Diagnostic sanitaire à la Réunion

Des manquements graves furent constatés en début de pandémie  : stock insuffisant de masques, stock insuffisant de tests et maintenant de vaccins.”Il n'est pas bon avoir un infarctus ou un AVC dans le Sud de l'île, Les parlementaires européens ont eu le droit de consulter ces contrats avec de larges pans du texte biffés...Où est la démocratie ?

Diagnostic sanitaire de la crise du Covis à la Réunion

Du 17 mars 2020, début du premier confinement au 12 avril 2021, 3eme confinement hexagonal et couvre-feu à partir de 18h à La Réunion, quelle analyse portons-nous sur la gestion de la crise sanitaire ?

Des manquements graves constatés, en début d’épidémie, par une impréparation gouvernementale sont connus de tous aujourd’hui : un niveau insuffisant de stock de masques, de tests, et pas de véritable prise en charge des patients,

  • Manque de masques : Où en est la production locale ? Doit-on continuer de dépendre de la Chine ou de l’Inde ? La gestion en flux tendus est dépassée, les gouvernants en ont-ils tiré la leçon ?

  • Tests à la salive : il semblerait qu'un test de ce type “ made in Réunion” existe ; qu'en est-il ?

  • Prise en charge des patients :

L’application Stop Covid a été un échec patent : coût 6,5 millions d’euros.

Délégitimation des médecins généralistes : une interdiction pure et simple pour eux de prescrire de hydroxychloroquine, du jamais vu. Des médecins ont été également convoqués par leur conseil de l’Ordre pour avoir émis des critiques sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Est-ce de l’intimidation ?

  • Vaccinations de masse : on est loin du compte...Le manque de vaccins arrivant à La Réunion est insuffisant (question posée à l'Assemblée la semaine dernière). Alors, on ”raconte” que ce sont les gens qui ne veulent pas se faire vacciner.

  • Faux pour ce qui nous concerne en tant que retraité-e-s. Au 13 avril, 45 770 personnes ont reçu une première injection et 22 857 une seconde. Les autorités sanitaires pensent en vacciner 120 000 soit 20 % de la population d’ici fin mai. Est-ce une prévision réaliste ?

Le Ségur devait, quoiqu’il en coûte, redonner une place primordiale à la santé publique :

  • Nombre de lits en réanimation : le site de la préfecture affiche 122 lits en réanimation, 108 pour les deux sites du CHU, 14 lits au CHOR, 50 lits maximum réservés aux patients de Mayotte, 72 lits pour les patients de la Réunion, qu’ils soient atteints ou non du Covid. Est-ce suffisant pour la zone Océan Indien ?

  • Lits dans les hôpitaux pour les services généraux : le gouvernement a continué de les réduire depuis un an ; crise sanitaire inconnue pour lui ?

  • Il n’est pas bon d’avoir un infarctus dans le Sud de l’île, le service cardiologie a été, en grande partie, transféré au CHU Nord : 1h30 de trajet en ambulance, un temps fatal ? La population vieillissante étant majoritairement dans le Sud, un service de cardiologie autonome au CHU Sud ne nous semble pas un luxe.

  • Le nombre de soignants : insuffisants et mal payés...La semaine dernière, l’équipe de soignants, venus en renfort à la Réunion, est repartie, en contrepartie sont arrivés plus d'une centaine de policiers, CRS and Co. Ces derniers seraient-ils plus efficaces dans la lutte contre le COVID ?

  • Les évacuations sanitaires pour les Mahorais comme pour les Réunionnais : coût d'une telle opération par avion alors que soignants et lits de soin pourraient être mobilisés ici et à Mayotte si on recrutait. Pourquoi ne pas mobiliser en l’équipant l’hôpital flottant du navire militaire le Mistral pour augmenter les lits de réanimation; souvenez- vous, annoncée en grande pompe par E.M l’opération résilience devait par le Mistral soutenir les systèmes de santé outremer. Ce navire a, en réalité, servi de bateau relais entre la Réunion et Mayotte pour l’approvisionnement, son bel hôpital flottant n’a accueilli aucun patient !

  • L'institut pour les soins infirmiers de Saint Pierre sert-il à envoyer des cohortes d’infirmière-e-s ailleurs à défaut d’être recrutés par le CHU ?

Quelle vision avons-nous de l'Europe et de ses prises de position ou actions ?

  • Des contrats pour des vaccins européens ou pas sans aucune transparence. Prix ? Quantité ? Les parlementaires européens ont eu droit à consulter ces contrats, chacun à leur tour pendant 45 minutes, et encore de larges pans du texte étaient biffés ? Où est la démocratie ?

  • Aucune pénalité à l'encontre de ces entreprises pour retard dans les livraisons alors que l’Europe les a financées par les précommandes? Cerise sur le gâteau : Prise en charge financière par les pays et leur gouvernement des effets secondaires des vaccins : du jamais vu !

  • Où sont passés nos entreprises de médicaments européennes et françaises en particulier ? Sanofi vient de licencier plus de 300 chercheurs et ne sera que fabricant de quelques vaccins sous licence étrangère quand cette société a reçu 130 millions d’Euros par an depuis 10 ans au titre de crédit d’impôt recherche, soit 1 milliard 300 millions pour au final supprimer des emplois dans la recherche : «  Çà coûte un pognon de dingue ! »

  • Plan de relance pour l'Europe 750 Milliards : La Cour constitutionnelle de Karlsruhe a demandé l’arrêt de la ratification du plan européen de relance par l’Allemagne, afin de l’examiner. Jugé insuffisant, ce plan attendu par de nombreux États membres, risque d’arriver beaucoup trop tard. Si un seul pays peut bloquer un tel plan, cela montre des failles importantes des institutions européennes !

  • Impôts sur les grandes sociétés, les GAFAM et consorts : Au sein de l’Europe, l’Irlande les accueille à bras ouvert avec un taux d’imposition de 12%, véritable dumping fiscal. Le duché du Luxembourg en plus “blanchit le fric”, véritable paradis fiscal. La fraude fiscale prive les citoyens français de quelques 80 milliards d’euros chaque année. De surcroît, ces opérations se font en toute impunité à quelques kilomètres de la commission européenne qui siège à Bruxelles. On se fiche de nous !

Bilan global désastreux

Plus de 100,000 morts, une activité économique en berne avec son contingent de faillites d’entreprises, PIB - 8 % en 2020 malgré des mesures d’accompagnement, une augmentation du chômage de masse. Un million supplémentaire de gens ont basculé dans la grande pauvreté, des étudiants en grande difficulté font la queue pour avoir un panier alimentaire, un endettement massif des institutions publiques. Et nos gouvernants parlent de rembourser la dette Covid en diminuant les dépenses publiques ? C’est à rien y comprendre.

Dernier fait : l'institut de recherche Lowy à Sydney a évalué la lutte contre la crise COVID, pour une centaine de pays sur la base de six critères : la France est 73ème sur 98 !

Alors les rodomontades du Chef de l'État comme de ses sbires gouvernementaux ou de ses relais locaux n'ont aucun écho pour nous, militants de la défense des travailleurs actifs ou retraités.

En détruisant l’écosystéme par une déforestation continue, nous risquons de connaître d’autres épidémies appelées zoonoses, des virus jusque là contenus dans le règne animal transmissibles à l’humain.

Seul élément établi : les “ gramounes” les vieux,  sont la part de la population qui vote le plus aux différentes élections...

Militants retraités 

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