Dans ce beau cantique mis dans la bouche de Zacharie, je retiendrai que l'objectif de tout ceci (la venue de Jésus, la naissance aussi de Jean) est de nous permettre de, et nous amener à, vivre "en la présence" de Dieu, présence dont la principale caractéristique est "la paix". Une présence de paix, donc, qui va au-delà de toute dualité vie-mort, amis-ennemis, le péché étant le fait de ne pas vivre dans cette présence qui nous procure une paix au-delà de tout ce qu'on peut imaginer, et la sainteté au contraire de l'habiter, tous les jours, toutes les heures, sans cesse et toujours.
S'agit-il, cependant, d'attendre que nous soyons morts pour pouvoir espérer y atteindre ? ce n'est nullement ce qui nous en est dit ici, et cet état, nombreux sont ceux qui témoignent en avoir fait l'expérience tout au long de l'histoire humaine, depuis la nuit des temps. On qualifie souvent ce type d'expérience de l'adjectif "mystique", qui est malheureusement un mot trompeur, parce que de nombreux "mystiques" en ont fait une expérience qu'on pourrait qualifier de polluée par tous leurs a priori théoriques, théologiques, métaphysiques, philosophiques. Par rapport à de telles extravagances, pour ne pas dire délires, on peut comprendre alors que lorsque des athées bénéficient de telles expériences "mystiques", ils refusent de les considérer comme telles, parlant simplement d'états d'esprit sortant de l'ordinaire.
Et ils ont raison, évidemment : s'il nous est possible de vivre, ponctuellement, dans de tels états, c'est que notre corps, dont notre cerveau, peuvent y entrer ; pour cela, nous ne sommes pas momentanément transformés en aliens, notre physiologie reste la même... même s'il faut bien comprendre que de tels états ne concernent pas que notre "tête", il ne s'agit pas d'hallucinations. Il ne s'agit pas non plus de simples vues de l'esprit, ni de savantes et complexes constructions intellectuelles, ni de torrents de bons sentiments de bienveillance universelle ; bien que tout ceci puisse y concourir, l'expérience est plus que cela, en ce qu'elle est de plus sensible, ce sont tous nos sens (parfois certains seulement étant privilégiés : l'ouïe, le toucher, la vue...), toute notre chair donc, qui sont aussi concernés, sans quoi ne pourrait nous venir alors ce sentiment de bien-être profond et général, et de paix sans aucune commune mesure avec nos états "ordinaires".
Voilà donc ce que nous pouvons tous nous souhaiter, à l'occasion de l'anniversaire symbolique de la naissance de cet enfant, Jésus, qui nous est dit ici avoir voulu nous y inviter, parce que c'est certainement ce qu'il vivait lui-même, tous les jours de sa vie ; et sans doute au-delà encore..., mais ceci est une autre question.
Agrandissement : Illustration 1
et Zacharie son père fut rempli d'esprit saint
et prophétisa en disant
« Béni YHWH le Dieu d'Israël !
car il a visité
et fait rachat de son peuple,
et dressé pour nous une corne de salut
dans la maison de David son serviteur
comme il l'avait dit depuis l'éternité
par la bouche des saints ses prophètes
sauvés de nos ennemis
et de la main de tous ceux qui nous haïssent,
pour faire grâce à nos pères
et se souvenir de son alliance sainte
serment qu'il jura à Abraham notre père
de nous donner
sans peur
ayant été libérés de la main des ennemis
de le servir dans la sainteté et la justice,
en sa présence tous les jours de notre vie
et toi enfant !
tu seras appelé prophète du Très-Haut
car tu marcheras devant la face de YHWH
pour préparer ses chemins
donner la connaissance du salut à son peuple
par la rémission de leurs péchés
grâce aux entrailles de miséricorde de notre Dieu
par lesquelles le soleil d'en-haut va nous visiter
pour éclairer ceux qui sont assis
dans la ténèbre et l'ombre de la mort
pour diriger nos pieds
dans le chemin de la paix »
(Luc 1, 67-79)