Qui se trompe le plus : celui qui sait qu'il est dans l'erreur, ou celui qui croit être dans le vrai alors que ce n'est pas le cas ?
Le mot pharisien signifie vraisemblablement "séparé". Certains en concluent que ce serait des juifs qui auraient voulu se séparer des autres juifs, mais il semble plutôt que c'était du monde profane qu'ils voulaient s'éloigner. Les pharisiens s'efforçaient, en effet, de s'astreindre aux règles de pureté qui, normalement, n'étaient prescrites que pour les prêtres, et seulement lorsqu'ils avaient à officier. En somme, et on pourrait considérer cela comme une louable intention, les pharisiens pensaient que c'était tout le peuple juif qui devait devenir un peuple de prêtres, on devait vivre sa vie comme un office divin.
Ceci partait donc peut-être d'une bonne intention, mais qui pouvait se permettre concrètement, matériellement, de se soumettre à toutes ces pratiques ? Car les prêtres, eux, en échange de leurs services, étaient payés par les autres juifs pour l'effectuer. L'idée, sur le principe, pouvait donc séduire les petites gens du peuple, mais dans la pratique ne leur était pas accessible. C'est ce que leur reproche Jésus quand il dit qu'ils accablent les autres de lourdes charges impossibles à porter.
Mais plus fondamentalement, l'erreur des pharisiens était de croire qu'on peut se sanctifier par soi-même, que ce sont nos efforts, nos mérites, qui peuvent attirer l'attention de Dieu sur nous, et par là en être récompensés.
Dieu est en permanence attentif à chacun de nous, Dieu nous inonde en permanence de grâces. Dieu n'est pas un marchand de tapis, Dieu n'est pas comme nous ! Nous n'avons rien à faire pour bénéficier de toutes ses largesses, juste nous laisser faire par Lui qui est notre être véritable.
Là-dessus, considérer Jésus comme le seul être humain qui soit aussi divin par nature, ne peut qu'être une erreur, n'ayant comme effet que d'interposer entre Dieu et chacun de nous un écran, une distance, de plus.
Agrandissement : Illustration 1
Après quoi, il sort
et remarque un taxateur, du nom de Lévi,
assis à la taxation.
Il lui dit : « Suis-moi ! »
Il quitte tout, se lève... Il le suivait !
Lévi fait pour lui un grand festin dans sa maison :
il y avait une foule nombreuse de taxateurs et d'autres,
qui étaient avec eux à s'étendre à table.
Les pharisiens et leurs scribes
murmuraient contre ses disciples en disant :
« C'est avec les taxateurs et pécheurs
que vous mangez et buvez ! Pourquoi ? »
Jésus répond et leur dit :
« N'ont pas besoin de médecin les bien-portants,
mais ceux qui vont mal.
Je ne suis pas venu appeler des justes,
mais des pécheurs,
à la conversion ! »
(Luc 5, 27-32)