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Billet de blog 21 novembre 2024

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Ça va barder...

Il pleura, sur leur sort, peut-être un peu aussi sur le sien, mais seulement parce que ça voulait dire qu'il avait échoué, qu'il n'avait pas réussi à déjouer ce vieil atavisme des hommes qui se raccrochent à n'importe quelle idole, n'importe quelle idéologie...

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En s'adressant à Jérusalem comme à une personne, c'est évidemment, au-delà de la ville, à tout son peuple, à tous ses coreligionnaires, que Jésus s'adresse. C'est l'heure, c'est le moment, c'est le temps, symboliquement, où il serait encore possible qu'ils ouvrent leurs oreilles et leur cœur à ce dont il s'est efforcé de leur parler, du message qu'il voulait leur transmettre, de la réalité surtout à laquelle il voulait les introduire, et il leur en parle ici avec tous les codes qu'ont déjà utilisés avant lui les prophètes ses prédécesseurs. Ces prédictions sur le sort de la ville et de ses habitants, sur le sort d'Israël donc, ce sont les mêmes qui leur avait déjà été adressées, notamment avant la déportation à Babylone. L'histoire se répète, ou plutôt va bientôt se répéter, et cette fois-ci ce seront les romains qui raseront la ville et commettront ce qui est parfois considéré comme une première shoah.

Ceci ne veut cependant pas nécessairement dire que Jésus avait réellement prévu ce qui se passerait ainsi exactement. C'était une possibilité, sans qu'on puisse définir précisément sa probabilité, et la reprise des antiques avertissements n'avait comme but que d'avertir, d'attirer l'attention, sur la gravité de l'erreur qu'ils commettaient en ne s'ouvrant pas à sa prédication, à son annonce, à son témoignage. Malheureusement, ceci ne signifie pas que ceux qui, par la suite, se sont réclamés de lui, ne soient pas très vite retombés dans les mêmes travers qu'il reprochait à ses frères et sœurs de religion. Ceci ne signifie pas que le christianisme soit détenteur d'une vérité supérieure à celle du judaïsme, non plus que l'islam, non plus qu'aucune religion en fait.

L'erreur de toutes les religions, c'est en effet de s'accrocher à une référence absolue, indépassable, intangible, quelle qu'elle soit : nous, nous avons la Torah, les dix paroles de Dieu ; nous, nous avons le dernier des prophètes, leur sceau ; nous, nous avons le Fils unique de Dieu, qui dit mieux ? et tout ceci n'est qu'enfantillages, pour parler avec bienveillance, mais en fait idolâtrie, pour parler en vérité. Oui, idolâtrie. Car si le mot de Dieu peut avoir un sens, c'est seulement si je peux avoir avec lui au moins une relation comme j'en aurais une avec une personne, un ami, un frère, une sœur. C'est cela qui importe avant toute autre considération, c'est cela qu'Il attend, espère, de nous, comme pourrait le faire une personne crevant de solitude dans le désert des grandes villes. Une relation, une amitié, une histoire, une aventure, à deux. Si je n'entre pas dans une telle relation avec Dieu, il n'est en fait pour moi qu'une idéologie, et on sait qu'il n'y a pas une seule idéologie qui puisse mener autre part qu'à la mort.

En parlant de Dieu comme son Père, c'est ce dont Jésus voulait témoigner. Certainement pas de ce qu'il serait un être unique, lui, Jésus, cet être mi-chair mi-poisson, ce zygote divin ayant eu droit en guise de couveuse à un utérus humain, mais tout simplement de cette vocation qui est la nôtre, commune à tout être humain, d'entrer dans une telle proximité, une telle intimité, avec celui qui est effectivement notre "père", notre source, notre origine, notre essence, notre être-même, à tout être humain (et au-delà à tout ce qui est, mais pour les animaux, végétaux, rochers, eau, air, planètes, étoiles, etc., cela ne leur pose pas les mêmes problèmes qu'à nous...).

Alors ?

Illustration 1

et quand il s'est approché
ayant vu la ville
    il a pleuré sur elle en disant

« Si tu avais connu en ce jour toi aussi
    ce qui concerne la paix...
mais maintenant c'est caché à tes yeux
    car viendront des jours sur toi
et tes ennemis construiront des camps retranchés contre toi
et ils t'encercleront
et ils te presseront de toutes parts.
et ils te raseront jusqu'au sol et tes enfants en toi
et ils ne laisseront pas pierre sur pierre en toi
    parce que tu n'as pas reconnu
    le temps de ta visitation »

(Luc 19, 41-44)

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