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Billet de blog 18 octobre 2024

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Mécréants

Il n'y a rien de caché qui ne sera révélé et rien de secret qui ne sera connu : quoi que vous ayez dit dans l'ombre sera entendu en plein jour, et quoi que vous ayez murmuré sur l'oreiller sera proclamé sur les toits.

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Qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter "dans la géhenne" ? autrement dit, qui a le pouvoir de nous envoyer en enfer ? Sur l'identité de cette personne, les avis divergent en quelque sorte du tout au tout, les uns disant que cette prérogative ne peut appartenir qu'à Dieu, tandis que pour d'autres il n'y a que le diable qui ait un tel pouvoir, et d'autres encore, n'arrivant à adhérer ni à l'une ni à l'autre de ces éventualités, ne se prononcent pas, laissant la question ouverte. Personnellement, je ne peux d'aucune manière envisager qu'il s'agisse de Dieu. Le Dieu qui irait jusqu'à punir les fautes des pères sur leurs fils jusqu'à la troisième et quatrième générations (Exode 20, 5) n'est pas celui en qui je crois, n'est pas le Père de Jésus.

Pour autant, je ne crois pas non plus en l'existence du diable, c'est-à-dire en l'existence d'une personne comme origine et moteur du mal dans le monde. Il y a du mal, déjà rien que dans la nature, et surtout il y a le mal que nous, êtres humains, sommes capables de produire, le mal dont nous sommes l'origine, et c'est de celui-là dont il est question ici. Ce mal vient de nous, même quand nous le faisons naître sans l'avoir consciemment voulu ; soutenir l'existence supposée d'un être extérieur à nous qui en serait la source me semble être essentiellement une échappatoire pour ne pas regarder en face notre responsabilité.

Par contre, je ne crois pas non plus en l'existence de la géhenne, ou enfer, comme lieu où nous pourrions finir notre existence, je ne crois pas que le destin de personne puisse être de rester pour l'éternité dans un lieu de supplice (version hard ?) ni même disparaître totalement à jamais (version soft ?). Je crois que absolument tout le monde a commis un minimum de bien dans sa vie, ne serait-ce que le premier sourire qu'en tant que bébé nous avons pu faire à l'un ou l'autre de nos parents, et ce bien-là est éternel, lui, il est conservé d'une manière ou d'une autre pour l'éternité, et sert à façonner l'avenir de l'univers, tandis que tout le mal dont nous avons été la source, lui, effectivement sera brûlé, disparaîtra, parce que, lui, ne peut pas servir à façonner cet avenir.

En ceci, peut-on alors dire encore qu'il subsisterait quelque chose de l'ordre de notre personne, en tout cela (pour suivre la représentation que se font les monothéismes abrahamiques de cet au-delà) ? si seul le bien que j'ai pu commettre atteint à l'éternité et que tout le mal dont j'ai pu être l'origine, même involontairement, s'anéantit, puis-je encore dire que c'est moi, ma personne, mon être, qui survit ? je ne saurais le dire, et surtout cela m'indiffère royalement. Je ne vois pas pourquoi je devrais attacher de l'importance à ce concept d'individualité, ce moi, qui réclamerait d'avoir le même privilège que Dieu lui-même, et qu'est-ce que cela m'apporterait ? d'avoir mon nom inscrit quelque part sur une sorte de tableau d'honneur des élus, et de préférence dans les premiers rangs ?

Soyons sérieux : nous sommes comme les cellules d'un seul et même corps. Le rôle de ces cellules est de travailler en bonne intelligence avec toutes les autres pour que l'organisme global fonctionne de manière harmonieuse et optimale. Et quand nous sommes arrivées au bout de notre durée de vie individuelle, nous sommes remplacées par une autre cellule qui prend le relais, et toute notre fierté est alors d'avoir rempli le mieux possible notre mission, au service de ce tout qui nous dépasse au-delà de tout ce que nous pouvons en réalité imaginer, et qui, lui, nous gardera une reconnaissance éternelle en son cœur pour le minimum de bien que nous ayons pu faire.

"Quand vous aurez fait tout ce qui vous était prescrit, dites : serviteurs inutiles, voilà ce que nous sommes, ce que nous devions faire nous l'avons fait" (Luc 17, 10)

Illustration 1

en ce temps-là
    les multitudes de la foule s'étant rassemblées
au point qu'on se piétinait les uns les autres
    il commença à dire d'abord à ses disciples

« gardez-vous pour vous-mêmes du levain des pharisiens
    qui est mécréance

il n'y a rien de caché qui ne sera révélé
    et rien de secret qui ne sera connu
au contraire quoi que vous ayez dit dans la ténèbre
    sera entendu dans la lumière
et quoi que vous ayez murmuré à l'oreille dans les chambres à coucher
    sera proclamé sur les terrasses
    
    et je dis à vous mes amis
ne craignez pas
    ceux qui tuent le corps
    et après cela ne peuvent rien faire de plus !
mais je vais vous montrer qui vous devriez craindre
    craignez qui après avoir tué
    a le pouvoir de jeter dans la géhenne !
oui je vous dis
    celui-ci craignez-le !

est-ce que cinq moineaux ne sont pas vendus deux sous ?
    et pas un d'entre eux n'est oublié devant Dieu
mais même les cheveux de votre tête
    ont tous été dénombrés
ne craignez pas !
    vous êtes plus précieux que de nombreux moineaux »

(Luc 12, 1-7)

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