est une expérience hors du commun, une lumière éblouissante, des personnes mortes depuis des siècles dont on perçoit quand même la présence bien réelle, puis tout s'obscurcit et on n'entend plus qu'une voix... et on se retrouve tout seul, mais avec le souvenir tout brûlant dans le cœur pour donner du courage et poursuivre la route.
Agrandissement : Illustration 1
Six jours après,
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean.
Il les fait monter sur une haute montagne,
à part, seuls.
Il est métamorphosé devant eux :
ses vêtements deviennent étincelants,
extrêmement blancs,
tellement que foulon sur la terre ne peut ainsi blanchir.
Leur apparaît Élie, avec Moïse :
ils parlaient avec Jésus.
Pierre intervient et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici.
Faisons donc trois tentes :
pour toi une,
pour Moïse, une,
pour Élie, une. »
Car il ne savait que répondre :
ils étaient saisis de crainte.
Survient une nuée, qui les obombre.
Et survient une voix, de la nuée :
« Celui-ci est mon fils, l'Aimé :
entendez-le. »
Et brusquement ils regardent à la ronde :
ils ne voient plus personne
sauf Jésus, seul avec eux.
Ils descendent de la montagne.
Il leur recommande :
qu'à personne ils ne racontent ce qu'ils ont vu,
sinon quand le fils de l'homme
se lèverait d'entre les morts.
Ils tiennent bien la parole,
mais ils discutent entre eux, qu'est-ce que :
« Se lever d'entre les morts » ?
Ils l'interrogent en disant :
« Pourquoi les scribes disent-ils
qu'Élie doit venir d'abord ? »
Il leur déclare :
« Certes, Élie vient d'abord
et rétablira tout.
Et comment est-il écrit du fils de l'homme
qu'il souffrira beaucoup
et sera tenu pour rien ?
Mais je vous dis :
Élie est bien venu,
et ils lui ont fait comme ils voulaient,
selon qu'il est écrit de lui. »
(Marc 9, 2-13)