Séjour de M. Macron à la Réunion

Avec qui ? 1500 policiers à son service, trois ministres présents, deux avions dont un rempli de journalistes nationaux accrédités par l’Elysée, la police et la gendarmerie de notre ile réquisitionnées.

Macron, 3 petits tours et puis s’en vont…

Qui?  Les 1500 policiers à son service, 3 ministres présents, 2 avions dont un rempli de journalistes nationaux accrédités par l’Elysée, la police et la gendarmerie de notre ile réquisitionnées, l’hébergement,  les frais de bouche, ça coûte un pognon de dingue ! Tout ça pour gazer, dés son arrivée, la centaine de GJ rassemblés sur un rond-point périphérique de Gillot. Les journalistes locaux, dés le 1 jour, sont maltraités, voire humiliés. L’Elysée refuse, le jeudi 24 octobre, qu’ils prennent le bus avec les journalistes nationaux pour se rendre aux camélias ; le JIR est notamment black listé pour avoir osé titrer  « Macron  pour l’instant c’est du vent » suite à l’allocution stratosphérique du chef de l’Etat, sur  la coopération indopacifique, le jour de son arrivée. D’après Pierrot Dupuy sur son blog, «  C’est l’ensemble de la presse locale qui a été méprisée et à travers elle, les Réunionnais. » Des coins de l’île en flammes, le Port, le Chaudron,  sans parler des embouteillages monstres occasionnés par des périmètres de sécurité surdimensionnés.

Conclusion : Macron bloque tout, et provoque frustrations et colère. Il constate la pauvreté sur notre île, 40% de la population concernée, mais ne parle pas d’augmenter les minima sociaux encore moins de renforcer les services publics, se permet de dire aux jeunes des Camélias, je ne suis pas un magicien, c’est à vous de prendre les choses en main, quelle blague, comment? avec quel argent? où sont les emplois?  Il n’a pas osé leur dire il suffit de traverser la rue…Aucun projet d’investissement public capable de dynamiser nos jeunes.

Pourquoi le ferait-t-il ? Depuis son élection, M. Macron et son gouvernement affaiblissent durablement nos services publics en fermant des écoles, des hôpitaux de proximité, des trésoreries, des bureaux de poste, en supprimant des fonctionnaires aussi essentiels que les enseignants, les agents du fisc, les infirmières… Que dire  « des mesures sociales » prises à l’encontre des salariés : les ordonnances sur le droit du travail avec le plafonnement des indemnités aux prudhommes, la réforme inique de l’assurance chômage applicable au 1 novembre 2019, faisant perdre à des milliers de chômeurs des centaines d’euros par mois. Que dire de la réforme à venir des retraites qui, sous couvert d’un régime unique, va appauvrir l’ensemble des retraités ?

Pourquoi toutes ces mesures antisociales  alors que la richesse produite chaque année continue d’augmenter, le PIB en 2017 s’élevait à  2 291 Milliards, en 2018  2 775 Milliards, soit 484 Millions de plus.

L’Etat brade nos entreprises publiques financées par l’argent des contribuables, c'est-à-dire vous et moi (la TVA est payée par tous y compris les plus modestes) en les  vendant à des prix discutables à des grands groupes dont le seul objectif est de faire du profit, l’intérêt général est loin de leur préoccupation !  Pourquoi nous priver de ces recettes fiscales ? Les Aéroports de Paris, à eux seuls, nous rapportent, en moyenne chaque année 200 millions de dividendes, donc 200 millions de recettes fiscales, ADP  serait la plus grosse privatisation française de l’histoire - la troisième au monde, et aucune privatisation d’aéroport au monde n’a jamais inclus tant de milliers d’hectares constructibles n’ayant rien à voir avec l’activité d’un aéroport. Un énorme cadeau pour les groupes privés, une très mauvaise affaire pour nous ! Pourquoi ?  L’intérêt général est bafoué aux seuls profits privés, qui peut permettre cette prédation ?  

Cerise sur le gâteau : l’Etat vient de rompre le 23 octobre 2019 lors de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) un équilibre essentiel pour garantir le fonctionnement de la Sécurité sociale, l’Etat n’assumera plus ses choix politiques, quand il décidera d’exonérer les cotisations patronales pour favoriser les emplois, promesse jamais tenue par le MEDEF, il ne reversera plus au budget social l’équivalent des cotisations non perçues. C'est le moyen de tuer à petit feu la Sécurité Sociale, de la mettre en déficit systématique et de lui faire supporter les dettes de l'Etat. C'est à terme la fin de l'autonomie de la Sécurité sociale, la fin de la maîtrise par les salariés de leurs cotisations, c'est à dire de leurs salaires. Qui sont les casseurs et les pilleurs M.Macron ?

Catherine Hélary, citoyenne en colère.

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