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Billet de blog 19 oct. 2017

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Métaphysique de la physique

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Lorsque nous observons l'univers à partir de notre planète, la Terre, en nous en éloignant de plus en plus nous rencontrons successivement : la Lune, puis éventuellement Vénus et Mercure, puis le Soleil, puis les autres planètes de notre système solaire, puis les premières étoiles les plus proches, jusqu'à l'ensemble de notre galaxie, puis les galaxies les plus proches, jusqu'à l'ensemble de notre amas de galaxies, puis les amas de galaxies les plus proches, etc. Cependant, ces images que nous pouvons percevoir de ces différents corps célestes, ne sont pas des images actuelles de ces corps. En effet, la lumière ayant une vitesse, certes élevée mais quand même pas infinie, l'image que nous avons à tout instant du Soleil, par exemple, est une image qui date de quatre minutes : nous voyons à tout instant le Soleil tel qu'il a été quatre minutes auparavant, et non tel qu'il est au moment où nous le voyons.

Quatre minutes, ce n'est pas grand chose, et on peut supposer raisonnablement que, si nous pouvions voir le Soleil tel qu'il est en temps réel, il ne serait en réalité guère différent de ce que nous en observons avec un si petit décalage dans le temps. Mais lorsque nous observons l'univers de plus en plus loin du point de vue de notre planète, cet effet s'accroît de plus en plus : si nous observons des galaxies situées à plus ou moins dix milliards d'années-lumière — ce que nous savons faire — nous observons en réalité ces galaxies telles qu'elles étaient il y a dix milliard d'années, soit à environ un tiers de l'histoire de l'univers, c'est-à-dire à cinq milliards d'années après le big-bang. Et plus nous arriverons à voir loin, plus nous nous approcherons d'une limite de ce que nous pourrons jamais voir de notre univers : nous ne pourrons jamais savoir ce qu'il y a au-delà d'une sphère de quinze milliards d'années-lumière de rayon, puisque le big-bang date d'environ quinze milliards d'années.

Encore que : en théorie, il nous suffirait d'attendre que s'écoule encore un milliard d'années, et nous devrions alors être en mesure d'observer l'univers dans une sphère de seize milliards d'années-lumière. Sauf que : plus les objets que nous observons dans l'univers sont éloignés de nous, plus vite aussi ils s'éloignent de nous. En sorte que : dans un milliard d'années, ce seront les mêmes objets que nous observerons, qui se trouveront simplement à une distance d'un milliard d'années-lumière de plus. Nous pouvons imaginer que l'univers ne s'arrête pas aux limites accessibles à notre perception, mais nous n'en savons rien, et n'en saurons vraisemblablement jamais rien. Pour nous, tout se passe comme si l'univers était limité à cette sphère, en expansion dans ses dimensions, et dont les objets contenus dans cette sphère peuvent naître, évoluer, puis mourir, mais c'est tout. Cet ensemble est en quelque sorte fini : son extension n'est que le gonflement d'un ballon de baudruche, ou comme un gâteau qui gonfle en cuisant ; l'augmentation de son volume ne signifie pas qu'il contient plus de farine, ni de sucre, ni de rien d'autre...

Mais il faut aussi se demander : qu'est-ce que nous pourrons observer exactement quand nos instruments nous permettront d'atteindre les limites de cette sphère de visibilité, actuellement de quinze milliards d'années-lumière ? La réponse est très simple à formuler, mais plus compliquée à interpréter. Étant donné que ce qui vient d'une distance de quinze milliards d'années-lumière dans l'espace provient de ce fait même de quinze milliards d'années dans le temps, ce que nous pouvons voir partout, dans toutes les directions autour de nous, sur la surface interne d'une sphère de quinze milliards d'années-lumière de rayon, c'est le big-bang ...! Oui, tout se passe comme si cet événement, qui en principe s'est produit en un lieu infiniment petit et unique, nous enserrait aussi de toutes parts, de toutes les directions de l'espace, et quasiment depuis l'infini. De ce point de vue, plutôt qu'à une explosion, le big-bang ressemblerait bien plus à une implosion.

Si nous parcourons en effet maintenant le chemin inverse, si nous revenons des confins de l'univers observable vers notre planète, nous parcourons donc l'histoire de notre univers, depuis l'événement qui l'a lancé dans la manifestation il y a quinze milliards d'années, jusqu'à ce jour, jusqu'à cet instant, sur notre Terre à nous. Bien entendu, d'autres êtres conscients venus à l'existence sur d'autres planètes, dans d'autres systèmes solaires, dans d'autres galaxies, peuvent tous aussi voir les choses de la même façon, mais avec une portion de l'univers qui leur soit accessible qui n'est pas la même que la nôtre. C'est ainsi, nous ne sommes pas le centre de l'univers, mais nous sommes le centre de ce qui nous est accessible de l'univers, et même si nous pouvons imaginer que l'univers ne se limite pas à cette seule portion qui est la nôtre, nous ne pourrons jamais en sortir, nous ne pourrons jamais aller au-delà de ces limites-là.

D'une certaine manière, nous retrouvons en fait ici la même limite dont j'avais déjà parlé dans un billet récent, la limite de ce qui s'est passé réellement dans une toute première infime fraction de seconde de l'univers, alors qu'il n'y avait pas encore ni le temps, ni l'espace, c'est-à-dire la limite d'une certaine singularité dont on ne peut ni dire qu'elle ait une durée, ni une dimension ou localisation. Cette singularité est en réalité hors du temps, on ne peut donc pas vraiment la restreindre à une sorte d'avant l'univers, on est tout autant fondé à la considérer comme une réalité perpétuelle, concomitante à la manifestation de cet univers, qui n'est alors qu'un des aspects de cette réalité qui le dépasse complètement. On ne peut pas non plus restreindre cette singularité en un lieu infiniment petit qui serait comme le centre originel de l'univers : de même que cette réalité est de tout temps, de même est-elle en tout lieu.

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