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Billet de blog 24 août 2017

Un plus un

Qu'est-ce qui fait qu'une psychothérapie fonctionne, ou pas ?

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Il existe des centaines de méthodes de psychothérapie, toutes ou la plupart peuvent revendiquer d'obtenir des résultats, alors qu'elles font appel à des théories et des techniques extrêmement variées, voire antagonistes parfois. Je ne dis pas que toutes se valent, pour autant, et je ne crois pas qu'aucune atteigne 100% de réussite, mais chacune peut produire des témoignages de clients dont la vie a été transformée, qui ont retrouvé bonheur et joie de vivre, grâce à cette méthode. Que peut-on donc en conclure ? Comment expliquer ce fait ?

On pourrait dire que c'est parce que certaines méthodes correspondent à certains cas, et d'autres à d'autres cas. Ceci est peut-être vrai, mais en partie seulement. Il semble en effet raisonnable de considérer que, à gravités à peu près comparables des symptômes, certaines personnes puissent avoir besoin d'une thérapie relativement longue, jusqu'à plusieurs années, tandis que pour d'autres juste quelques séances pourront suffire, étant entendu que nous ne parlons ici que de cas purement psychiques. Mais en réalité ce n'est pas là, de très loin, le facteur le plus important.

Selon les différentes études qui ont été menées sur ces questions, le premier facteur, le plus important — pour environ 40% —, est la motivation de la personne ; on le sait, si ce n'est pas elle qui est demandeuse, pratiquement rien ne pourra changer. En ajoutant à ce premier facteur celui de la confiance qu'elle accorde à la méthode qu'elle a choisie, on est déjà à peu près à 55% des facteurs qui contribueront à la réussite de la cure. Bien noter que sa confiance en la méthode choisie ne dit rien sur les qualités intrinsèques de ladite méthode : il s'agit ici d'un pur effet placebo, à ajouter donc à la volonté de s'en sortir.

Peut-on alors en conclure que les spécificités de la méthode jouent quand même pour le reste, soit quelques 45% ? absolument pas, ou très indirectement, car ce qui vient ensuite pour la plus grosse part — pour environ 30% — c'est la qualité de la relation établie avec le thérapeute. Ici, la méthode ne peut jouer que dans la mesure où elle s'avèrera plus ou moins un obstacle à ce que s'instaure cette relation, par exemple en encourageant le thérapeute dans une position haute, la position de celui qui sait et domine l'autre du haut de son savoir ; mais si tel n'est pas le cas, alors la qualité de la relation dépend essentiellement des qualités personnelles manifestées par le thérapeute. Je vais y revenir.

Finalement, dans les facteurs de réussite d'une thérapie, seuls 15 petits % reviennent donc aux spécificités de la méthode ! Ainsi s'explique le plus naturellement possible qu'existent ces centaines de techniques, si différentes, et qu'elles puissent toutes revendiquer des efficacités apparemment, et réellement, très proches les unes des autres. Pour la personne qui veut s'engager dans une thérapie, une conclusion s'impose alors : qu'elle choisisse de préférence une méthode qui l'inspire (ce qui jouera pour environ 15% dans la réussite), mais surtout qu'elle choisisse un thérapeute avec lequel elle se sente en confiance, écoutée et respectée, sans aucune commisération, et encore moins méprisée évidemment !

Du point de vue du thérapeute, le défi est assez simple à formuler, mais peut être plus difficile à réaliser : être ouvert ; à la personne qui s'adresse à lui, à qui elle est, avec ses lumières et ses ombres, et toutes les accepter, pour lui permettre de les exprimer, car c'est ce dont elle a besoin, être reconnue et valorisée dans ce qui fait son unicité, dans ce qui fait qu'elle est elle et personne d'autre ; et être ouvert à ce que cette ouverture à l'autre ne manquera pas de lui révéler sur lui-même, dans les similitudes comme les différences : le thérapeute aussi a droit à son unicité, et à s'aimer, autant qu'il aime son client.

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