antigone974

Abonné·e de Mediapart

17 Billets

0 Édition

Billet de blog 23 juin 2016

antigone974

Abonné·e de Mediapart

LA LOI EL KHOMRI : Une nieme assistance au patronat ?

L'actualité sociale illustre la nécessité de rassembler les forces du travail pour organiser la RESISTANCE face au grand patronat. Je prendrai soin de ne pas faire d'amalgame avec les petites entreprises et l'ensemble des artisans qui subissent, eux aussi, la loi des grands groupes, donneurs d'ordre.

antigone974

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La loi El Khomri: Une nouvelle assistance au patronat ?

La loi El Khomri, qui en 52 articles venimeux, taille en pièces la protection sociale des salariés, soit 23 millions d'actifs du secteur privé et public en France, en fragilisant également le statut des autres travailleurs (auto entrepreneurs, indépendants, artisans ). C'est une déclaration de guerre sociale sans précédent du Medef, via le gouvernement, à notre encontre : une loi qui prône le dialogue social, sans concertation sérieuse avec les syndicats des salariés et qui passe aux forceps par le 49.3,un comble!

Pourtant, depuis 20 ans, les aides aux entreprises se sont multipliées, les plus récentes de la loi Fillon en 2003 d'allégement des charges patronales, au CICE en 2013- crédit d'impôt compétitivité emploi- coût 12 milliards en 2014 et 20 milliards en 2015 auquel, s'est ajouté le pacte de responsabilité au 1/01/2014 de 41 milliards sur 5 ans.Ces aides ont toutes pour objectif de favoriser la création d'emploi (exemple, pour le seul CICE : 200.000 emplois) mais sans obligation de résultats pour le patronat...La courbe toujours croissante du chômage marque l'échec d'une telle politique.

Ces transferts massifs d'argent public, en période d'austérité budgétaire, non seulement, n'ont pas généré les emplois escomptés, mais, se sont fait au détriment de nos services publics (sous effectif dans les hôpitaux, dans les services sociaux, carence d'investissements publics ), au détriment des consommateurs en augmentant les taux de TVA (la TVA représente 50% des recettes fiscales ), au détriment des citoyens par l'explosion de la fiscalité territoriale.

A cela s'ajoutent une diminution programmée de l'Impôt sur les Société,une fiscalité avantageuse pour les actionnaires, des mesures toujours en faveur des plus fortunés

Le RSA, lui, coûte 10 milliards par an dont le montant en 2016 s’élève à 524,68€ par personne, et fait vivre 2,5 millions de foyers...

Qui sont les privilégiés ? Qui sont les grands assistés de notre système  ?

Nous pouvons dire au regard des chiffres que le grand patronat siphonne les aides publiques sans avoir à répondre de leurs utilisations.Nous pourrions parler également de la fraude fiscale à la TVA et des paradis fiscaux dont les grands groupes industriels et financiers sont les premiers clients.Notre déficit public est de 77,4 milliards en 2015 quand la fraude fiscale annuelle est estimée entre 60 et 80 milliards.

Malgré, ce coût exorbitant du capital, le Medef, via le gouvernement, cherche à diminuer celui du travail. Cette déclaration de guerre patronale dans un contexte de chômage de masse, 6,4 millions France et Outremer, avec un salaire médian mensuel de 1772€, est une véritable provocation...

Démontrez nous comment mieux licencier pourra créer de l'emploi, oui, licencier un CDI pour recruter 2 CDD avec toute la précarité que cela implique. Déjà, en 1986, la suppression de l'autorisation administrative de licencier devait permettre une flexibilité accrue du marché du travail et faciliter l'embauche...Par cette mesure, une création de 370.000 emplois était envisagée, il y a eu tout au plus un maintien de l'emploi...Pourquoi s'accrocher à ce dogme archaïque et inefficace 30 ans plus tard?

Comment sérieusement penser que des accords d'entreprises peuvent se substituer à des accords de branche sans une dégradation des conditions de travail et de rémunération pour les salariés dont le lien de subordination à l'employeur les rend vulnérables?

M.Valls parle de l’État d'urgence, jusqu'à interdire de manifester ( jamais vu depuis 1962 ) nous, les travailleurs, parlons d'Urgence Sociale, face à l'attitude guerrière du MEDEF qui cherche à réduire la protection sociale acquise par les luttes.Faut-il le rappeler, ce n'est pas la baisse du coût du travail mais le carnet de commandes qui génère la croissance des emplois .

Enfin, la loi El Khomri et son monde, si elle est promulguée ,va avoir un impact sur nos vies familiales, allongement du temps de travail, planning modifié à tout moment, travail le dimanche, bref, nos vies seront liées aux besoins de l'entreprise, et au XXI siècle, ce n'est ni la modernité, ni le progrès social.

Catherine Hélary

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.