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Billet de blog 31 janvier 2025

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Pas si facile ?

Deux paraboles, ici, qui parlent d'un règne ou royaume qui se déploie sans qu'il n'y ait rien à faire, même si notre participation semble requise, ne serait-ce que notre assentiment...

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Le règne, ou royaume, de Dieu, en tout premier c'est quand même ce monde-ci dans lequel nous vivons. Ce monde où nous sont données, c'est "cadeau", deux sortes de croissance : la croissance individuelle, telle celle de cette graine de moutarde qui, à partir de trois fois rien, peut devenir toute une plante avec branches et feuilles, à tel point qu'elle peut servir d'abri pour plus petits qu'elle. Une telle croissance, si elle n'existait pas déjà, si sa possibilité ne nous en était pas donnée, nous serions incapables de l'inventer. Y pensons-nous, parfois ?

Et puis il y a aussi un autre type d'accroissement qui nous est pareillement donné, que nous serions tout autant incapables d'inventer si il n'existait pas déjà, c'est notre reproduction, c'est le fait que nous avons cette capacité de nous "reproduire". Certes il ne s'agit pas de nous "reproduire" à l'identique, ce n'est donc pas le même genre d'accroissement, et heureusement, parce que justement ainsi nous devenons même des créateurs, ou du moins nous y prêtons notre concours. Nos enfants ne sont pas "nos" enfants, nous n'avons pas à nous en sentir propriétaires, mais c'est quand même grâce à nous qu'ils viennent au monde, et cette grâce-là aussi nous est donnée.

De petites choses, donc, au départ : une graine. Mais de cette petite chose que nous sommes peut en résulter d'autrement plus grandes, et cette capacité-même ne vient donc pas de nous. Tout nous a été donné, nous-mêmes comme tout ce que nous pouvons faire ; c'est le monde, ou Dieu, qui est à l'origine de tout cela. On remarque aussi bien évidemment que, pour autant, cela ne se fait pas tout-à-fait sans aucune participation de notre part, et que pour certains cette contribution ne leur pèse cependant pas vraiment (voire pas du tout ?), quand d'autres doivent lutter contre une certaine adversité pour ne pas dire une adversité certaine (voire une impossibilité absolue ?).

Oui, ce monde demande quand même que nous y mettions du nôtre, d'une part, et d'autre part, mais c'est un autre sujet, il n'est pas non plus parfait, il y a des inégalités dans les destins des uns et des autres, des inégalités naturelles (sans même parler de celles qui sont de notre responsabilité collective). Mais il reste toujours la possibilité d'avoir apporté sa contribution, même le plus minimement, à notre propre accroissement ou à celui de notre espèce, car c'est là qu'est notre dignité et notre fierté, cette responsabilité que nous pouvons avoir sur notre propre destinée, et seul compte ce minimal minimum par lequel nous pouvons participer à notre destin, personnel ou collectif.

Oui, c'est cela, cette participation personnelle, cet apport de notre propre fond, qui est "éternisable", qui restera comme un trésor au sein du grand trésor de l'univers, et un trésor fécond pour l'éternité, pourvu seulement que cela vienne bien de nous.

Illustration 1

    et il disait
« ainsi est le règne de Dieu
    comme un homme qui a jeté la semence sur la terre
et il dort et il se réveille
    nuit et jour
et la semence germe et croît
    il ne sait pas comment
d'elle-même la terre porte du fruit
    d'abord herbe puis épi puis plein de grain dans l'épi
et quand le fruit se donne
    aussitôt il envoie la faucille
car elle est arrivée la moisson »
    
    et il disait
« à quoi comparer le règne de Dieu ?
    ou en quelle parabole le poser ?
comme une graine de moutarde
    qui quand elle a été semée sur la terre
est la plus petite de toutes les semences sur la terre
    et quand elle a été semée
elle monte
et elle devient plus grande que toutes les plantes potagères
et elle fait de grandes branches
    si bien que
"les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre" »
    
et par de nombreuses paraboles semblables
il leur parlait la parole
    de la façon dont ils étaient capables de l'entendre
et sans parabole il ne leur parlait pas
    mais à part à ses propres disciples il expliquait tout

(Marc 4, 26-34)

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