Primaire socialiste: Benoît Hamon domine l’arène numérique

Benoît Hamon est le candidat de la primaire socialiste dont le site et la communication sur les réseaux sociaux suscitent le plus d’intérêt parmi les internautes. Alors qu’il occupe depuis plusieurs semaines la tête du classement pour les visites de son site, il domine également la primaire par le nombre des interactions suscitées par sa communication numérique sur Facebook, Twitter et YouTube.

À moins de deux semaines du premier tour de la primaire socialiste, le 22 janvier 2017, Benoît Hamon est le candidat de la primaire socialiste dont le site et la communication sur Facebook et Twitter suscitent le plus d’intérêt parmi les internautes. Alors qu’il occupe depuis plusieurs semaines la tête du classement pour les visites de son site, il domine également la primaire depuis le 6 janvier par le nombre des interactions suscitées par son activité sur Facebook, Twitter et YouTube. Il est encore trop tôt pour prédire le succès de Benoît Hamon lors de la primaire, mais la possibilité d’une nouvelle surprise prend de jour en jour plus forme.

Audience des sites des candidats

Concernant les sites des candidats tout d’abord, le relatif bon rang du site de Benoît Hamon s’affirme jour après jour. Le classement du site benoithamon2017.fr le place parmi les sites politiques les plus visités en France. Arnaud Montebourg n’arrive pas à combler l’écart, et la remontée amorcée par Vincent Peillon et Manuel Valls qui n’ont créé ou activé leur site qu’au mois de décembre faiblit. Les sites de JL Benhamias et de F. de Rugy ont une audience trop faible pour apparaître dans le classement Alexa des sites en France (voir à ce ici). Sylvia Pinel n’a pour le moment, sauf erreur, pas de site internet.

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On remarque également que le site de la primaire socialiste. (lesprimairescitoyennes.fr) améliore lentement son audience, mais son classement (13  480è le 8 janvier) demeure encore modeste comparé à celui du site de la primaire de la droite qui plusieurs semaines avant le scrutin avoisinait le 3000è rang des sites en France. Cela annonce une participation qui risque d’être en deça des 2 millions des participants espérés par le parti socialiste.

À titre de comparaison, le site de Jean-Luc Mélenchon se situe aux alentours du 1900è rang en tête des sites des candidats à la présidentielle et celui d’En marche/Emmanuel Macron occupe le 3645è rang.

Présence sur les réseaux sociaux

La communication sur les « social media » se mesure de trois façons : l’audience, l’activité et l’engagement. L’audience mesure le nombre total de fans, de followers, d’abonnés acquis ici au 8 janvier. Elle dépend surtout de l’activité passée. Le poste de premier ministre a ainsi procuré beaucoup d’« amis » à Manuel Valls. L’activité rend compte du nombre de posts, tweets et vidéos au cours des 7 jours écoulés glissants (ici du 3 au 9 janvier). L’engagement enfin, évalue le nombre de « j’aime » de « partage » ou « retweets » et de commentaires constaté également au cours des 7 derniers jours. L’engagement, parce qu’il mesure l’impact d’une communication politique, est l’indicateur politique le plus pertinent.

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Pour l’audience Manuel Valls devance assez nettement les autres candidats, mais l’exercice du pouvoir lui a assuré beaucoup d’amis et de followers. Arnaud Montebourg dispose également d’un capital de sympathisants assez conséquent un peu supérieur à celui de Benoit Hamon.

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Parmi les quatre principaux candidats auxquels nous nous limitons ici, Vincent Peillon a déployé l’activité la plus intense au cours des sept jours écoulés. La discrétion relative de Montebourg et de Valls sur les réseaux sociaux étonne. Benoît Hamon maintient un niveau d’activité assez élevé.

Les données de l’engagement (ou le nombre d’interactions provoquées par l’activité des candidats) sont assez inégales.  L’activisme de Vincent Peillon qui essaie de remonter son départ tardif en campagne ne produit qu’un succès mitigé. Benoît Hamon mène la campagne qui suscite le plus d’échos. Ses données d’engagement dépassent désormais de plus en plus nettement celles de Manuel Valls alors que la communication d'Arnaud Montebourg a un impact assez faible pour celui qu’un sondage a présenté comme un possible vainqueur de la primaire.

Cependant, les interactions suscitées par la communication politique numérique des candidats à la primaire socialiste restent à des niveaux assez modérés si l’on compare ces données à celles des quatre principaux candidats hors primaire de la gauche (voir tableau ci-dessous).

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Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, font nettement mieux que les candidats à la primaire socialiste. François Fillon et Emmanuel Macron apparaissent en net retrait par rapport à leurs niveaux d’engagement avant la trêve de la fin d’année 2016. Les observateurs sont fascinés par la percée d’Emmanuel Macron, mais sous-estiment peut-être celle de Benoît Hamon dont les interactions sur les réseaux sociaux sont au cours des sept jours écoulés supérieures à celles d’Emmanuel Macron.

Benoît Hamon est en train de susciter un courant d’intérêt significatif et pourrait constituer la surprise de la primaire socialiste. Il développe par ailleurs des propositions originales comme le « 49.3 citoyen », il met en garde contre dangers de l’euroscepticisme qui pourrait faire le jeu du Front National, s’est doté d’une chaîne YouTube. Autant d’éléments qui font souffler un vent frais sur une base socialiste désorientée qu’il pourrait — qui sait ? — remobiliser. Certains acteurs et observateurs estiment qu’une victoire de Benoît Hamon conduirait ensuite à un faible score à l’élection présidentielle. Et si au contraire, Benoît Hamon était le candidat capable de sortir de l’ornière dans laquelle 5 ans d’errances gouvernementales et présidentielles ont mis la gauche socialiste ?

Les données ici rassemblées indiquent en tout cas un phénomène politique que les sondages ont du mal à saisir mais qui pourrait se manifester dans les urnes le 22 janvier

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