L'arme constitutionnelle contre le monde du travail

Le gouvernement, à l'encontre de 70% des français opposés à la loi Travail, a utilisé l'arme constitutionnelle pour opérer un dépeçage en régle du code du travail de 100 ans d'âge. Sans doute, pense-t-il avoir gagné la partie en actionnant le 49-3, mais pour combien de temps et à quel prix ?

 

Le gouvernement, à l'encontre de 70% des français opposés à la loi Travail, a utilisé l'arme constitutionnelle pour opérer un dépeçage en régle du code du travail de 100 ans d'âge.

 

Sans doute, pense-t-il avoir gagné la partie en actionnant le 49-3, mais pour combien de temps et à quel prix ?

 

Comment s'offusquer des tentations populistes quand le gouvernement discrédite les représentants du peuple en leur interdisant tout débat. Cette pratique antidémocratique pousse la population à se détourner des urnes ou à exprimer leur colére dans des votes d'etrême droite.

 

 

Une loi, encore une, en faveur du patronat qui va fragiliser dans leur parcours professionnel des milliers de travailleurs ? Toujours plus de moins disant social pour qui pourquoi ?

 

Pour le Medef qui non seulement a bénéficié de transferts massifs d'argent public, veut encore renforcer ses marges sur le dos des salariés ? L'objectif premier de cette loi d'inspiration libérale est avant tout de diminuer le coût du travail, pour y réussir, affaiblir durablement les syndicats de salariés et donner la primauté aux accords d'entreprises.Faut-il rappeler que certains syndicats patronaux étaient opposés à la loi craignant un dumping social imposé par les donneurs d'ordres.

 

 

La vulgate libérale, compétitivité et coût du travail, jamais démontrée, est relayée par des organismes internationaux parmi lesquels la banque mondiale qui depuis 2005, élabore des tableaux comparatifs des marchés du travail afin de les uniformiser en renforçant la diminution du côut du travail, comme objectif à atteindre. L'U.E en est également convaincue : Que penser des propos de M.Juncker qui s'est permis de déclarer que la loi El Khomri était le minimum en matiére de réformes du marché du travail ?

 

 

Pourtant, le prix social de cette loi va être très élevé : Pour les salariés, moins de protection sociale, plus de vulnérabilité dans un contexte de chomâge de masse, avec des heures supplémentaires au rabais, une médecine du travail démantelée, des vies privées dégradées.

 

 

Cette loi, sur le plan législatif, est à la marge de la légalité puisque l'assemblée nationale n'a pas pu débattre de maniére démocratique.

 

Cette loi, sur le plan politique, est encore moins légitime puisque la majorité des Français sont contre, et que l'intérêt général n'est pas pris en compte : 23 millions d'actifs moins protégés, des syndicats affaiblis pour mieux répondre aux besoins de grands groupes, cela s'appelle une appropriation de l'Etat par le Medef pour servir ses intêrets privés.

 

 

Difficile à admettre d'un gouvernement issu d'un parti « socialiste ». N'est il pas temps de changer de nom pour plus de clarté ? Je pourrais vous proposer, « ni droite, ni gauche », « le progrés libéral »..cela permettrait aux électeurs de ne plus vous traiter d'imposteurs.

 

Plus grave encore, ce changement radical d'orientation politique opéré par le gouvernement, au mépris des engagements pris par le candidat François Hollande rejaillit sur l'ensemble de la Gauche, et c'est inacceptable.

 

Antigone 974

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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