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Billet de blog 20 février 2023

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Ils sont effrayés

Après l'extase, la lessive... et après la lessive, l'extase ?

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Encore tout auréolé de sa rencontre au sommet avec Dieu, il faut bien que Jésus revienne aux affaires courantes, au train-train quotidien, autrement dit dans son cas aux guérisons de malades en tous genres... Tout auréolé, il l'est bien encore, la lumière dont il a été baigné s'accroche à ses vêtements, et c'est ce qui provoque dans un premier temps la frayeur de la foule qu'il retrouve amassée au pied de la montagne, autour des disciples qu'il avait laissés seuls pendant ce temps-là.

Beaucoup de chrétiens ont tendance à penser la lumière de la transfiguration comme émanant de Jésus lui-même, une sorte d'avant-première, révélant son futur corps de ressuscité. Il ne semble pas que ce soit le cas. Ce récit ressemble trop à celui de la rencontre de Moïse avec Dieu sur l'Horeb, après quoi lui aussi était redescendu, rayonnant d'une lumière insupportable aux yeux des hébreux. La lumière de la transfiguration est celle de la présence de Dieu dans laquelle Jésus a baigné.

Il faut bien comprendre que pour les premiers "chrétiens", il n'était pas question d'identifier Jésus à Dieu. Ils étaient juifs, et pour tout juif, comme d'ailleurs pour tout musulman, Dieu seul est Dieu, aucun être ne peut lui être égal, donc pas plus Jésus que Moïse ou Élie ou... Dans tout le "Nouveau Testament", il n'y a que très peu de passages qui affirment la divinité de Jésus. La plupart du temps, quand il lui est attribué le titre de "Fils de Dieu", cela fait référence seulement au fait qu'il est considéré comme le Messie, c'est-à-dire le Roi, nouveau David, nouveau Moïse aussi, mais c'est d'une filiation adoptive qu'il s'agit : cela signifie seulement que Dieu l'a adopté, comme nous pouvons adopter des enfants qui ne sont pas de notre chair. Cette filiation est du même ordre que celle de tous les rois et de tous les prophètes de toute l'histoire d'Israël. Ce n'est en aucun cas la filiation naturelle, dont il sera question plus tard dans les dogmes de la Trinité et de la double nature divine et humaine de Jésus, dont les toutes premières traces ne remontent pas avant les années 80, soit bien 50 ans après la mort de Jésus... En 50 ans, on a tout le temps de se persuader de beaucoup de choses qui n'ont peut-être plus vraiment de rapport avec la réalité vécue.

Pour les monothéismes, qu'on pourrait qualifier de "durs" ou de "purs" selon les points de vue, il n'est donc pas question de mélange entre Dieu et l'univers qui est sa création : Dieu est transcendant et seulement transcendant, en aucun cas il ne peut être aussi immanent, c'est-à-dire présent dans tout ce qui est. On ne sait pas trop, dans ce cas, comment il se fait que nous ayons entendu parler de Lui...? Si Dieu est au-delà, et seulement pur au-delà, de toute manifestation physique, on comprend alors l'athéisme : un tel Dieu n'a rien à nous dire à nous qui faisons justement partie de cette manifestation, un tel Dieu ne peut être que le fruit d'une imagination sans frein, sans aucun fondement.

Si Dieu, ou toute autre idée ou tout autre mot de cet ordre, peut avoir une quelconque réalité et signification pour nous, il faut donc qu'il soit aussi présent, PAR NATURE, en chacun de nous.

Illustration 1


En venant vers les disciples,
ils voient une foule nombreuse autour d'eux,
    et des scribes qui discutent avec eux.
Aussitôt toute la foule le voit.
    Ils sont effrayés et courent au-devant de lui le saluer.

    Il les interroge :
« De quoi discutez-vous avec eux ? »
    Un de la foule lui répond :
« Maître, je t'ai amené mon fils :
il a un esprit non parlant.
    Et quand il s'empare de lui, il le déchire :
    il bave, crisse des dents et devient sec.
J'ai dit à tes disciples qu'ils le jettent dehors,
    et ils n'ont pas eu la force. »

    Il répond et leur dit :
« O âge sans foi !
    Jusqu'à quand serai-je auprès de vous ?
    Jusqu'à quand vous supporter ?
Amenez-le près de moi. »
Ils le lui amènent.
En le voyant,
    l'esprit aussitôt le secoue de convulsions :
il tombe sur la terre, se roule en bavant.

    Il interroge son père :
« Il y a combien de temps que cela lui arrive ? »
Il dit : « Dès son enfance.
Et souvent même dans le feu il l'a jeté, et dans les eaux
    pour le perdre.
Mais si tu le peux, secours-nous !
Laisse-toi émouvoir pour nous ! »
    Jésus lui dit :
« Ce : “Si tu peux !”...
Tout est possible pour qui croit. »
    Aussitôt le père de l'enfant crie et dit :
« Je crois !
    Secours mon manque de foi. »

Jésus voit accourir une foule.
    Il rabroue l'esprit impur et lui dit :
« Esprit non parlant et sourd !
    Moi je te commande, à toi :
Sors de lui et n'entre plus en lui ! »
Il crie, le convulse beaucoup et sort.
    Et il devient comme mort,
    si bien que beaucoup disent :
« Il a péri ! »
Mais Jésus saisissant sa main le réveille :
    il se lève.

Quand il entre au logis,
    ses disciples, à part, l'interrogent :
    « Alors, nous,
nous n'avons pas pu le jeter dehors ? »
    Il leur dit :
« Cette race-là ne peut sortir par rien
    que par la prière. »

(Marc 9, 14-29)

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